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Affaire des médecins résidents

Des syndicats de la santé déplorent l’absence de volonté de négocier

La plupart des syndicats de la santé continuent à soutenir les médecins résidents et leur cause. Ils dénoncent ainsi la lenteur qui a marqué ce dossier mais aussi l’absence de volonté de négocier de la part du ministère de la Santé.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Pour le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le constat est «amer». «La décision du gel du mouvement de grève des médecins résidents et la reprise de l’activité hospitalière que nous avons, d’ailleurs, saluée, devait être suivie par la relance des négociations et des discussions. Malheureusement, le contact n’a pas été établi», regrette le Dr Lyes Merabet. Pourtant poursuit-il, «il y a eu l’engagement des pouvoirs publics notamment le ministère de la Santé pour reprendre les discussions et les négociations à propos des revendications des médecins résidents grévistes».
Il déplore ainsi cette «habitude» des pouvoirs publics dans la gestion des situations pareilles. «Cette façon de faire prouve qu’il y a un problème dans la conception du dialogue», dit-il.
D’ailleurs, s’interroge-t-il, «pourquoi ils ont laissé perdurer un mouvement de grève durant plusieurs mois dans un secteur aussi sensible ?».
Quant à l’examen de rattrapage du DEMS, le président du SNPSP affirme que depuis des années, les conditions de formation des médecins spécialistes ont été décriées. Selon lui, les moyens pédagogiques ne suivent pas.
De son côté, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Mohamed Bekkat Berkani, estime que dès le départ, l’Etat devrait sérieusement discuter avec les grévistes qui, parfois, sont «des jeunes désespérés». «Aujourd’hui, ils essayent de gérer une situation qui n’est pas ordinaire», dit-il.
Pour lui, les autorités doivent se faire comprendre et entendre. «Certes, il y a des demandes pas faisable dans l’immédiat mais c’est des discussions que jaillissent les solutions», dit-il encore.
Le Pr Rachid Belhadj, membre du Syndicat des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), considère que cette question est un problème qui a trop duré. Soulignant que la grève des médecins résidents a été marquée par un arrêt de scolarité de huit mois, il explique que la validation de leur année d’études se base sur les activités hospitalières et les activités universitaires. «Les deux activités n’ont pas été assumées par les grévistes à des degrés différents. Les chefs de service habilités à valider ou pas l’année du résident sont pour la majorité contre la validation de l’année des grévistes qui n’ont pas été présents durant des mois pour avoir accès à l’examen du Diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS)», précise-t-il.
Pour lui, c’est «insensé» de valider l’année de quelqu’un qui n’a pas été présent d’autant qu’en médecine, «il y a une responsabilité morale», dit-il. Quant à l’orientation des lauréats, le Pr Belhadj affirme qu’il ignore si celle-ci se fera selon l’ancienne cartographie ou la nouvelle, celle proposée par le ministère de la Santé lors de sa réunion avec le Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens) en avril dernier.
«A l’époque de la réunion avec la tutelle, les médecins n’avaient pas accepté la nouvelle cartographie qui nécessite d’ailleurs, un décret d’application», ajoute-t-il.
Il précise également que le rattrapage qu’avaient proposé les grévistes a été refusé par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Toutefois, il estime que les pouvoirs publics doivent recevoir les médecins résidents pour «mettre les points sur les i et dire la vérité».
S’agissant du service civil, précise-t-il, son caractère obligatoire a été maintenu par la nouvelle loi sanitaire. Seulement poursuit-il, «ce sujet est pris en charge dans la sérénité».
Ry. N.