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M. Chems-Eddine Chitour à propos du système éducatif : «Il y a eu un manque de rigueur dans la formation des enseignants»

Publié par Ilhem Tir
le 20.05.2019 , 11h00
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«Le 19 mai est une date repère qu’il ne faut pas oublier, elle représente l’occasion d’un ressourcement», selon le professeur émérite de l’Ecole polytechnique d’Alger Chems-Eddine Chitour, qui revient sur la symbolique de cette journée en hommage à ces nombreux étudiants jeunes qui étaient «partie prenante de la révolution».
Le Pr Chitour, qui était hier «L’invité de la rédaction» de la Chaîne 3 , s’est remémoré le souvenir d’un universitaire de 28 ans, «qu’on appelait le ‘’chimiste’’, Taleb Abderrahmane», guillotiné le 24 avril 1958 «pour avoir choisi de se battre contre le colonialisme». Il a affirmé qu’aux côtés des maquisards, «il y avait une élite, des intellectuels qui ont fait que la Révolution réussisse» soulignant que le «socle d’une société» repose avant tout sur un système éducatif performant. «Nous devons réhabiliter le système éducatif algérien, les universitaires et les intellectuels étaient longtemps marginalisés», rappela-t-il avant de revenir sur une situation qui a nécessité «une massification» après l’indépendance. Aujourd’hui, «on est à 9 millions et demi d’élèves, 25 000 écoles, 5 000 CEM et 3.000 lycées», a soutenu le professeur Chitour qui fera remarquer qu’au niveau de ces établissements, sous-financés, l’acte pédagogique est resté ignoré, parce qu’«on n’a pas été assez exigeant» à l'encontre des personnels enseignants, dont il relève un manque de rigueur dans la formation. «Le problème, constate l’intervenant, c’est qu’on a fait dans la démagogie», parce que, explique-t-il, on n’a pas été juste avec les enseignants, considérés comme des moins que rien, alors que le système éducatif représente «la colonne vertébrale d’un pays».
Avec un budget de 780 milliards de dinars, le Pr estime qu’«on ne met pas assez de moyens» pour ce secteur. Selon lui, les enseignants sont sous-payés, ils n’avaient ni les moyens, notamment pédagogiques, ni, pour certains parmi eux, les compétences pour dispenser un enseignement de qualité. Et si l’école en est arrivée à la situation de marasme dans laquelle elle se trouve enfoncée, c’est parce qu’on n’a jamais prêté la moindre considération à l’enseignant, ce «formateur des générations futures».
Pour ce qui est de l’actualité, l’invité a commenté, par ailleurs, la grève en cours des étudiants considérant que «l’année universitaire n’est pas perdue, pour autant, que l’on remobilise rapidement les enseignants, afin qu’ils acceptent de dispenser les cours, jusqu’à la fin de juillet, pour en valider au moins les 85 pour cent».Il affirmera aussi qu’«il faut que l’école soit tenue hors des perturbations politiques».
Il faut passer également de la légitimité révolutionnaire à la légitimité des neurones selon lui, en estimant que dans cette situation de crise que traverse le pays, il serait impossible d’organiser «rationnellement» des élections le 4 juillet proposant par la même occasion une date symbolique du 1er novembre, qui inscrira l’entrée d’une nouvelle Révolution.
Ilhem Tir

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