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LA VILLE VIT AU RYTHME DES MANIFESTATIONS Ambiance inhabituelle à Jijel

Publié par Bouhali Mohammed-Cherif
le 21.03.2019 , 11h00
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A l’instar d’autres régions du pays , la wilaya de Jijel vit depuis le 22 février, date de la première marche du mouvement citoyen, une ambiance particulière avec une effervescence politique inhabituelle depuis plusieurs années.
La mobilisation citoyenne et les différents mouvements de protestation des citoyens focalisent la chronique locale dans une société sortie de sa léthargie après tant d’années de plomb suite au verrouillage du champ politique et les restrictions des libertés .
En effet, lors de notre passage dans de nombreux cafés de la ville de Jijel , de plusieurs communes de la wilaya, nous avons constaté que les discussions politiques ont repris leur place du temps de l’ouverture démocratique sous le gouvernement de Mouloud Hamrouche qui garde tout de même une certaine sympathie auprès d’un grand nombre de citoyens. A cet effet , certains cafés sont devenus des forums politiques pour échanger les idées entre citoyens , des lieux de rencontres des acteurs du mouvement citoyen qui a relancé le débat sur un certain nombre de questions ayant trait à cette dynamique citoyenne qui a dépassé les acteurs politiques , l’opposition toutes tendances confondues comprises.
Interrogé par nos soins sur le Hirak, notre confrère Mounir Nouasra affirme qu’il «est temps voire nécessaire de valoriser ce mouvement citoyen qui est à l’origine d’un consensus pour le changement du système mais il est urgent maintenant de le faire sortir du virtuel pour aller vers la réalité du terrain afin de l’encadrer par une élite représentant les différents acteurs de la société qui n’ont pas d’antécédents de corruption » et d’ajouter sinon, il risque d’être saboté par les parties qui veulent maintenir le statu quo actuel où des forces étrangères qui tirent profit du système en place ».
De son côté , Riad Hadji , important acteur du Hirak nous a confié que «c’est un mouvement inespéré mais qu'on sentait venir. Le mouvement qui secoue actuellement l'Algérie nous emmène dans un rêve. On croit rêver après des années de déni, de pressions multiples sur la société et les formations politiques. Le piétinement des lois est devenu une règle comme par exemple les agréments de certains partis ou syndicats. Cette injustice et le sentiment d'humiliation ont forgé ce mouvement citoyen, mené par une jeunesse qui n'a pas la pseudo-retenue ou la peur de ses aînés.
Poursuivant ses idées «maintenant, il faut bien sûr aller vers autre chose. Mais les premières mesures pourraient venir du Président s'il veut éviter un saut dans l'inconnu du pays puisque c'est lui qui a créé cette situation. Le cas échéant, les citoyens auront l’amer sentiment qu'on s'achemine vers une politique qui s'apparente à celle de la terre brûlée. Si le Président s'inquiète réellement de l'avenir du pays, il devrait démissionner avant le 28 avril pour donner la chance au président du Conseil de la Nation d'organiser d'ici 3 mois une élection présidentielle propre et honnête pour avoir un Président légitime qui aura à amorcer les réformes institutionnelles attendues par les citoyens». Notre interlocuteur en activiste plaide pour un Etat de droit et de justice .
Smaïl , cadre dans une administration publique , ancien élu , a attribué le Hirak au cumul de plusieurs facteurs citant entre autres, l’érosion du pouvoir d’achat de larges pans de la société, la hogra, la prolifération de la corruption à grande échelle, le règne de l’incompétence, la logique du plus fort, le verrouillage du champ d’expression politique, soulignant que l’issue de ce mouvement citoyen demeure le retrait de Bouteflika , le respect de la Constitution stipulant la désignation du président du Sénat et la désignation d’un gouvernement national composé des personnalités nationales honnêtes et crédibles chargé d’organiser l’élection présidentielle pour élire un Président légitime.
Pour rappel, les rues de la ville de Jijel et de certaines communes de la wilaya étaient le théâtre de plusieurs mouvements de protestation contre la prolongation du 4e mandat et réclamant le départ de Abdelaziz Bouteflika.
Loin de l’étiquette du FIS dissous, Jijel est fortement impliquée dans le mouvement citoyen dont les acteurs locaux aspirent à un lendemain prometteur.
Bouhali Mohammed Cherif

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