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Début aujourd’hui des épreuves La fraude empoisonne le baccalauréat

Publié par Nawal Imès
le 16.06.2019 , 11h00
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C’est ce matin que les candidats au baccalauréat débutent les épreuves. Ces dernières sont malheureusement empoisonnées chaque année par la fraude. Ce qui n’était que des tentatives marginales est devenu au fil du temps une entreprise à grande échelle, entachant la crédibilité de l’examen. La triche a évolué. Les anti sèches ont laissé place à des techniques plus élaborées. La loi sanctionne pourtant sévèrement ses auteurs.
 Nawal Imés- Alger (Le Soir) - depuis de nombreuses années déjà, les épreuves du baccalauréat sont intimement liées à la triche. Cette dernière a au fil des années discrédité l’examen et devenue quasi banalisée. Ce qui dans un passé récent n’était que l’œuvre de quelques téméraires inconscients s’est transformé en constante. Pire encore, la triche a pris de nouveaux visages. Plus question des anti sèches classiques, bouts de papiers glissés dans les poches ou de quelques phrases griffonnées sur la paume de la main. Les candidats à l’examen du baccalauréat ont développé de nouvelles stratégies. La technologie a été détournée pour servir des fins amorales. Les smartphones et tous les objets connectés ont été mis au service de la fraude. Depuis plusieurs années déjà, des candidats se présentent dans les salles d’examen avec des oreillettes bluethooth leur permettant d’échanger avec des personnes à l’extérieur des salles d’examen afin de leur souffler les réponses. Le mode de fraude le plus généralisé reste cependant la divulgation des sujets sur internet. La pratique est simple : dès la distribution des sujets à l’intérieur des centres d’examen, ces derniers sont pris en photo puis mis en ligne. Des personnes à l’extérieur se chargent alors de publier les réponses. Pour contrecarrer cette tendance, des instructions fermes sont données chaque année portant sur l’interdiction de l’introduction des téléphones. Cette mesure a rapidement montré ses limites : ni la fouille des candidats ni les rappels au sujet de cette interdiction n’ont eu de résultats concluants. Chaque année, ministère de l’Education et services de sécurité assistent impuissants à ces tentatives de déstabilisation de milliers de candidats. Ultime trouvaille : les coupures pures et simples de la connection internet pendant les épreuves. C’est l’unique solution qu’avait trouvée le département de l’éducation pour dissuader les fraudeurs. La lourdeur des sanctions n’effraye visiblement pas ses auteurs. Les textes prévoient en effet une exclusion de cinq années pour les candidats scolarisés et de dix années pour les candidats libres. Des sanctions lourdes qui datent de plusieurs années et qui n’ont pas pris en compte à l’époque de l’évolution numérique. Il n’est en effet pas prévu les cas de divulgation des sujets sur internet. L’ex-ministre de l’Education avait plaidé pour une révision des textes pour prévoir de sévères sanctions à l’égard des nouvelles formes de triche.
Plus que les sanctions, les pédagogues plaident pour un travail en profondeur pour réhabiliter l’effort et réhabiliter l’échelle des valeurs chez des candidats qui ont perdu tout le sens réel du labeur récompensé. Ils ne sont pas aidés non plus par un gouvernement qui en 2016 a choisi la voie de la facilité en décidant d’une deuxième session de rattrapage au profit de candidats ayant simulé le retard pour pouvoir prendre connaissance du contenu des sujets sur le net. Le message pas ferme du tout des pouvoirs publics n’est pas non plus de nature à envoyer un signal sans ambiguïtés aux fraudeurs.
Le Maroc, confronté au même phénomène, n’a pas longtemps tergiversé en optant tout bonnement pour l’adoption d’un texte relatif à la fraude au baccalauréat. Un exemple à méditer !
N. I.

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