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Statue de Massinissa La grandeur et l’histoire au rendez-vous

Publié par Brahim Taouchichet
le 10.09.2018 , 11h00
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Le vieux Bouamrane Mustapha, directeur de l’Ecole des beaux-arts d’Alger, est tout surpris de retrouver son ancien élève, le jeune Belkacem Djerbi, chargé de la réalisation de la statue de Massinissa et ne cache pas son émotion.
Ce samedi 8 septembre il y a foule dans le modeste atelier où doit renaître le roi de la Numidie Massinissa. L’équipe de l’artiste a sept mois pour s’acquitter de son engagement afin que la statue de 3,5 mètres sur un socle de 1,5 m soit érigée à la place Tafourah, au cœur d’Alger, lieu de passage très fréquenté par les voyageurs ou les simples passants. C’est sous les auspices du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) que le contrat de réalisation liant l’APC d’Alger-Centre au Groupement Inguel Decoration Sculpture a été signé. L’APC, signale-t-on, a remporté le marché après trois appels d’offres infructueux lancés par les services de Abdelhakim Bettache, président de la commune d’Alger-Centre. Et comme pour chasser toute interrogation, les promoteurs insistent sur les modalités d’octroi du projet dont le coût est évalué à 24 millions DA. Afin de déterminer l’entreprise de réalisation, l’appel d’offres était ouvert à tous les artistes «dans la transparence» et l’on est «heureux qu’il ait été remporté par les enfants de Beni Douala, région natale du symbole du combat identitaire et démocratique, Matoub Lounès. En effet, la délégation qui a supervisé le lancement des travaux de la statue au village Tagemount Azzouz situé à 4 km du chef-lieu Beni Douala, s’est déplacée d’Alger, conduite par Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA, Abelhakim Bettache, président de l‘APC d’Alger-Centre, les cinq membres du jury à qui revient la responsabilité technique du suivi de réalisation, c’est-à-dire, être le plus proche possible du profil du roi de la Numidie voire de ressemblance.
Le professeur d’histoire Mohamed El Hadi Hireche directement impliqué avoue son trac quant à la fidélité au fondateur du premier Etat de l’Algérie ancienne. C’est pourquoi d’ailleurs, tous mettent en avant le caractère symbolique d’une telle œuvre qui devrait acquérir l’assentiment de tous et ne pas tomber dans les erreurs de monument caricature comme ce fut le cas de la statue de Ben Badis, à Constantine unanimement rejetée par ailleurs.
Si l’on rappelle que l’idée d’ériger la stèle est née lors du colloque sur Massinissa, tenu à El Khroub, il y a quatre ans, pour le secrétaire général du HCA, il faut mettre toutes les chances de son côté et prendre le temps qu’il faut pour ce faire et afin aussi que l’expérience profitera à d’autres communes comme Aïn M’lila pour Larbi Ben-M’hidi. Car, dit-on, tout est dans la maturation de l’idée, aucune erreur n’est permise.
Si El Hachemi Assad insiste sur le respect des délais de réalisation et indique qu’il faut laisser le temps au temps. Emu aux larmes, le directeur de l’Ecole des beaux-arts — qui fait partie des cinq membres du jury — dit, la gorge nouée par l’émotion, qu’ériger une statue à l’image de la grandeur du roi de la Numidie est une réparation à un déni de justice de 23 siècles qui n’a que trop duré et salue par la même occasion le soutien du président de la République à ce projet.
Unanimité aussi parmi les élus de l’APC d’Alger-Centre toutes tendances politiques confondues, et il y en a sept souligne Abdelhakim Bettache.
Belaïd Abrika, du mouvement citoyen, approuve, tandis que d’autres intervenants dans le briefing improvisé parlent de patrimoine de la Méditerranée voire universelle à propos de Massinissa. Combat, liberté sont les maîtres-mots de l’ambiance de ce moment particulier où trône déjà une première esquisse en argile, le buste. Et comme pour rester dans ce climat empreint de recueillement, la délégation rejointe par le chef de daïra de Tizi Ouzou et en présence du député FLN de la wilaya se retrouvent à quelques encablures plus bas au domicile du défunt chanteur Matoub Lounès. Dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe du chantre de la démocratie, visite des lieux. L’on évoquera de nouveau le Président Bouteflika qui a pris la décision de soutenir la création d’un musée Matoub Lounès, viscéralement attaché à son pays l’Algérie.
A noter par ailleurs qu’un autre grand roi de la Numidie, de la même époque antique, Syphax sera au centre d’un colloque international dont la tenue est prévue du 22 au 24 septembre à Aïn Témouchent, 484 km au nord -ouest d’Alger. Pas moins de 27 conférences sont au programme du colloque et seront animées par des archéologues et des historiens d'universités du pays et de l'étranger. De belles empoignades dans les débats d’écoles. Sophiste au rôle sulfureux dans les renversements d’alliances Numides-Carthaginois-Romains, il nous réservera sans doute quelques révélations croustillantes quant à la vérité historique sur les protagonistes de cette époque reculée et combien présente pour les initiés.
On regrettera cependant que rien n’a été fait à Siga, capitale du roi Syphax, quant à la mise en exergue des traces du royaume Massaesyle, qui fut, dit-on, prospère…
Brahim Taouchichet

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