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STAFF DE OUYAHIA Absence de cohésion

Publié par Mohamed Kebci
le 19.09.2018 , 11h00
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Photo : Samir Sid.

Rétropédalages, recadrages, rappels à l’ordre et sorties maladroites rythment presque régulièrement l’action de membres du gouvernement dont le long silence que s’impose le coordinateur ajoute une couche de plus à ces cafouillages qui ne font que semer de la confusion au sein d’une opinion publique qui a du mal à faire face à un quotidien de plus en plus laborieux.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - C’est à croire que le gouvernement manque cruellement de coordination entre ses membres au moment où le Premier ministre, censé assurer cette mission, s’impose à chaque fois un silence qui rajoute de l’eau au moulin de ses détracteurs et autres pourfendeurs, se recrutant non pas que parmi l’opposition.
Dernier exemple en date de ce qui semble être la «marque déposée» d’un exécutif en mal de cohésion, la toute dernière sortie bizarre du ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale.
Mourad Zemali a, en effet, assujetti l’accès aux soins dans les établissements publics de santé à la possession de la carte Chifa, suscitant, aussitôt, un tollé parmi les citoyens qui y voient une préparation de l’opinion publique à la remise en cause de la gratuité des soins garantie pourtant par la première loi du pays, la constitution.
Ce qui a obligé son collègue, Mokhtar Hasbellaoui, de «rectifier» le tir en rappelant, dans un communiqué de son département ministériel, que le principe de la gratuité des soins est un «acquis irréversible» pour le système national de santé. Ce que la loi 18-11 relative à la santé dispose dans ses articles 13 et 21 qui stipulent que l'«Etat assure la gratuité des soins» et en garantit l'accès à tous les citoyens sur l'ensemble du territoire national. Et d’ajouter qu’«aucun motif», de quelque nature que ce soit ne peut faire obstacle à l'accès du citoyen aux soins dans les structures et établissements de santé». Un « recadrage» que Mourad Zemali a vite saisi, contraint à se dédire, non sans accuser les médias d’avoir «mal rapporté» sa déclaration au sujet de l’obligation d’une carte Chifa pour pouvoir se soigner dans les hôpitaux.
Pour Zemali, l’évocation par ses soins de la carte Chifa pour les soins dans les hôpitaux participait d’une démarche de «recensement» des citoyens ne détenant pas encore cette fameuse carte, non sans tenir à préciser que toute action relative à la carte Chifa sera réalisée en étroite collaboration avec le ministère de la santé.
Il faut préciser que le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale s’est, auparavant, «distingué» par ses «accusations» d’usage abusif de bandelettes de mesure de glycémie à l’endroit des diabétiques. Ceci sans oublier sa «guéguerre» avec les syndicats autonomes qu’il a soumis au fameux test de représentativité.
Et presque au même moment que son collègue de travail, le ministre de l’habitat, de l’Urbanisme et de la Ville a été obligé à «accoucher» d’un «rectificatif» sur l’ordre chronologique d’inscription au programme AADL « toujours respecté en application de l’arrêté du 22 juillet 2013 modifiant et complétant l’arrêté du 23 juillet 2001 fixant les conditions et modalités de traitement des demandes d’acquisition de logement dans le cadre de la location-vente».
Une «précision» rendue impérative après la déclaration du premier responsable du secteur au sujet du nouveau critère de classement, à savoir la situation sociale du souscripteur comme la distance entre le lieu de résidence et le site d’affectation qu’il dira «limité à certaines wilayas seulement» Et les bourdes de certains de nos ministres ne se comptent pas. Celles de Hasbellaoui quand il accusait les citoyens du sud du pays de manque de vigilance à l’égard de piqûres mortelles de scorpions. Ou encore celles plus récentes du même ministre de la santé à propos de l’épidémie du choléra et qui ont fait des vagues au sein de l’opinion publique.
Celui en charge du département de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ne s’est-il pas, lui aussi, «illustré» par sa déclaration saugrenue sur l’inutilité du prix Nobel pour nos universités avant que Tahar Hadjar ne soit contraint à des «précisions» ; montrant du doigt, lui aussi, les médias d’avoir «déformé» ses propos.
Un peu plus loin, c’était la fameuse polémique autour du tant sensible dossier des subventions. Un sujet objet de tergiversations étalées publiquement par le ministre des finances et le premier ministre himself.
L’on se rappelle que Abderrahmane Raouya annonçait à partir de Dubaï, la fin de la subvention de l’essence dès 2019 avant que Ahmed Ouyahia ne le «démente» publiquement allant jusqu’à qualifier cette perspective de «mensonge». Loin de se «décourager», le même ministre des finances remettra ça quelques semaines plus tard, annonçant l’engagement par le gouvernement et dès l’année prochaine, d’une réflexion sur la refonte du système des subventions, non sans préciser que les carburants, l’électricité et l’eau seront les premiers touchés.
Cette fois-ci, Ahmed Ouyahia a préféré réagir par «procuration» en léguant la «réplique» au porte-parole de son parti, le RND. Seddik Chihab avait, en effet, démenti cette échéance, poussant le ministre des finances à ses ultimes retranchements, en s’avouant vaincu anonymement.
Raouya avait, en effet, chargé une source «anonyme» du département qu’il dirige, de «rappeler» que «la révision ne sera pas précipitée et ne sera pas appliquée de manière systématique et indiscriminée».
Ceci dit, ces innombrables «écarts» de membres du gouvernement relèvent-ils d’une mauvaise communication institutionnelle, de manque, voire d’absence de solidarité gouvernementale ou tout simplement, comme il est soupçonné ici et là, de ballons-sondes lâchés dans le but de s’imprégner de la réaction de l’opinion publique ?
M. K.

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