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ALI BENFLIS À PROPOS DE l’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : «Au plus vite, mais pas à n’importe quel prix»

Publié par Mohamed Kebci
le 22.08.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

Ali Benflis se défend d’être le candidat du système pour la prochaine élection présidentielle que le pouvoir veut tenir au plus vite, mais «pas à n’importe quel prix», selon l’ancien chef de gouvernement et candidat aux élections d’avril 2004 et 2014.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Le fait que le coordinateur et nombre de membres de l’instance de médiation et de dialogue se recrutent parmi ses soutiens lors, notamment de l’élection présidentielle d’avril 2004, ce qui fait dire à plus d’un qu’il serait le candidat du système, ne semble pas gêner outre mesure le président du parti des Avant-gardes des libertés. «A ce que je sache, il (allusion à Karim Younès), n’était pas que contre le 4e et le 5e mandat mais il l’était également pour le deuxième et le troisième mandat du Président déchu», affirmait, hier mercredi, Benflis dans un point de presse au sortir d’une entrevue avec une délégation du Panel de médiation et de dialogue conduite par son coordinateur, Karim Younès. Louant son «long parcours militant», il ira jusqu’à qualifier Younès de «résistant contre la corruption et les corrupteurs». Et d’ajouter : «Je ne pense pas que celui qui exige des conditions de transparence et de régularité des élections puisse incarner le candidat du système».
Ceci dit, le président du parti des Avant-gardes des libertés a insisté sur la nécessité de renouer au plus vite avec le processus électoral via une élection présidentielle. Argument avancé encore une fois par Benflis, «combler la vacance au plus haut sommet du pouvoir qui remonte à 2012» et que, selon lui, les élections d’avril 2014 n’ont fait que «reconduire». Pour lui, cette élection présidentielle est la « voie la plus réaliste, la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politique, sécuritaire, économique et social». Mais «pas à n’importe quel prix», tient-il à préciser puisqu’il avance un certain nombre de conditions politiques, institutionnelles et légales et un environnement favorable, pour la tenue d’un scrutin qui permettra, pour la première fois, au peuple algérien, d’exercer librement le choix de son président de la République sans que sa volonté soit dévoyée».
Des conditions dont notamment le «départ» du gouvernement hérité de l’ère du président de la République déchu qui, selon l’ancien chef de gouvernement, est devenu un «facteur important dans l’impasse actuelle, voire un obstacle au déroulement confiant et serin du dialogue national et une entrave sérieuse à la bonne gestion des affaires publiques». A sa place, le président du parti des Avant-gardes des libertés propose un gouvernement de «compétences nationales pour gérer les affaires courantes».
Benflis avance également l’impérative mise en place d’une « autorité électorale indépendante ad hoc investie de l’intégralité des prérogatives afférentes à la préparation, à l’organisation et au contrôle du processus électoral présidentiel qui prenne en charge l’ensemble du processus électoral depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats». Mais pas que cela puisqu’il réclame également la révision de la législation électorale actuelle pour, expliquera-t-il, «supprimer les niches de la fraude, combler les lacunes, revoir l’architecture de l’encadrement du processus électoral, lever les entraves, permettre un libre choix de l’électeur et garantir un scrutin impartial, régulier et transparent».
Autant de conditions qui, selon Benflis, permettront, à coup sûr, au «peuple souverain d’exercer les prérogatives que lui confère la Constitution dans ses articles 7e et 8».
Plaidant résolument pour une élection présidentielle dans les meilleurs délais et aux conditions déjà citées, le président du parti des Avant-gardes des libertés se dit réservé à l’élection d’une Assemblée constituante. Pour lui, cette option prônée par nombre d’acteurs politiques, ceux de la société civile et des personnalités nationales, porte les risques de «multiplier les impasses, de prolonger indument la durée de la crise et aboutir à son extension et à son exacerbation». Pour lui, le changement du régime politique réclamé par le peuple, qui passerait par une transition démocratique et une nouvelle Constitution, pourrait être pris en charge dans un mandat de transition que le peuple algérien confiera au prochain Président, qu’il aura choisi librement.
A propos du dialogue, le président du parti des Avant-gardes des libertés refuse l’association des partis ayant soutenu le 5e mandat présidentiel avorté par le mouvement citoyen du 22 février dernier. Benflis dit s’en tenir, à ce propos, à la plateforme adoptée par la conférence du 6 juillet écoulé. Un document qui mentionne on ne peut plus clairement que la participation au dialogue des partis de l’ex-allégeance ne ferait «qu’accentuer l’impasse politique dans le pays».
M. K.

 

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