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Académie de la langue amazighe Le projet de loi organique en débat à l’Assemblée nationale

Publié par Brahim Taouchichet
le 20.06.2018 , 11h00
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Le Bureau de l’Assemblée populaire nationale a transmis le projet de loi organique relatif à l'Académie algérienne de la langue amazighe à la Commission de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et des affaires religieuses.
Cette dernière, qui a associé à ses travaux des spécialistes en la matière, soumettra ainsi le projet de loi aux débats en plénière pour amendement ou enrichissement de la part des députés. Il faut rappeler que plusieurs départements ministériels avaient délégué des représentants dans les travaux préliminaires ayant abouti à la première mouture du projet de loi organique devant régir et codifier le fonctionnement de cette nouvelle institution d’importance et de dimension nationale.
C’est aussi là, estime-t-on, le couronnement de la revendication de la reconnaissance de tamazight langue nationale officielle par la Constitution. Un large débat, souvent passionné, a donc accompagné la réflexion sur l’Académie quant à ses composantes et son fonctionnement notamment.
S’il est entendu que cette institution sera rattachée à la présidence de la République et qu’elle aura une vocation scientifique ainsi qu’une autonomie en matière de finances, l’on tient aussi à la tenir à l’écart des desiderata politiques, voire idéologiques. Elle aura ainsi toute l’autorité en matière de référence pour toutes questions liées à la langue amazighe. Tous ses membres – une cinquantaine — seront nommés par le chef de l’Etat. Ils seront choisis parmi les experts aux compétences avérées dans les domaines des sciences du langage en rapport, bien sûr, avec la langue amazighe et les sciences connexes. Le niveau universitaire est exigé. L’article 13 du projet de loi en question stipule que le président de l’Académie sera nommé par le président de la République pour une durée de 4 ans et que l’institution disposera de d’organes tels qu’un conseil (instance suprême de l’Académie avec tous ses membres), un bureau (composé du président et de six membres élus par leurs pairs pour deux ans) et des commissions spécialisées.
Si d’aucuns pensent que ce projet de loi soumis à l’examen des parlementaires passera comme une lettre à la poste, rien n’est moins évident car les tenants de l’amazighité, militants de la première heure dans la revendication de tamazight, mettront certainement leur grain de sel et trouveront à redire sur certains aspects du projet de loi. Ainsi, estiment certains analystes, s’il est de bonne politique que le président doit être nommé au plus haut niveau dans une première phase, il doit être élu par ses pairs par la suite. Il en est de même pour les 50 membres qui la composent. Il y a aussi à redire quant à la qualité de rang «universitaire», il y va de la crédibilité de cette institution qui doit reposer sa crédibilité sur trois critères, nous dit-on : crédibilité, légitimité, élection car le président doit être élu par ses pairs. Les membres qui la composent doivent être choisis parmi les intellectuels brillants du pays et créateurs de langues. L’on trouve que la simple qualité d’«universitaire» devrait être remplacée par rang professoral, noyau de l’Académie. Il est souhaité, par ailleurs, que cette dernière soit entourée d’un maximum de crédibilité et pour ce faire, l’on devrait solliciter l’apport de spécialistes reconnus à l’international dans les sciences du langage, a fortiori amis de l’Algérie. Il reste que quels que soient les arguments développés dans l’enceinte du Parlement, c’est une nouvelle étape qui s’ouvre devant la langue amazighe et pas seulement puisqu’il est attendu sa promotion tel que signifié dans la loi.
Autorité de référence, l’Académie de la langue amazighe épargnera bien de spéculations et débats stériles dans la mesure où il faudra en référer à chaque fois lorsque la nécessité l’impose car ce sera sa vocation.
Brahim Taouchichet

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