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PROMESSES DU MINISTRE DU COMMERCE À PROPOS DU PRIX DES VIANDES Le scepticisme des professionnels

Publié par Massiva Zehraoui
le 13.02.2020 , 11h00
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Le ministère du Commerce a affirmé vouloir en finir avec les prix des viandes jugés trop élevés sur le marché national. Le premier responsable du secteur, Kamel Rezig, a tenté, par conséquent , de mettre la pression sur les éleveurs en les prévenant que s’ils ne daignent pas  baisser les prix, le gouvernement n’aura d’autre choix que d’importer des viandes des pays du Sahel, au lieu d’importer de la viande congelée.
Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - « Si la production des viandes est suffisante pour approvisionner le marché durant le Ramadhan, nous n’allons pas importer. Sinon, au lieu d’importer des viandes congelées, nous allons importer ces viandes des pays du Sahel », a-t-il déclaré. Dans ce registre, Kamel Rezig a invité les intervenants de la filière élevage de bétail à une rencontre, qui aura lieu le 18 février, et qui aura pour objet la signature d’une convention qui engagerait ces derniers à approvisionner le marché en viandes rouges à un prix maximum de 800 DA le kilogramme, pendant le Ramadhan.
De son côté, le ministre promet aux éleveurs de bénéficier de la protection de l’État. Cet accord implique également l’interdiction d’importer les viandes rouges dont celles congelées.
Ce dernier point a d’ailleurs été assez bien accueilli par les intervenants de la filière et même par certaines associations de protection et d’orientation des consommateurs, qui ont affirmé adhérer à ce projet qui consiste à prohiber l’importation des viandes congelées, notamment pour tous les risques qu’elles comportent.
De leur côté, les éleveurs ont également indiqué pouvoir approvisionner le marché sans problème, notamment durant le mois sacré du Ramadhan. Cela dit, sur la question de céder les viandes sur le marché à des prix ne dépassant pas les 800 et 900 DA le kilogramme, les acteurs du domaine ont affiché un certain scepticisme vis-à-vis de la faisabilité de la chose.
Et pour cause, comme l’ont expliqué des membres de la fédération des éleveurs, le prix dépend des soutiens accordés par l’État aux éleveurs. Les mêmes membres appellent, par ailleurs, les pouvoirs publics à doter les éleveurs des moyens nécessaires afin d’améliorer éventuellement le rendement et, de ce fait, pouvoir répondre aux besoins de la population en matière de viande. Si le marché est pleinement approvisionné, on évitera le recours à l’importation.
Chose, en tout cas, sur laquelle les responsables du département du commerce se montrent plutôt optimistes, en assurant que cela est parfaitement réalisable.
Les différents experts ont, cependant, signalé qu’il subsiste, à ce jour, un problème de production de viande d’origine bovine, et que l’État n’a mis en place aucun mécanisme nécessaire au traitement de cette problématique, qui traîne pourtant depuis de nombreuses années.
M. Z.

Amrani Brahim, membre de la fédération nationale des éleveurs :
«Un prix de 800 DA le kg de viande est inconcevable»

Le Soir d’Algérie : Le ministre du commerce invite les intervenants de la filière de bétail à signer un accord portant sur l’approvisionnement du marché en viande rouge à des prix raisonnables allant de 800 DA le kilo, qu’en pensez-vous ?
Amrani Brahim 
: En toute franchise, et même si je pense que le ministre a annoncé ça en connaissance de cause, il est tout à fait inconcevable de vendre le kilo de viande à 800 DA en sachant que le prix de revient pour le boucher dépasse déjà les 800 DA. Dans le mesure où la viande rouge est vendue par les éleveurs à un prix roulant entre 900 DA et 1 000 DA. On conviendra, par conséquent, que ce dernier en sortira perdant. Le boucher va payer un minimum de 800 DA le kilo sans parler du coût du reste des charges inhérentes au transport et au transfert de la carcasse, outre le fait de devoir régler des charges fiscales et parafiscales.

Quelle est votre position par rapport à la mesure annoncée par le ministère du Commerce quant à l’interdiction de l’importation des viandes rouges dont celles congelées ?
En tant que fédération, nous adhérons pleinement au projet de l’Etat portant sur cet aspect-là. Et pour cause, en matière de production de viande d’origine ovine, nous sommes largement autosuffisants, nous n’avons, de ce fait, aucune raison de recourir à l’importation. Je citerai l’exemple le plus édifiant, à savoir la période de l’Aïd el-Adha, période où l’on égorge beaucoup de têtes en une période de 24 heures seulement. Ce qui suffit à approvisionner le marché national pour une bonne période, aucun manque n’a d’ailleurs été signalé de ce côté-là.

Comment alors peut-on expliquer le phénomène de la spéculation qui touche particulièrement les prix des viandes rouges ?
Ce qu’il faut savoir, par rapport à cela, c’est qu’il y a une règle immuable. Le prix est toujours régulé par la production. Quand on produit beaucoup, les prix se stabiliseront et se maintiendront à une certaine limite. Dans le cas où l’on produit très peu, les prix vont naturellement flamber. En ce qui nous concerne, l’Etat a investi pour la création de 3 grands abattoirs qui sont censés être un élément très efficace pour la régulation des prix, mais malheureusement ils ne tournent pas, faute de gestion organisée. Je tiens à signaler que ces abattoirs ont été créés il y a 4 ans à peu près mais ne tournent pas à plein régime. Il revient aux responsables relevant des ministères du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture d’exercer leur influence sur les personnes qui s’occupent de gérer ces abattoirs.

A votre avis, quelles sont les solutions qui permettraient de stabiliser et de réguler les prix de la viande ?
A mon sens, on devrait d’abord s’organiser dans notre production et commercialisation. La solution est aux mains des personnes gérant les abattoirs, les éleveurs et les banques.
Si ce triptyque arrive à travailler en harmonie, bien des problèmes seront résolus. Les banques doivent faciliter l’accès aux crédits pour les éleveurs qui, à leur tour, devront destiner leurs produits directement aux abattoirs.
Je reste convaincu que si ce triptyque marche, on mettra un terme définitif à la spéculation.
Bien sûr, je ne dis pas qu’on mettra sur le marché une viande rouge ovine qui sera cédée à 800 DA le kilo, pour des raisons que j’ai citées plus haut, mais une chose est sûre, cela nous permettra de maîtriser et d’influencer les prix de la viande.
M. Z.

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