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ARGENT, LOCATION D’HABITATIONS AVEC TOUTES LES COMMODITÉS... Comment l’Italie finance les migrants en Algérie

Publié par Abla Chérif
le 12.09.2018 , 11h00
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Après avoir tenté d'imposer l'ouverture de camps pour réfugiés tout le long de la côte maghrébine, l'Italie et certains de ses partenaires européens ont décidé de verser dans d'autres méthodes «non-conventionnelles» pour retenir les migrants loin des côtes européennes. L'Algérie semble en être principalement victime.
Abla chérif - Alger (Le Soir) - Des informations sûres font en effet savoir que le gouvernement italien a opté pour une stratégie silencieuse et évidemment moins tapageuse pour «fixer» un maximum de réfugiés dans les pays où ils s'installent provisoirement dans l'attente de l'ouverture d'une brèche leur permettant de rejoindre l'Europe. Des sources bien au fait de la situation affirment donc que les Italiens ont mis depuis un moment «le paquet», offrant des sommes d'argent faramineuses aux organisations humanitaires établies dans certains pays, dont l'Algérie, afin qu'elles offrent aux migrants un maximum de confort ce qui les dissuaderait d'aller chercher ailleurs. En très peu de temps, Rome s'est ainsi transformée en l'un des donateurs les plus importants de certaines organisations internationales telles que le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), l'Organisation internationale des migrants (OIM) et autres structures dont le financement est basé sur le financement international.
Selon les mêmes sources, on apprend ainsi que l'apport de l'Italie, pays en guerre contre l'immigration, a doublé voire même triplé au cours des trois dernières années.
Dans notre pays, l'argent perçu dans ce cadre est utilisé depuis un moment pour la location d'habitations avec toutes les commodités nécessaires aux réfugiés. Des villas de deux étages ont été louées dans cet objectif dans certains quartiers d'Alger.
Dans d'autres zones du pays, l'aide fournie aux migrants a permis à ces derniers de mieux s'organiser dans les quartiers de leur choix. Ces derniers ne sont plus en manque d'aide logistique, matérielle et ne trouvent plus de difficultés à subvenir à leurs besoins essentiels, nous dit-on. Un bon point pour les organisations dévouées aux causes humanitaires. La stratégie, elle, se déroule en douce et n'a fait aucun bruit jusqu'à présent.
Selon les informations dont nous disposons, d'autres pays membres de l'Union européenne tels que l'Espagne et la France contribuent à cette démarche.

La visite de Matteo Salvini reportée
Partant de ces faits, l'étrange annonce faite par le ministre italien de l'Intérieur durant le mois de juillet dernier prend tout son sens.
Bien qu'ayant essuyé le refus des autorités des trois pays maghrébins choisis pour l'ouverture de camps de réfugiés, ce dernier avait publiquement fait part de la volonté de son gouvernement d'offrir un milliard d'euros à l'Algérie, la Tunisie et le Maroc pour lutter contre l'immigration clandestine. Ses propos avaient alors surpris à plus d'un titre d'autant qu'il précisait au même moment son intention d'effectuer une tournée dans ces pays. Aucune réponse officielle ne s'est fait entendre ni à Alger ni ailleurs. Durant l'été, des informations non confirmées laissaient entendre que sa nouvelle proposition très peu explicite avait une nouvelle fois été rejetée.
La visite qu'il projetait n'a pas eu lieu. Au Maghreb, Salvini semble inspirer peu de confiance. Dans les milieux initiés, on rappelle que ce dernier n'avait pas hésité à tenter de mettre les autorités libyennes devant le fait accompli en annonçant à la presse que ces dernières avaient accepté le principe de l'ouverture de camps pour réfugiés. Le plus grave est que cette déclaration a été faite durant un séjour à Tripoli. Un démenti cinglant a été apporté par les dirigeants libyens à ces propos. Avant lui, d'autres tentatives du même genre parfois plus insidieuses ont eu lieu.
En 2017, plusieurs médias internationaux parmi lesquels se trouve Libération ont annoncé que l'ancien gouvernement de Rome avait payé des milices de l'Ouest libyen pour retenir les migrants sur les côtes africaines. Salvini n'aurait donc fait que poursuivre l'œuvre entamée par ces prédécesseurs mais plus ouvertement.
Dès son arrivée, il a fait savoir qu'il ne voulait plus de migrants secourus en mer dans les ports italiens et a refusé de recevoir l'Aquarius finalement secouru par les Espagnols. Avec l'Espagne, l'Italie est principalement ciblée par les populations déplacées vers un monde meilleur. Rome, elle, ne l'entend pas de cette oreille. Arrivé au pouvoir il y a près de deux mois, Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur issu de l'extrême droite a fait du dossier de l'immigration un point de fixation et s'est promis de poursuivre avec davantage de dureté la politique migratoire de son prédécesseur. Il agit de concert avec le premier ministre lequel n'hésite pas à menacer les membres de l'Union européenne de faire capoter plusieurs projets s'ils ne s'engageaient pas concrètement dans la lutte que mène son pays pour fermer la porte aux migrants.
Macron, Angela Merkel et Matteo Salvini officialisent l'idée de la création de campements pour migrants. Ils proposent que leur mise en place ait lieu dans les pays vers lesquels affluent le plus grand nombre d'Africains et constituant des lieux de passage obligés vers l'Europe. Avec la Libye et la Tunisie, l'Algérie est directement concernée. Tunis, Tripoli et Alger rejettent en bloc l'idée.
De l'autre cote de la rive méditerranéenne, on s'échine à expliquer que ces campements seront établis pour laisser le temps aux gouvernements européens d'étudier les demandes des migrants. La duperie est flagrante.
A. C.

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