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AFFAIRES DE CORRUPTION La Cour suprême mobilise l’IGF

Publié par Abla Chérif
le 09.10.2019 , 11h00
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Le traitement des affaires de corruption s’avère des plus compliqués. Une situation qui a poussé les magistrats en charge de ces lourds dossiers à s’entourer de nombreuses équipes de l’IGF qui demeurent désormais constamment à la disposition de la justice.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Des sources bien au fait de la situation nous apprennent, ainsi, que ces équipes ont été mises à la disposition des juges de la Cour suprême, entre les mains desquels se trouvent les affaires extrêmement sensibles, pour lesquelles sont poursuivies de très hautes personnalités actuellement incarcérées à la prison d’El-Harrach.
L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia constitue, et à titre d’exemple, un cas édifiant de la complexité à laquelle se trouvent confrontés les experts, nous dit-on, dans la mesure où les faits pour lesquels il se trouve poursuivi sont contenus dans plusieurs dossiers imbriqués et pour lesquels il a été inculpé par deux fois, au tribunal de Sidi-M’hamed puis au niveau de la Cour suprême.
Les pièces qui y sont contenues révèlent les pratiques «fines» utilisées par l’ex-Premier ministre pour s’octroyer des parts sur les marchés qu’il accordait lui-même, ou par personne interposée, aux hommes d’affaires de son choix, mais selon des méthodes détournées nécessitant l’œil aguerri des spécialistes de l’IGF. L’apport de ces derniers s’est, par exemple, révélé impératif dans l’étude de certains marchés octroyés de manière indue à Ali Haddad, par l’ex-Premier ministre.
C’est également le cas de nombreux autres dossiers liés, ceux-là, aux ministres ayant servi sous les gouvernements d’Ouyahia et de Sellal, et placés sous mandat de dépôt pour des affaires liées à ceux des oligarques également incarcérés.
Le cas de Abdelmalek Sellal comporte, cependant, des différences avec le dossier dans lequel est impliqué Ouyahia, puisque, rappelle-t-on, il se trouve également poursuivi pour financement occulte de la campagne présidentielle devant aboutir à un cinquième mandat. Sellal, doit-on le rappeler, avait été reconduit en qualité de chef de campagne de Bouteflika, avant d’être écarté pour des raisons encore inconnues de l’opinion.
L’étude des affaires de tous ces anciens responsables «prend nécessairement énormément de temps, elle prendra encore très certainement plusieurs longs mois», indiquent des sources bien au fait de la situation. Tout ceci écarte, d’emblée, toute possibilité de programmation des premiers procès, très attendus, de la longue liste des ministres, hommes d’affaires et hauts cadres, arrêtés pour corruption, au lendemain de la destitution du Président Abdelaziz Bouteflika.
En tout, près d’une quarantaine de dossiers actuellement entre les mains de la justice, requièrent une attention toute particulière. Parmi eux, une vingtaine se trouve au niveau de la Cour suprême.
A. C.

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