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Il ÉTAIT CANDIDAT POUR EL-MOURADIA Ali Ghediri écroué

Publié par Abla Chérif
le 15.06.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

Il s’était mis en route vers El-Mouradia, visant la construction d’une seconde République, mais le chemin emprunté l’a conduit en prison : Ali Ghediri, candidat à la présidentielle de 2019, a été inculpé pour des charges très lourdes et placé sous mandat de dépôt ce jeudi.
Tout a commencé mercredi soir, fin d’une journée peu ordinaire durant laquelle a été prononcée l’incarcération d’Ahmed Ouyahia très impopulaire Premier ministre accusé de s’être livré des années durant à des passe-droits et d’avoir dilapidé les deniers publics à son avantage et celui des hommes d’affaires qui se sont greffés à la mamelle offerte par le régime mis en place par Bouteflika. Ali Ghediri n’a pas la réputation d’en faire partie, mais son nom circule dans une bande rouge frappée d’un urgent au bas des écrans de télévision et sur les réseaux sociaux. Celui-ci, dit-on, a été arrêté à son domicile par une équipe des services de sécurité et conduit à leurs locaux. L’information est officiellement confirmée à 22h50 sur son compte facebook. Un communiqué précise que l’interpellation a eu lieu aux alentours de 19h et que tous en ignoraient pour le moment les raisons. Quelques heures plus tard, deux autres communiqués suivent, confirmant que l’ancien candidat avait été relâché vers 2 h du matin avant d’être à nouveau convoqué par les services de sécurité qui l’ont écouté avant de le présenter devant le juge d’instruction du tribunal de Dar el-Beïda. Jeudi soir, à 21 h 45, on annonce officiellement sa mise sous mandat de dépôt. Les chefs d’inculpation sont graves. Ali Ghediri est poursuivi pour «participation à un projet visant à porter atteinte au moral de l’armée dans le but d’affaiblir la défense nationale et participation à la fourniture d’informations portant atteinte à l’économie nationale à des agents de pays étrangers». Selon les explications fournies par des avocats, le prévenu encourt de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la peine extrême.
Jusqu’à hier, son arrestation n’avait entraîné aucune réaction. Elle semble plutôt comptabilisée dans le lot des évènements qui s’accélèrent de manière très évidente depuis quelques jours. Les principaux faits sont liés à la lutte anti-corruption qui s’est accélérée et qui a entraîné des arrestations spectaculaires. Une autre grosse affaire, dite de «complot contre l’Etat et atteinte à l’autorité militaire», est en attente au tribunal de Blida qui doit se pencher incessamment sur le dossier de fond des généraux Toufik, Tartag, de Saïd Bouteflika et de Louisa Hanoune, poursuivie pour les mêmes raisons. Les informations disponibles n’inscrivent cependant Ali Ghediri dans aucun de ces deux cas de figure. L’homme s’est taillé la réputation d’opposant farouche au cinquième mandat et au régime en place puisque, affirmait-il, son objectif était de contribuer à la mise en place d’une seconde République et que pour ce, il s’était décidé à s’engager dans la course à la présidentielle. Il faut aussi rappeler que Ghediri s’était attiré une sévère mise en garde du chef d’état-major après la publication d’une lettre parue dans le quotidien El Watan. Dans cette dernière, il demandait notamment à Gaïd Salah «d’assumer ses responsabilités historiques et d’empêcher le cinquième mandat». La réponse était très forte, et Ghediri accusé, sans être nommé, de nourrir des «ambitions démesurées» et ces analyses qualifiées «d’affabulations et d’acharnement contre l’institution qui les a vu grandir». Le chef d’état-major avait également laissé profiler la menace de recourir à la justice sur la base du devoir de réserve qui frappe les anciens officiers de l’ANP. La menace ne s’est jamais concrétisée, mais Ghediri s’est vu quelque temps après carrément interdit de se rendre à l’enterrement de l’ancien général major Guenaïzia où tous les officiels s’étaient rendus. Les policiers qui lui barraient la route lui ont fait savoir qu’il était indésirable au cimetière. Depuis, la pression semblait retombée. Ali Ghediri n’a pas fait marche arrière, il restait en campagne, prêt à s’engager dans une nouvelle course vers la présidence de la République…
A. C.

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