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Abdallah Haddad, président du FMN, au Soir d’Algérie : «Le projet de loi électorale favorise le statu quo»

Publié par Karim Aimeur
le 31.01.2021 , 11h00
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Dans cet entretien, le président du Front de militantisme national (FMN), Abdallah Haddad, revient sur la dernière rencontre de onze nouveaux partis politiques qui s'est déroulée au siège de sa formation à Alger, autour du projet de loi électorale qui favorise, selon lui, le maintien du statu quo, à travers certains articles «discriminatoires».

Le Soir d'Algérie : Onze nouveaux partis politiques se sont réunis au siège de votre formation mercredi dernier. Qu'est-ce qui a motivé ces partis et quelle suite sera donnée à cette première rencontre ?
Abdallah Haddad :
L'initiative a été prise suite à des contacts informels entre les dirigeants de ces partis au lendemain de la publication du projet de loi électorale et sa remise aux partis politiques.
Cette convergence a été rendue obligatoire par certaines dispositions de ce projet, à travers lequel on s'attendait à la réparation des injustices de l'ancienne loi.
Après la révision de la Constitution et l'annonce de la révision de la loi électorale dans la perspective de l'organisation d'élections législatives et locales anticipées, nous avons espéré, en effet, que le texte allait consacrer la rupture tant attendue pour se lancer dans le processus de mise en place de la nouvelle Algérie.
Hélas, dans plusieurs articles, le texte maintient les mêmes dispositions discriminatoires qui excluent les nouveaux partis de la compétition électorale et favorise les partis du régime, démantelés par le peuple à partir du 22 février 2019.
C'est cette exclusion, au service du FLN et du RND, qui nous a poussés à réagir. Le texte proposé va maintenir, s'il est adopté, le statu quo et empêchera l'avènement du changement. La concertation entre ces partis se poursuivra.

Pensez-vous que le projet reconduira la même carte politique, avec la domination des assemblées élues par le FLN et le RND ?
C'est ce que nous craignons. Le texte favorise ces deux partis contre lesquels le peuple s'est mobilisé massivement. Les conditions de participation aux élections, qui imposent aux partis d'avoir obtenu 4% des suffrages exprimés lors des précédentes élections, alors que tout le monde sait que les assemblées élues sont dominées par les deux partis grâce à la fraude électorale et à la corruption, sont de nature à reproduire la même carte politique, à retarder le changement, et à encourager l'achat des places dans les listes. A défaut des 4%, les partis doivent chercher les parrainages des citoyens.
Les opportunistes de tout bord vont rejoindre les deux partis afin de participer sans conditions. Cet article est donc discriminatoire, basé sur l'exclusion et contraire à la Constitution, en ce sens qu'il remet en cause le principe d'égalité des chances. Le peuple demande le changement et ce texte milite contre le changement.
Si le texte arrive au Parlement dans sa forme actuelle, les partis de l'ancien régime qui le dominent vont se déployer pour l'adopter, en guise de résistance contre le changement. C'est pourquoi nous avons appelé le président de la République à supprimer cette condition, ou du moins exiger le parrainage des citoyens à tous les partis, y compris les deux sus-cités en haut, afin de donner la même chance à tous.

Quels sont les autres articles qu'il faut revoir, selon vous ?
Le projet contient certes des aspects positifs. A notre avis, c'est l'avis des onze partis, la parité exigée entre les hommes et les femmes dans les listes électorales pour les élections législatives et pour les communes de plus de 20 000 habitants pour les municipales est à supprimer. Il s'agit pour nous d'une ingérence dans les affaires internes des partis.
Ces derniers doivent avoir la liberté de choisir leurs candidats, sans qu'aucune condition vienne compromettre ou entraver cet exercice. En plus, cette politique des quotas, si elle donne une quantité à la représentativité, néglige la qualité, et le résultat pourrait être catastrophique pour le niveau des assemblées. Nous souhaitons la suppression de cette disposition.
Propos recueillis par Karim Aimeur

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