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Indice mondial de l’innovation

L’Algérie, mauvais élève

En matière d’innovation, l’Algérie fait office de mauvais élève. L’index global de l’innovation la classe à la 113 ème place sur 126 pays répertoriés. Un comité intersectoriel travaille à améliorer ce classement. Une tâche qui nécessite une collecte de données, mais également une actualisation des textes réglementaires.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - En ratifiant l’ensemble des textes relatifs à la protection de la propriété intellectuelle, l’Algérie n’a pas, pour autant, amélioré son attractivité pour les porteurs de projets innovants. L’indice mondial d’innovation qui répertorie 126 pays, dont 54 africains, classe l’Algérie au bas du tableau. Elle occupe la 123e place. Un classement établi après l’examen de pas moins de 80 paramètres relatifs à la qualité des institutions, l’environnement des affaires et la protection de la propriété intellectuelle. Pour Abdelaziz Guend, directeur général de la compétitivité industrielle, le fait que l’Algérie soit répertoriée par l’Organisation mondiale de la propriété industrielle est déjà un bon début. Il insiste, néanmoins, sur la nécessité de faire évoluer la place de l’Algérie qui reste figée au plus bas du tableau depuis plusieurs années déjà. Il reconnaît qu’il existe « un grain » qui empêche le pays d’améliorer son classement, d’où l’idée de mettre en place un comité intersectoriel, regroupant l’ensemble des départements chargés de collecter les données afin de répondre aux critères examinés.
Premier objectif : combler les lacunes en matière de disponibilité de l’information économique, mais également actualiser la réglementation en vigueur, d’ici l’année prochaine. Un travail qui nécessite une plus grande coordination entre les différents acteurs. Le directeur de la compétitivité au sein du ministère de l’Industrie rappelle que l’Algérie s’est engagée très vite dans la voie de la protection, en adhérant à tous les accords issus de la Convention de Paris. Les premiers textes relatifs à la problématique de la protection de la propriété intellectuelle datent de plusieurs années mais, reconnaît-il, la mise en œuvre a connu quelques couacs. L’Algérie, dit-il, a des engagements à tenir et à respecter et ne compte pas , ajoute-t-il, « faire marche arrière ». Cela nécessitera davantage d’efforts et d’engagement, a-t-il poursuivi. L’existence d’organismes comme l’Inapi et l’Onda ne peut être la seule garantie offerte aux entreprises. Il s’exprimait à l’occasion des travaux de la rencontre sur les enjeux de la propriété intellectuelle et attractivité, organisée par le Cercle de l’innovation.
Le Dr Fourar, évoquant la question de la protection de l’innovation dans le domaine de la santé, a assuré que les dispositions de la loi sanitaire prennent en compte la problématique de la propriété intellectuelle, non seulement pour rendre le pays attractif mais également pour veiller à la sécurité des usagers. Le président de l’association des détenteurs de brevets a posé des problèmes concrets en évoquant le cas de deux laboratoires pharmaceutiques qui ont vu leurs brevets violés en Algérie. Après une action en justice qui a duré quatre années, les laboratoires ont été contraints de fermer, tandis que le ministère de la Santé poursuivait de délivrer des permis de mettre sur le marché, pour les entreprises ayant violé ledit brevet. Pour la représentante du ministère des Affaires étrangères, il s’agit de trouver un équilibre entre les détenteurs de brevets et l’intérêt public.
Le directeur du bureau extérieur de l’OMPI en Algérie a souligné la volonté politique de l’Algérie, premier pays africain à abriter un bureau de l’organisation qui, dit-il, est disposé à accompagner l’Algérie en mettant à sa disposition les instruments devant l’aider à consolider son écosystème pour favoriser l’innovation, en passant par un cadre juridique adéquat mais également une bonne formation.
N. I.