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ABDELGHANI EL HAMEL ROMPT LE SILENCE Entre contradictions et révélations

Publié par Abla Chérif
le 15.04.2019 , 11h00
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Près de dix mois après son limogeage, Abdelghani El Hamel a rompu le silence en répondant aux questions d’un journaliste du site en ligne TSA.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les déclarations de l’ancien directeur général de la Sûreté nationale se voulaient être en fait une mise au point à des informations rapportées récemment par certaines télévisions privées, mais elles ont très vite dépassé le cadre qu’il semblait s’être fixé en se livrant à des propos qui soulèvent des interrogations. Après avoir démenti toute convocation par la justice militaire, il a tenu à faire savoir qu’il ne détenait aucun dossier de corruption. «Je n’ai aucun lien ni de près ni de loin avec l’affaire de la cocaïne, ajoute-t-il. Ni moi ni mon entourage immédiat. Mon éducation et ma culture ne me permettent pas d’avoir des liens avec ce genre d’affaires. Mon ex-chauffeur (à la DGSN) doit répondre de ses actes devant la justice. J’ai beaucoup de respect pour la justice, laissons-la faire son travail en toute souveraineté ». Les propos ainsi tenus contredisent cependant totalement ceux qu’il avait prononcés peu de temps après la saisie de 701 kilos de cocaïne. «Pour lutter contre la corruption, il faut être propre soi-même, avait alors déclaré El Hamel, après avoir indiqué que des dépassements ont été enregistrés lors de l’enquête préliminaire mais que les juges étaient vigilants». L’hommage aux magistrats chargés du dossier avait alors été interprété comme étant une allusion directe aux tentatives de l’impliquer dans l’affaire de la cocaïne. Puis il ajoute : «Même si notre institution n’est pas concernée par cette enquête, nous allons transmettre les dossiers en notre possession à la justice.» L’autre contradiction de taille est liée à l’affaire de son ancien chauffeur suspecté par la justice d’avoir un lien avec le réseau lié à la drogue découverte au port d’Oran, le 29 mai dernier. Dans un communiqué publié alors par la DGSN, El Hamel avait nié tout lien direct avec ce dernier, affirmant qu’il s’agissait d’un suspect relevant du parc automobile de l’institution. La même source faisait état de «rumeurs» mises sur le compte d’individus ayant des objectifs précis pour semer la zizanie au lieu de laisser la justice faire son travail conformément à la loi». Un appel avait même été lancé en direction des lecteurs des journaux et des internautes invités à ne pas «relayer des informations mensongères qui n’ont aucun fondement». Dans son interview à TSA, l’ancien directeur général de la Sûreté nationale signale bien qu’il s’agit de son «ex-chauffeur ». Inversement, Abdelghani El Hamel a confirmé toutes les rumeurs ayant circulé depuis son limogeage au sujet de son refus de quitter la résidence qu’il occupait (sur les hauteurs d’Alger) en dépit des demandes répétées de son successeur à la tête de la DGSN. Aujourd’hui, il en fournit les raisons : «J’ai occupé ce logement après avoir reçu une autorisation du ministre de l’Intérieur, dit-il. J’ai restitué volontairement la résidence avec ses meubles après le départ du président de la République (le 2 avril 2019)». Le poste de ministre de l’Intérieur était alors occupé par Noureddine Bedoui. De contradictions en révélations, l’ancien directeur général de la Sûreté nationale paraît garder une ligne directrice constante et essentiellement axée sur le besoin d’éviter toute «confrontation » ou tout élément pouvant compromettre sa situation dans le contexte actuel. Il affirme d’ailleurs soutenir et «salue la décision du chef d’état-major de l’ANP d’ouvrir les dossiers de corruption au niveau de la justice pour que tout le monde rende des comptes». Durant tous les mois précédents, l’opinion avait soupçonné l’existence de relations tendues entre El Hamel et Gaïd Salah qui lui aurait d’ailleurs retiré son grade de général-major suite à ses déclarations ciblant la Gendarmerie nationale spécialement désignée pour enquêter sur l’affaire de la cocaïne. Cette mesure s’ajoute à la longue série de déboires auxquels il fait face depuis son limogeage. L’enquête déclenchée après la saisie effectuée au port d’Oran a touché également des membres de sa famille, parmi lesquels ses fils. A la question de savoir si Abdelghani Hamel est ciblé au moment où le pays traverse une période politique pénible, le concerné répond : «Je préfère ne pas faire de commentaires. Que les gens fassent la lecture qu’ils veulent. Je reste au service de mon pays, quel que soit le lieu où je me trouve.»
A. C.

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