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Procès des frères Kouninef Les avocats passent à l’offensive

Publié par Karim Aimeur
le 28.12.2020 , 11h00
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Le procès en appel des frères Kouninef et du gérant de leur groupe CouGC, Kaddour Ben Tahar, s’est poursuivi, hier dimanche, à la cour d’Alger avec les plaidoiries des avocats de la défense qui ont demandé l’acquittement des accusés, contre lesquels le procureur général avait requis de lourdes peines de prison allant de 10 à 18 ans.
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Ce n’est que dans l’après-midi que les avocats des frères Kouninef ont entamé leurs plaidoiries, durant lesquelles ils ont tenté d'établir l'innocence de leurs clients et demandé leur acquittement. Les avocats de la défense ont rejeté toutes les accusations à l'encontre des membres de la famille Kouninef, démentant que leur fortune a été amassée grâce à leur proximité avec les centres du pouvoir durant le règne de Bouteflika.
« L'instruction visait à confirmer les rumeurs colportées sur les réseaux sociaux et les articles de presse qui ont présenté la famille Kouninef comme des prédateurs qui voulaient s'accaparer les richesses nationales. L'instruction n'est pas faite pour révéler la vérité, mais pour confirmer les rumeurs », a commencé par affirmer Me Chaïb, selon lequel des informations et des documents ont disparu du dossier. Il a indiqué que la société CouGC avait participé à 262 avis d'appel d'offres nationaux et internationaux, et n'avait remporté que 23 marchés. « Comment une société qu'on disait proche du pouvoir et qui désignait des ministres n'avait eu que ce faible taux de 10% des marchés ? » a-t-il lancé.
Le même avocat a soutenu, en citant des déclarations, que d'anciens dirigeants de banques publiques auraient faites, que tous les crédits bancaires obtenus par les frères Kouninef l'étaient après présentation de garanties, et que leurs entreprises ont respecté leurs engagements vis-à-vis de ces banques.
L'orateur a précisé que les déclarations des responsables de ces banques ne figurent pas dans le dossier. Sur sa lancée, l'avocat a défendu ses clients en soulignant qu'il n'y a aucune preuve que les accusés ont transféré les devises illégalement. « Ils ne possèdent ni de comptes ni de biens à l'étranger. Il n'y a pas de surfacturation ni de transfert illégal de devises », a-t-il dit. Les plaidoiries se sont poursuivies jusqu'en fin de journée. La séance du matin a été marquée par les plaidoiries des avocats des anciens cadres de l’Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (Aniref), poursuivis pour « abus de fonction » et « octroi d’indus avantages », à leur tête l’ancienne directrice générale de l’agence, Hassiba Mekraoui.
Les avocats de cette dernière, citée dans l’affaire de l’octroi des projets de parcs industriels de Ksar Boukhari et Aïn Oussera à trois entreprises dont le groupe CouGC, ont plaidé son innocence, en expliquant qu’elle n’était pas à l’origine de l’établissement du cahier des charges sur la base duquel les projets ont été attribués.
Me Boumahdi a expliqué que le cahier des charges a été établi par une commission sectorielle des marchés publics et non pas par l’accusée. Il a ajouté que les projets ont été attribués suite à un avis d’appel international « sur décision du Premier ministre (…) Hassiba Mekraoui exerçait sous le contrôle continu du responsable administratif, et le cahier des charges qu’elle a signé a été approuvé par la commission sectorielle », a-t-il dit. Un autre avocat de la même accusée a soutenu que le processus ayant conduit à l’établissement du cahier des charges a été long et régulier, ajoutant que « toutes les conditions contenues dans le code des marchés publics ont été respectées » dans l’octroi des marchés.
Rappelons que le procureur général avait requis une peine de 18 ans de prison ferme, assortie d'une amende de 8 millions de DA à l'encontre de Rédha Kouninef.
Une peine de 15 ans de prison ferme, assortie d'une amende de 8 millions de DA, a été également requise contre Karim-Abdelkader et Tarek-Noah Kouninef, alors qu'une peine de 10 ans de prison ferme assortie d'une amende de 8 millions de DA a été requise contre Kaddour Ben Tahar.
Ces accusés sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation liés à la corruption, à savoir «trafic d'influence», «blanchiment d'argent», «obtention d'indus avantages», «détournement de foncier et de concessions», et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics», en plus du «financement occulte de partis politiques».
K. A.

 

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