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Aïssa Manceur, expert en agriculture et conseiller à l’export : «L’Algérie n’est pas prête à exporter»

Publié par Samira Azzegag
le 11.06.2018 , 11h00
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Le refoulement par la Russie de frets de pommes de terre cultivées en Algérie à cause du taux élevé de résidus de pesticides qu’elles contiennent a largement ouvert le débat sur l’utilisation intensive de ces produits chimiques. Un usage incontrôlé, qui risque de freiner sérieusement l’exportation des produits agricoles.
Samira Azzegag - Alger (Le Soir) - L’alerte a été donnée par plusieurs associations nationales, qui tentent tant bien que mal de sensibiliser l’opinion publique, mais également le gouvernement qui doit prendre des mesures concrètes et rapides surtout, avant que l’image des produits agricoles ne soit définitivement ternie.
Contacté hier par nos soins, Aïssa Manseur, expert en agriculture et conseiller à l’export, a estimé qu’il faut au préalable se préparer avant d’ambitionner d’être un pays exportateur de produits agricoles. «L’export est un processus qui n’est pas du tout développé en Algérie. Pour le faire, il faut répondre à plusieurs critères.»
Selon lui, il est primordial d’arriver à faire une production pérenne en quantité suffisante et de bonne qualité afin d’honorer les engagements vis-à-vis de l’importateur étranger. «Chose qui s’avère impossible actuellement, puisque les conditions exigées par les pays importateurs ne sont pas réunies». Plus explicite, il ajoute que le produit destiné à l’exportation doit répondre aux normes internationales, en matière de qualité et être compétitif sur les marchés nationaux.
Et pour réussir le processus d’exportation, il faut également trouver des marchés où vendre le produit local. Pour cela, explique le même expert, «il y a lieu de mettre en place tout un dispositif de promotion de nos produits, notamment participer à des foires et salons et sans omettre le rôle des représentations diplomatiques algériennes à l’étranger». M. Manceur évoque toute une batterie de mesures incitatives à engager, entre autres mettre à jour la réglementation, les mesures douanières encourageantes et avoir également une base logistique pour assurer notamment le fret. Il propose, toutefois, la création d’agropole, qui peut être une solution pour développer les filières agricoles et promouvoir l’exportation des produits. Il s’agit d’un espace qui regroupe tous les intervenants d’une filière donnée en amont et en aval du processus de production.
A noter que l’Algérie a été parmi les premiers pays à interdire les cultures OGM (organisme génétiquement modifié).
S. A.

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