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Saïd Ayachi, Président du comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), à «LSA Direct» : «La Minurso doit revenir à sa mission originelle : le référendum»

Publié par LSA
le 12.05.2021 , 11h00
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Saïd Ayachi, président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), a saisi l’occasion de l’émission traitant de l’actualité, «LSA Direct», pour rappeler certaines vérités immuables et situer les responsabilités de chaque pays, de chaque partie, notamment du Conseil de sécurité des Nations-Unies, vis-à-vis de la question sahraouie. Il revient également sur l’épisode Saâdani, ex-secrétaire général du FLN, qui a ramé à contre-courant  sur la question sahraouie. « Il viendra le jour où il faudra décrypter les déclarations des uns et des autres », dira-t-il à ce sujet.
Ahmed Kessi - Alger (Le Soir) - Après la genèse et l’évolution de la question sahraouie depuis le début, et la victoire des troupes du Sahara Occidental qui avait amené le Maroc a demander un cessez-le-feu qui, dit-il, sera accepté par les Sahraouis à la condition qu’on leur organise un référendum d’autodétermination que leur reconnait le droit international. 
L’invité du Soir d’Algérie trouve légitime que les hostilités aient repris depuis l’année 2020 entre les deux parties antagonistes, le Maroc et le Sahara Occidental. « La Minurso, (les étapes etc.), cela date déjà de 1991 ! Cela fait 30 ans ! », dit-il, en revenant sur les manœuvres effectuées par le Makhzen pour perpétuer la présence marocaine sur les territoires occupés. « Le conflit est rentré dans une sorte de léthargie. Le Maroc, fort de ses soutiens, a traîné la chose par la fuite en avant et en appliquant la politique du fait accompli. C’est ainsi que 30 ans sont passés avec 4 envoyés personnels du SG de l’ONU », explique-t-il. 
Les plans qui allaient donner un résultat concret ce sont ceux des ex-envoyés spéciaux des Nations-Unies, James Baker et Christopher Ross. « Celui de Baker avait suscité le plus d’enthousiasme. Les documents de la signature de la solution étaient sur la table à Houston. C’est à la dernière minute que les Marocains se sont défilés. Ce qui a entraîné d’ailleurs la démission de Baker. De même Christopher Ross, on sait ce qu’il est advenu avec le refus du Maroc qu’il aille sur le terrain. Il a préféré démissionner, simulant des problèmes de santé », ajoutera Ayachi, soulignant que le Maroc a de tout temps fait traîner les choses. 
Quant à l’ampleur des hostilités depuis leur reprise, Ayachi affirme que c’est « le résultat du fait que les Sahraouis commençaient sérieusement à se demander s’ils ont bien fait de faire confiance à l’ONU », après la spoliation des richesses, la violation des droits de l’Homme et la léthargie de la Minurso. 
Interrogé sur ce que dit le rapport de la Minurso présenté récemment devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, l’invité de «LSA Direct» a estimé plus judicieux de s’interroger plutôt autrement : « Qu’est-ce qu’il ne dit pas ? » avant d’y répondre par la négative. « Il ne dit rien ! » Et d’ajouter en expliquant la manière dont le Makhzen a démantelé la Minurso, en expulsant 85 fonctionnaires civils. Sa partie militaire, comme disaient les Sahraouis, « elle est devenue une police de circulation. Tant de pratiques soulèvent l’ire des Sahraouis. D’où leurs reproches à la Minurso ». Il estime, à la lumière de ces explications, que la  « Minurso n’a pas suffisamment d’autorité pour faire respecter les mesures prises par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle doit revenir à sa mission originelle, l’organisation du référendum ». Lors de sa dernière réunion du 21-4-2021 qui s’est déroulée à huis clos, dit-il, le Conseil n’a fait qu’avaliser le budget voté de 56 millions de dollars. C’est beaucoup plus administratif qu’opérationnel. 
Concernant ce qu’il y a à retenir des déclarations faites par le secrétaire d’État américain Anthony Blinken et son homologue marocain lors de leur entrevue, le président du CNASPS décrypte le propos du Président américain Biden d’abord : « Lorsque Biden déclarait qu’il allait revoir les décrets de Trump dans l’intérêt des États-Unis, c’est là qu’il faut comprendre que le décret Trump ne travaille pas l’intérêt des Américains. Car reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, c’est dynamiter le droit international. Le concept de l’autodétermination est un concept américain. Les États-Unis doivent veiller à la paix et à la sécurité internationales, selon leur agenda. Il y a lieu de relever un paradoxe pour ne pas dire un antagonisme fondamental. » Il ajoutera que  « le décret Trump est contourné. Ils croient encore à une solution acceptée par les deux parties protagonistes à la suite de négociations, d’où la nécessité d’un envoyé spéciale ». 
Quant à la responsabilité de la France dans le maintien du conflit, l’invité de «LSA Direct» estime que « la France est le principal blocage, depuis le début du conflit. Il y a un esprit colonialiste dans cette histoire », en notant que le Maroc agit par procuration pour le compte de la France au niveau de l’Afrique de l’Ouest, depuis l’élimination des réseaux de la France-Afrique par Chirac. Revenant sur les propos de Saâdani, ex-SG du FLN, qui s’est écarté de la ligne de son parti, l’interlocuteur dira : «  Il y avait un fond anti-Polisario chez Saâdani. 
En tant que président de l’APN, c’est le seul qui n’a pas reçu son homologue sahraoui. Il pensait pouvoir se permettre un jugement sur un dossier dont il était très loin au fait », ajoutant que « le dénoncer c’est mon rôle. Je l’ai fait aussi par conviction du militant que je suis ». Ce qui explique, selon lui, que ce personnage se démarque de la ligne politique de son parti est le fait qu’il est maintenant entre les bras de Mohammed VI et à l’abri des poursuites éventuelles de la justice algérienne.
Par ailleurs, l’intervenant estime qu’il viendra le jour où « il faudra décrypter les déclarations des uns et des autres. Il y a d’autres réalités à dévoiler sur la question un jour ».
A. K.

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