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MOHAMED CHÉRIF BELMIHOUB, ÉCONOMISTE, AU SOIR D’ALGÉRIE : «Le flottement du dinar est une dévaluation déguisée»

Publié par Brahim Taouchichet
le 16.08.2018 , 11h00
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Propos recueillis par Brahim Taouchichet
La déclaration récente du gouverneur de la Banque d’Algérie d’abandonner la gestion administrative de la parité du taux de change du dinar par rapport au dollar a fait l’effet d’une surprise quand bien même l’on parle de dinar flottant dirigé. En effet, il n’y a pas si longtemps, l’on est parti sur un taux de change stable pour trois ans de 115 DA pour un dollar. Retournement de situation donc avec cette nouvelle mesure de la Banque d’Algérie. Nous avons sollicité Mohamed Chérif Belmihoub, économiste pour en savoir plus.

Le Soir d’Algérie : Votre réaction suite à la décision de la Banque d’Algérie d’opter pour le flottement du dinar ?
Mohamed Chérif Belmihoub
: J’avais déjà dit, il y a plus d’un mois, lors de la présentation dans le projet de loi de finances complémentaire par le ministre des Finances qui a déclaré fixer 1 dollar pour 115 dinars. Cela est un non-sens économique, ce qui veut dire qu’on revient à la fixité du taux de change alors qu’on dit par ailleurs qu’il est flottant.

Pourquoi avoir choisi ce moment pour faire une telle annonce ?
On a retiré les licences, l’importation est libre aujourd’hui. On a introduit avec la loi de finances le taux additionnel. On a voulu agir sur la valeur du dinar parce que la balance commerciale est toujours déficitaire et le dinar réagit par rapport à cela.
Quelles sont les conséquences concrètes, pratiques du flottement du dinar ?
Ce n’est pas un flottement mais une dépréciation, on dit flottement quand cela va dans les deux sens. On n’aime pas parler de dévaluation mais les effets sont les mêmes.

Une dévaluation dans quelle proportion ?
Ecoutez, pour l’heure, il n’a pas bougé beaucoup mais il faut s’y attendre à partir de la semaine prochaine d’autant que les prix du baril de pétrole sont à la baisse ce qui aura deux effets : les importations seront encore plus chères puisque nous sommes dans un cas d’importations libres. D’autre part, comme nous exportons tout en dollar et quand on déprécie le dinar il en faudra donc plus pour un même montant en dollar. C’est une richesse virtuelle, le Trésor aura plus de dinars même si le volume en dollar ne bouge pas.

Quelles seraient les conséquences sur les épargnants ?
Aucune mais il y aura l’effet de l’inflation du fait des droits additionnels introduits, les importations seront plus chères qu’il s’agisse des produits de large consommation (blé, huiles, etc.) ou des intrants pour les opérateurs économiques. L’Algérie importe beaucoup et c’est là notre problème. C’est l’inflation qui va ajuster cette équation dévaluation du dinar par rapport au dollar. On va avoir plus de recettes budgétaires (converti le dollar donnera plus de dinars) mais cela entraînera une inflation inévitable que l’on ne pourra pas cacher.

Beaucoup de gens ont dans la tête la banqueroute du Venezuela, pays pétrolier…
Non, on n’ira pas jusque-là, nous avons des réserves de change de 90 millions de dollars qui permettent à l’Algérie de maintenir le volume des importations pour le marché local, mais pas pour longtemps, on en a pour trois ans pour un niveau d’importations de 30 à 35 millions de dollars. Après, c’est la spirale que je ne souhaite pas. Pour le Venezuela, le processus a commencé depuis longtemps car il n’avait pas de réserves de change ce qui a contraint à un rationnement des importations et du coup, les produits sont devenus très rares et l’inflation a fait son effet.
B. T.

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