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Un mandat d’arrêt a été officiellement lancé à leur encontre Les affaires Bouchouareb et Chakib Khelil entre les mains d’Interpol

Publié par Abla Chérif
le 03.11.2019 , 11h00
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Les affaires de Abdeslam Bouchouareb et Chakib Khelil se trouvent, désormais, entre les mains d’Interpol. Les deux anciens ministres ont fait officiellement l’objet d’un mandat d’arrêt international à la fin de la semaine écoulée.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Et si l’opération a pris un certain temps, explique-t-on, c’est en raison de la «lenteur des procédures à mettre en œuvre avant d’arriver à lancer un mandat d’arrêt international». Dans le cas de ces deux anciens hauts responsables, il a d’abord fallu passer par la programmation des dossiers, dans une conjoncture où les affaires liées à la lutte anti-corruption se sont accumulées de manière incroyable, et en très peu de temps, puis transmettre des convocations auxquelles les deux mis en cause n’ont pas répondu, deux fois de suite. 
Pour justifier leur absence, ces derniers ont, chacun de son côté, et sur conseil d’experts en matière juridique, transmis des justificatifs. Les prétextes de l’un comme de l’autre se ressemblaient dans le fond puisqu’ils ont, chacun à sa manière, mis en avant des problèmes de santé psychologique les empêchant de voyager. Chakib Khelil a transmis un certificat médical attestant qu’il était suivi pour des soins psychologiques. Ce qu’a fait aussi Abdeslam Bouchouareb mais en poussant plus loin. Celui-ci, nous dit-on, s’est transformé physiquement de manière à être méconnaissable. 
Selon les procédés usités dans de telles situations, la justice algérienne a réagi en demandant des expertises. A la fin de l’été, des sources proches du dossier ont fait savoir qu’il était question de dépêcher des spécialistes. Plusieurs juristes contactés alors par Le Soir d’Algérie ont estimé les procédés utilisés par les deux anciens ministres comme étant «inutiles dans le fond car ils ne servaient qu’à gagner du temps et retarder une procédure. Un traitement tel que celui qu’ils ont décrit ne peut durer indéfiniment». L’expertise demandée par Alger a-t-elle conclu à un faux ? Même si la question demeure sans réponse officielle, l’issue de la procédure déclenchée par la justice algérienne n’en demeure pas moins éloquente puisqu’elle a conclu à la nécessité de lancer ce fameux mandat d’arrêt international. 
Dans le cas de Abdeslam Bouchouareb, il contient la nature des charges pour lequel il est poursuivi. Il s’agit « d’octroi d’indus avantages lors de passation de marchés, abus de fonction, conflit d’intérêt, corruption lors de passation de marchés publics, dissipation de deniers publics et blanchiment d’argent ». 
Sur ce dernier point, nous dit-on, la majorité des pays européens ont pour habitude de se montrer très fermes, intransigeants puisqu’ils sont tous signataires de la convention de New York qui condamne ce genre d’agissements. 
C’est l’une des raisons pour laquelle la justice algérienne semble très optimiste quant à l’issue de la demande d’extradition introduite. Son évolution auprès des pays concernés a, en tout cas, été rapide. 
Selon la procédure en vigueur, le ministre de la Justice du pays demandeur transmet sa requête à son gouvernement qui la transmet, à son tour, au gouvernement du pays où se trouve la personne recherchée. 
Ce dernier la transmet, ensuite, à son ministre de la Justice qui saisit un procureur général, lequel saisit Interpol.  Les services de cette institution transmettent, enfin, le signalement des concernés à tous les services de sécurité. 
Abdeslam Bouchouareb et Chakib Khelil peuvent désormais être arrêtés à tout moment, sauf dans un cas précis, celui où ils auraient effectivement introduit une demande d’asile politique,  tel que le laissaient entendre certaines informations, il y a quelques semaines. Dans ce cas présent, toute poursuite reste suspendue jusqu’à acceptation ou rejet de la demande introduite.
A. C.

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