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Formation professionnelle L’apport des entreprises suisses

Publié par Brahim Taouchichet
le 28.06.2018 , 11h00
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C’est sur le thème précis «un modèle gagnant» qu’une rencontre sur la formation professionnelle et l’apport des entreprises suisses s’est tenue ce mercredi 27 juin à l’hôtel El-Aurassi, sur les hauteurs d’Alger.
Elle aura duré une matinée mais a drainé beaucoup d’intervenants dans le secteur de la formation professionnelle et le premier représentant du gouvernement en la personne du ministre de la Formation et de l’enseignement professionnels, Mohamed Mebarki.
Ce dernier prendra la parole dans ce qui peut s’apparenter à un forum. «Cette rencontre, dira-t-il, permettra aux deux parties de créer un faisceau de synergies entre les acteurs de la formation professionnelle et ceux du monde économique des domaines d’excellence». De toutes les interventions, il ressort – c’est une évidence — la relation forte entre les besoins des entreprises économiques et ceux des jeunes qui arrivent, nombreux chaque année, sur le marché de l’emploi. Mais former n’est pas tout car aujourd’hui, le niveau de maîtrise et de compétences détermine la capacité des entreprises à s’ouvrir aux demandes d’emploi et leur performance grâce à des ressources humaines de qualité. A tous les niveaux d’activité, de l’ouvrier, à l’agent de maîtrise, à l’ingénieur. Et comme il n’y a pas de sot métier, la formation professionnelle «n’est pas une voie de garage», fera ainsi remarquer, dans son intervention, l’ambassadrice suisse, Mme Muriel Berset Kohen qui informera aussi l’assistance de la fin de sa mission en Algérie après quatre années. C’est donc cette problématique qui sera le cœur des débats qui tournent autour de l’expérience suisse. Selon Nicola Bürgisser, député au Grand Conseil de Canton de Fribourg et professeur à l’Ecole professionnelle de la même ville, invité pour la première fois en Algérie, c’est dès la préadolescence que l’enfant doit s’éveiller au choix à faire pour son avenir et ainsi sortir du cocon familial pour un autre, l’entreprise, sa nouvelle famille à laquelle il s’identifiera en tout, le patron de l’entreprise pourrait se juxtaposer à son propre père. C’est là un facteur de réussite et pour l’entreprise et pour lui-même sachant que le plan de carrière peut tout aussi bien le propulser vers les postes de travail qualifiants.
Pour autant, dira le ministre, «l’économie algérienne traverse une période de diversification de son potentiel productif et de consolidation des règles d’une économie ouverte et concurrentielle, elle se doit de diversifier et densifier son tissu économique, ce qui implique des exigences de performance auxquelles les entreprises ne peuvent souscrire qu’avec l’apport d’une main-d’œuvre compétente et qualifié». C’est ainsi que, observera-t-il, des actions ont été menées dans le sens de l’adaptation du système de formation incluant la concertation avec les opérateurs économiques, la mise à jour permanente de la nomenclature des spécialités ; la promotion des modes de formation où l’entreprise joue un rôle central ; la formation continue des travailleurs. L’on met l’accent sur «l’implication active» des entreprises dans la formation professionnelle dans une démarche «win-win» (gagnant-gagnant) et l’on met alors en avant les bénéfices d’une telle politique où en Suisse elle contribue à l’un des chômages les plus bas au monde (3%). L’on souligne que «la formation professionnelle est une tâche commune des autorités et des organisateurs du secteur privé et cela contribue à sa haute qualité. Le système dual de formation professionnelle est caractérisé par l’alternance entre théorie et pratique, entre l’école professionnelle et l’entreprise», privée cela s’entend dans le cas suisse ; en Algérie il y a prédominance des publiques et donc l’Etat.
Le ministre, Mohamed Mebarki, n’a pas manqué d’abonder le même sens : «Nous considérons que le modèle de formation professionnelle suisse qui favorise l’alternance est, pour nous, un modèle à suivre» car c’est un «système cohérent et intégré», dit-il. Créé en avril dernier, le Club d’affaires algéro-suisse, présidé par Mme Leyla Aïmouche, est chargé de mener à bien cette mission de coopération entre les secteurs de formation des deux pays.
B. T.  

 

Entretien express avec Mme Leyla Aïmouche, Présidente du Club d’affaires algéro-suisse
L’expérience suisse au profit des jeunes

Le Soir d’Algérie : Pourquoi un tel club ?
Leyla Aïmouche
: C’est pour répondre aux besoins des entreprises suisses en Algérie et à leur demande pour aider à l’installation d’autres sur la base de l’expérience acquise par leurs coreligionnaires déjà établis. Le but est aussi de renforcer les rapports entre les entreprises et les sociétés algériennes en vue d’encourager les investissements suisses en Algérie car beaucoup d’entrepreneurs demandent d’être orientés mais n’ont pas de contact et nous nous proposons d’être cette passerelle qui manque.

Votre motivation principale ?
Apporter à l’Algérie l’expérience suisse dans le domaine de la formation professionnelle et informer sur les nouveaux secteurs d’activité susceptibles d’intéresser les investisseurs suisses.

Dans l’expérience suisse, qu’est-ce qui vous interpelle ?
L’efficacité de l’expérience suisse dans la formation des jeunes qui est considérée comme un modèle de réussite dans la baisse du chômage par exemple. C’est un schéma qui a fait ses preuves à travers une expérience duale Etat-entreprises privées qui permet aux jeunes de très vite fixer leur choix de métier et donc d’avenir en fonction de leur choix. Ce schéma existe en Algérie mais nous voulons élargir l’expérience notamment aux entreprises suisses et contribuer au transfert de connaissances suisses dans le domaine.

Des échanges sont-ils prévus entre les deux pays dans la formation professionnelle ?
Plusieurs réunions de travail sont prévues avec celle d’aujourd’hui avec la présence d’experts. La formation sur site sera l’aboutissement de nos efforts par rapport à cette formation duale.
Propos recueillis par B. T.

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