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Le commerce juteux de l’activité Omra Des taxes saoudiennes et des fraudes algériennes

Publié par Nedjma Merabet
le 06.12.2018 , 11h00
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Plus de 2 000 agences de voyages activent dans le secteur du Hadj et de la Omra, dont seulement 220 environ qui disposent d’un agrément du ministère et de l’accréditation de l’Office national du Hadj et de la Omra. Des agences fictives prolifèrent et des centres d’affaires n’activant pas dans le tourisme s’accaparent le marché juteux de la spéculation sur le voyage religieux.
Nedjma Merabet - Alger (Le Soir) - A ce propos, le directeur de l’Organisation nationale du tourisme et de la jeunesse, M. Samir Bounouala, axe son intervention sur la conscientisation des citoyens quant à leurs droits vis-à-vis des agences. Il rappelle que chaque voyageur a le droit de voir l’agrément du ministère du Tourisme — qui doit d’ailleurs être accroché sur les murs des locaux de celles-ci — ainsi que l’accréditation de l’Office national du Hadj et de la Omra.
Si l’agence avec laquelle ils voyagent n’est pas accréditée, et sous-traite pour une autre, le citoyen est en droit de voir le contrat de sous-traitance. De plus, il doit systématiquement exiger son contrat de voyage, stipulant toutes les conditions de celui-ci. Il n’est pas inutile de rappeler les innombrables mésaventures, si ce n’est drames, de tant d’Algériens ayant payé pour une chambre individuelle, ou double, qui se retrouvent avec une douzaine d’inconnus !
Un Egyptien qui tient un hôtel là-bas avait confié qu’une agence algérienne lui a loué son hôtel d’une capacité d’accueil de 300 personnes, et qu’on y a logé plus de 800 personnes. Un monsieur âgé qui avait loué une chambre avec son épouse, s’est retrouvé obligé de dormir avec une pléthore d’inconnus, tandis que sa femme était dans un autre hôtel, loin de lui ! C’est le plus gros problème soulevé par M. Samir Bounouala, directeur de l’Organisation nationale de la jeunesse et du tourisme, qui a animé une conférence de presse hier, au siège du journal El Moudjahid ; conférence marquée par l’absence de représentation prévue de l’Office national du Hadj et de la Omra et de l’ambassade saoudienne, en raison des travaux résultants de la visite récente à Alger du prince héritier saoudien.
Cependant qu’une conférence sera prévue prochainement avec les autorités consulaires saoudiennes concernant les doléances des citoyens transmises par l’organisation de M. Bounouala. Cette dernière a établi une liste de mesures à mettre en place et d’objectifs à atteindre pour l’amélioration des conditions de voyage des pèlerins algériens.
Les principaux points soulevés concernent d’abord le recueil d’empreintes digitales, une mesure proposée par l’UE, et appliquée par l’Arabie Saoudite. Cependant, le royaume hijazi limite la validité des empreintes recueillies à 6 mois. Pour l’instant, la durée sera élevée à un an, ont accordé les Saoudiens, en attendant mieux.
7 centres de recueil d’empreintes sont comptés depuis récemment, en dehors de celui de Chéraga, qui fut longtemps l’unique sur tout le territoire national ; à Oran, Constantine, El Oued, et trois autres dans le Grand Sud.
Concernant la taxe imposée par l’Arabie Saoudite (2 000 rials, soit environ 60 000 DA), revenue à l’ancien système qui l’annule au-delà de 3 ans après la première Omra ; l’Organisation nationale de la jeunesse et du tourisme proposera la levée de l’impôt pour les professionnels, qui sont obligés de faire plusieurs voyages par an.
M. Bounouala reste très optimiste quant à l’accueil saoudien qui sera fait à cette proposition. Le consul ayant assuré être entièrement disposé à répondre au mieux aux requêtes algériennes.
Enfin, pour revenir aux difficultés et obstacles nationaux, le conférencier indique que la Banque centrale ne prévoit pas la possibilité pour les professionnels du tourisme de payer leur facture en devises à partir d’Algérie, ce qui les force à prendre en liquide les sommes nécessaires, et de s’acquitter de leur facture sur place, c'est-à-dire en Arabie Saoudite, concernant la Omra. Un phénomène qui doit alimenter les irrégularités liées aux fonctionnements des agences, comme précité. On apprend, d’ailleurs, que beaucoup d’agences accréditées ne respectent pas leurs engagements, et travaillent avec des agences fictives, notamment en matière d’octroi du visa. Ce sont ces dernières en général qui allèchent les clients par des prix concurrentiels, mais avec un service catastrophique.
Enfin, l’Organisation préconise une meilleure coordination entre les ministères du Tourisme, de la Culture et des Affaires religieuses et des Waqfs, via des accords de collaboration. Ceci afin d’exploiter au mieux notre potentiel de tourisme religieux, qui compte plusieurs zaouias, drainant de nombreux adeptes dans le monde.
N. M.

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