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RÉACTIONS À LA PROPOSITION DE GAÏD SALAH La rue sceptique

Publié par Abla Chérif
le 27.03.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

En occupant la place Audin ce mardi matin, les manifestants pour le départ du système sont loin de se douter que les événements allaient prendre une tournure qu'ils étaient loin de s'imaginer en milieu d'après-midi. L'application de l'article 102 par Gaïd Salah s'est répandue à une vitesse éclair entraînant des réactions pas unanimes cette fois.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - La foule encore présente sur les lieux vers 13h 30 n'a pas eu besoin de se connecter sur les smartphones pour comprendre que du nouveau venait de survenir. Des groupes de personnes circulant à bord de véhicules ont investi de manière inattendue les lieux, exigeant de manière très forte le départ immédiat de Abdelaziz Bouteflika. Ils n'appartiennent pas au groupe d'étudiants réunis depuis quelques heures plus tôt mais ne scandent aucun slogan faisant référence au chef d'état-major qui, trente minutes plus tôt, «réclamait» l'application de l'article 102 pour répondre aux exigences de la rue.
L'annonce en a été faite à partir de Ouargla où il se trouvait en visite d'inspection. Les chaînes de télévision publiques qui relayent largement l'information contribuent à répandre la nouvelle de manière très rapide. L'essentiel du «travail» a cependant été fait sur les réseaux sociaux.
Perplexe, la rue a d'abord observé. La revendication principale du mouvement de protestation a été acceptée à travers une «formule» qui était loin d'être imaginée. Jusque- là, Gaïd Salah s'était gardé de tout faux-pas pouvant l'assimiler aux anciens soutiens de Bouteflika ayant tourné sa veste. Il a su surtout capter le capital de sympathie exprimé par les manifestants avant tout conscients de la sensibilité de la situation dans laquelle ils se trouvaient et dérapages pouvant en découler.
A la place Audin, on analyse avant tout la situation. Un étudiant, qui avait programmé de retourner à Bouira, sa wilaya d'origine, change d'avis. «Il faut être très prudent, ça change complètement la donne, nous, nous voulons construire un Etat démocratique et cela ne ressemble pas trop à des méthodes démocratiques», dit-il. Un débat s'ouvre avec d'autres manifestants. «C'est vrai que ce n'est pas normal, l'armée est censée rester neutre mais comme ils ne nous ont pas réprimés on peut aussi supposer qu'il est sincère.» «Pas possible, répond une jeune étudiante, c'est son soutien principal, son ami (Bouteflika)».
Au même moment, les klaxons se font plus nombreux au centre-ville. De partout, on agite l'emblème national. Audin et Didouche-Mourad s'emplissent progressivement de personnes venues aux nouvelles et se transforment soudain en haut lieu de concertation. Il y a de la joie, indéniable, celle de voir «le dernier rempart du Président tomber», de voir l'Algérie «vivre enfin les dernières heures du long règne de Bouteflika», de «retrouver la dignité d'un peuple qui a réappris à se battre».
Mais il y a aussi beaucoup d'interrogations : «Peut-on construire une deuxième République en partant d'une décision militaire ?», «Peut-être aussi était-ce le seul moyen de les bouger de là ?», «A moins qu'ils n'aient profité de ce mouvement pour régler leurs comptes», ou encore «Gaïd Salah n'a pas compris le message des Algériens, il est allé très vite en besogne». Il est un peu plus de 18 h, une ambiance inhabituelle règne sur le centre-ville à la recherche de plus d'explications.
A. C.

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