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APRÈS LE LIMOGEAGE DU MINISTRE DE LA JUSTICE, LA MINISTRE DE LA CULTURE DÉMISSIONNE Début de la fin du gouvernement Bédoui ?

Publié par Kamel Amarni
le 25.08.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid
La ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a remis, hier samedi, sa démission au chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah « qui l’a acceptée ». Tel est, en substance, le contenu du communiqué éclair de la présidence de la République rendu public en milieu de journée. Mais tout est dans cette brève annonce, et pour cause !
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Evénement en soi, cette démission d’un ministre est déjà un fait inhabituel, en effet. Mais l’essentiel est ailleurs. Intervenant dans un contexte national inédit et extrêmement crucial pour l’avenir même de la Nation et de l’Etat algériens, elle relance brutalement le débat sur le sort du gouvernement de Noureddine Bédoui.
Officiellement, et il n’y a aucune raison d’en douter, Meriem Merdaci a déposé sa démission à la suite du drame du stade du 20-Août à Alger. N’empêche, il s’agit, là, de la deuxième défection d’un membre de ce gouvernement atypique, après le limogeage, sans état d’âme, de son ancien ministre de la Justice, Slimane Brahmi, le 31 juillet dernier et son remplacement, au pied levé, par Belkacem Zeghmati.
A l’arrivée, donc, deux entorses plutôt qu’une seule à l’article 104 de la Constitution, celui qui extrait l’exécutif du champ d’intervention, en termes de nomination ou de dénomination, d’un chef de l’Etat intérimaire qui prend ses fonctions en application de l’article 102 de la loi fondamentale. Deux cas plutôt qu’un seul effectivement, à faire jurisprudence et rendre, désormais, la chute de l’ensemble du gouvernement Bédoui une simple formalité ! C’est d’autant plus envisageable, désormais, que le changement du gouvernement, en l’état actuel des choses, est, certes, anticonstitutionnel, et sur ce point, précisément, l’armée demeure intransigeante, mais n’en reste pas moins l’une des mesures lourdes susceptibles de débloquer la situation. Il s’agit même d’une revendication, peut-être la seule, qui fait l’unanimité de l’opinion publique et de la classe politique.
Dernier bastion du règne de Abdelaziz Bouteflika, le gouvernement Bédoui a été nommé le 31 mars dernier. Il s’agissait de l’avant-dernière décision majeure de Bouteflika , précédant d’à peine quarante-huit heures sa démission du 2 avril.
La mobilisation populaire en cours, depuis, fait du départ de Bédoui une revendication centrale partagée, d’ailleurs, par quasiment l’ensemble de la classe politique et de la société civile. Plus que tout, et tous d’ailleurs, c’est la tête du Premier ministre qui est réclamée dans une rare unanimité nationale.
Ministre de l’Intérieur du quatrième mandat, on lui attribue la fraude des élections qui s’y sont déroulées mais, surtout, un rôle clé dans la préparation de la candidature surréaliste pour le cinquième mandat. Le pouvoir qui tient, plus que tout, à la tenue d’élection présidentielle peut s’en passer aisément, sans que personne s’en offusque, c’est le moins que l’on puisse dire !
Concrètement, cela permettrait de faire baisser la tension, et contribuerait à faire réussir le processus du dialogue et, plus important encore, ouvrirait la voie à l’organisation d’une élection présidentielle plus que jamais urgente pour la survie de la Nation et de l’Etat algériens.
K. A.

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