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L’ETRHB PASSE SOUS PAVILLON PUBLIC La leçon assimilée de l’affaire Khalifa

Publié par A. Maktour
le 08.06.2021 , 11h00
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Ils ne pouvaient sans doute pas espérer mieux, les milliers de travailleurs du Groupe Haddad. Désormais, ils savent à quoi s’en tenir, eux qui voguaient dans le noir depuis l’arrestation, puis le passage devant les juges du P-dg Ali Haddad, craignant de subir le même destin que celui réservé à la population des travailleurs et des clients du groupe… Khalifa. 
Le si controversé Groupe Haddad ne sera pas liquidé, au grand soulagement de plusieurs milliers de travailleurs et de leurs familles soumis à une très éprouvante incertitude pendant plus de deux ans. De l’incertitude et surtout de l’anxiété en raison du précédent vécu par d’autres milliers de travailleurs et de petites gens qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés sur le carreau à cause de la légèreté avec laquelle il a été décidé de dissoudre le Groupe Khalifa, sans que les autorités du moment se soucient des innombrables dommages collatéraux subis par les petites gens.
Depuis plusieurs mois, la crainte qu’un même destin soit réservé aux salariés du Groupe Haddad a plus que simplement traversé les esprits chez beaucoup parmi ces derniers. C’est que le sort auquel a été condamné le Groupe Khalifa n’inspirait pas les meilleurs pressentiments. Jusqu’à ce que tombe ce communiqué, dimanche, pour informer l’ensemble des travailleurs du Groupe ETRHB et de ses filiales «(que) ses biens et ses différentes entreprises sont devenus la propriété du Trésor public et que l’ensemble des mesures les concernant sont du ressort exclusif de l’État algérien, et ce, après des mesures qui interviendront dans les tout prochains jours» déclarait à travers sa missive l’administrateur judiciaire.
Un rassurant passage du communiqué, avant que la suite ne suscite finalement un soulagement à la mesure de l’angoisse vécue de longs mois durant par les travailleurs tourmentés. En effet, le rejet des recours introduits dans le cadre de l’affaire du Groupe Haddad et ses filiales, confirmant ainsi le verdict émis par le tribunal d’Alger, en novembre 2020, a dû mettre du baume au cœur des travailleurs qui ont plusieurs fois initié des actions de protestation, entre sit-in et marches dans des régions du pays où se concentrent des centaines, voire des milliers parmi la vingtaine de milliers de personnes, entre salariés directs et indirects du Groupe, qui ne cachaient pas leur hantise de voir l’ETRHB dissoute.
Verdict stipulant la saisie de l’ensemble des biens du Groupe Haddad et de ses filiales au profit du Trésor public, c'est-à-dire, comme l’explique l’administrateur judiciaire, la nationalisation du Groupe et de ses démembrements qui, finalement, deviennent des entreprises publiques. Un développement de l’une des affaires impliquant Ali Haddad qui, ainsi, éloigne définitivement le spectre du sort voué au patrimoine du Groupe Khalifa qui restera parmi les nombreuses «grosses taches noires», carrément un des crimes du précédent régime qui a donné naissance à des patrons de l’acabit de l’inénarrable ex-patron du FCE qui verra, à coup sûr, disparaître le nom de Haddad de l’enseigne du Groupe dont l’État a hérité.  Le passage au patrimoine économique de l’État nécessitera une restructuration du Groupe Haddad à tous les niveaux, y compris le changement de l’ensemble de ses relations, le statut, le règlement intérieur actuellement en vigueur ainsi que l’ensemble des registres de commerce et les contrats actuels, a informé l’administrateur judiciaire qui, pour ce faire, met l’ensemble des travailleurs en congé annuel, le temps de tout mettre en adéquation dans la nouvelle entreprise publique sur le plan administratif, sans omettre de se vouloir rassurant quant à la situation salariale des travailleurs ainsi que des obligations de l’entreprise auprès de la Cnas et de la Cacobatph, et l’ensemble des créances détenues par les partenaires.
Ainsi se termine, ou presque, la mésaventure des personnels d’un groupe qui aura défrayé la chronique, pas toujours pour les meilleures raisons, en attendant ce qui est réservé comme sort à l’autre groupe parmi les plus intimement liés au nom de l’ex-président de la République et de son entourage, le Groupe Kouninef et les entreprises propriétés d’autres oligarques et leurs milliers de salariés. 
Azedine Maktour

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