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ORAN Le virus se propage de plus en plus parmi les familles

Publié par Amel Bentolba
le 23.05.2020 , 06h00
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Selon l’OMS, on considère que le virus du Covid-19 a une capacité de contagion particulière. Une personne atteinte va en moyenne contaminer 2,3 personnes non malades, expliquait ce jeudi le docteur Youcef Boukhari, chef de service de la prévention à la DSP, lors de son intervention sur les ondes de la radio locale. Alors qu’en est-il lorsque la personne contaminée est en contact avec sa famille ? Cela donne pour l’heure le chiffre de 28 familles atteintes du coronavirus, dira l’intervenant.
Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Le Dr Boukhari rappelle qu’au début de l’apparition du virus à Oran, il était importé, c’est-à-dire que « nous avions des cas venus contaminés par le virus de l’étranger. Depuis la fermeture des aéroports, le virus est devenu autochtone, les cas sont devenus nationaux, internes et touchent des familles ».
Un constat est à relever, selon l’intervenant, depuis ces 20 derniers jours, les cas positifs sont devenus familiaux et pas seulement individuels comme au début. Aujourd’hui, le virus peut être présent dans une même famille. «Selon nos statisques, nous avons recensé 28 familles dont le virus s’est propagé à tous ses membres, dont le nombre varie entre 4 et 9 personnes». Il ajoute : «Aujourd’hui par exemple (21 mai) nous avons enregistré une famille de 13 membres parents, enfants, oncles tantes…».
Ce qui est inquiétant c’est que beaucoup circulent à Oran en étant porteurs du virus mais ils ne le savent pas, ce qui provoque ces cas de contamination familiale.
Ce jeudi, jour de l’encaissement des pensions, a vu une affluence sans précédent sur les bureaux de poste, un constat auquel a assisté le Dr Boukhari. «Si on se déplace à la poste St-Charles, on dirait que le corona n’existe pas à Oran, tous collés les uns aux autres. La majorité des personnes présentes, soit près de 80%, ne portent pas les bavettes», déplore-t-il.
Le professionnel de santé avertit : «Dites-vous qu’à dater d’aujourd’hui comptez 14 jours et on verra apparaître des cas et des cas nombreux, sachant que ces personnes sont âgées et ont pour la plupart des maladies chroniques».
Le Dr Boukhari ne comprend pas pourquoi l’on n’a pas réfléchi à une solution pour organiser l’affluence des retraités, en s’appuyant par exemple sur des solutions par ordre alphabétique.
Concernant les mesures prises pour l’Aïd avec le port obligatoire du masque, certes cela aidera à réduire la contamination, mais qu’en est-il pour ce jeudi jour de l’encaissement des pensions et le vendredi, lorsque les postes seront ouvertes et samedi si l’Aïd est pour dimanche ? s’interroge-t-il. Jusque-là, près de 1790 tests rapides ont été effectués révélant des cas positifs et d’autres négatifs, des tests qui vont se poursuivre samedi au niveau de deux quartiers qui suscitent l’inquiétude chez les professionnels de santé. «Nous avons deux quartiers où il y a des craintes, ce sont Haï Belgaïd et Kouchet-el-Jir, des quartiers populaires, où l’on a relevé des cas».
A signaler que ce jeudi, Haï Belgaïd a vu le lancement de la campagne de distribution gratuite de près de 19 000 masques. Au cours de la semaine, Oran recevra un quota de 250 000 masques en vue d’être distribués dans toute la wilaya.
Pour le professeur Lellou, le constat des contaminations au sein de toute une famille est avéré : «Nous avons remarqué l’arrivée de cas de contamination de familles et ainsi nous avons des hospitalisations en famille : père, mère, enfants.» Toutefois, il explique que dans la majorité des cas, les malades arrivent à l’hôpital dans un état stable et ne présentent pas de gravité ou de complication. Il souligne que pour les enfants, les symptômes sont moins présents, même s’ils sont porteurs du virus comme chez d’autres cas d’adultes asymptomatiques.
Jusqu’au 21 mai 2020, Oran comptait 498 cas confirmés de coronavirus, parmi lesquels l’on compte plus de 30 médecins et infirmiers contaminés, révèle le Dr Boukhari. L’on déplore à ce jour 17 décès.
Au début de l’épidémie, les 6 centres hospitaliers consacrés aux malades atteints du Covid-19 recevaient des cas par quartier, aujourd’hui ils en reçoivent par familles, des personnes qui n’étaient pas à l’étranger. La crainte s’oriente à présent sur les conséquences d’un éventuel relâchement les deux jours de l’Aïd où beaucoup de familles vont être en contact entre elles. D’où l’importance de répéter plus qu’il n’en faut l’urgence des gestes barrières, de la distanciation sociale et du port du masque.
A. B.

3 cas de divorce d’infirmières exerçant dans la santé publique
Comme si la crise sanitaire de Covid-19 ne suffisait pas à elle seule pour créer un malaise au sein de la société qui tente de s’adapter avec la situation, les femmes restent plus particulièrement impactées par les crises, quelles qu’elles soient. Il s’agit là des femmes travailleuses dans la santé publique dans le médical et le paramédical.
Depuis plus de deux mois, elles sont obligées, pour une grande majorité, de ne pas rentrer chez elles dans un premier temps pour rester mobilisées auprès des malades et enfin pour ne pas risquer de contaminer leurs proches. Nombreuses sont les médecins et les infirmières à séjourner dans des hôtels proches de leurs lieux de travail et n’ont pas vu leurs proches depuis deux mois.
Si pour la majorité des cas, le mari se montre compréhensif, voire même fier de ce que son épouse accomplit comme sacrifice, cela n’est malheureusement pas le cas pour tous.
Ce jeudi lors d’une émission sur la radio locale, le docteur Youcef Boukhari, chef de service de la prévention à la DSP, a fait savoir que 3 infirmières exerçant dans la santé publique ont été surprises d’apprendre que leurs époux les avaient répudiées. Un divorce en lien avec leur réquisition dans les services Covid-19 et leur absence du foyer familial. Ceci est profondément désolant pour ces femmes qui n’ont commis aucun tort à part celui d’accomplir leur mission et de veiller sur les patients atteints du coronavirus.
Ce qui a amené le docteur Boukhari à rappeler à la population indifférente aux mesures de prévention, qu’il existe cette armée blanche qui se sacrifie pour eux et risque sa santé et sa stabilité familiale pour veiller sur eux.
Pour lui, il est plus que judicieux et équitable de leur rendre la pareille en respectant les règles de confinement, de distanciation et de prévention afin que tous ces sacrifices du personnel de santé ne soient pas vain.
Amel B.

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