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ÉCONOMIE INFORMELLE Les cours de la devise s’enflamment

Publié par Belkacem Bellil
le 07.10.2019 , 11h00
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C’est une situation inédite et inexpliquée que vit actuellement le marché informel de la devise en Algérie. Les cours renouent fortement avec la progression. L’euro, principale monnaie de référence sur les places fortes de cette importante activité financière informelle, vient de gagner 10 DA en moins d’une semaine, il passe désormais de 193 à 203. Et la tendance haussière ne semble pas s’arrêter en si bon chemin.
Une flambée qui reste pour les « professionnels » de ce business florissant, inexpliquée, dès lors que les facteurs pouvant justifier cette évolution ne sont pas réunis : fin des vacances, de la campagne hadj, net recul des déplacements des particuliers du fait des restrictions dans la délivrance des visas, etc. D’autres indices peuvent également être pris en considération et qui sont censés militer plutôt en faveur d’une poursuite de la baisse amorcée, paradoxalement, en pleine période estivale.
Il s’agit des difficultés qu’ont certains passeurs à faire transiter par les aéroports d’importantes sommes en devise vers, notamment, Dubaï, Istanbul ou encore le Canada, l’immobilisme économique ambiant et, surtout, le strict contrôle imposé sur les demandes de transfert d’argent au niveau des banques pour le paiement de marchandises importées, après le scandale des surfacturations et les enquêtes judiciaires des services de sécurité.
Une situation aléatoire inédite
Autant d’éléments qui devraient, en temps normal, déterminer l’équation de l’offre et de la demande et apporter une explication à toute fluctuation boursière. Mais, force est de constater sur le terrain qu’il n’en est rien de tout cela. Le marché parallèle semble aujourd’hui obéir à de nouvelles considérations que les cambistes n’arrivent pas encore à maîtriser.
Au square Port-Saïd, principale place boursière du change parallèle, le mouvement de foule des manifestants en ce jour anniversaire des évènements du 5 Octobre 1988 n’a guère perturbé la quiétude des cambistes exhibant leurs liasses de dinars et de monnaies étrangères.
La trentaine à peine entamée, Rafik n’hésite pas à apostropher les clients potentiels à la recherche de l’euro ou du dollar. « Il faut en profiter, lancera-t-il à qui veut l’entendre, avant que les taux n’atteignent des niveaux encore plus élevés », il précisera qu’il y a deux jours, on échangeait la monnaie européenne en dessous des 200.
Questionné sur les raisons de cette relance, il nous rappelle que « je suis cette activité depuis 6 ans et c’est la première fois que j’assiste à une situation aussi aléatoire ». Pour lui, le marché est en ce moment marqué par un phénomène inexpliqué, un recul à la fois de l’offre et de la demande, et une hausse injustifiée du taux de change.
Autre place boursière, autre explication. Au marché Clauzel, les boutiques de vêtements et chaussures font office en même temps de bureau de change en accueillant, à longueur de journée, des clients de toute catégorie socioprofessionnelle, aussi bien des nationaux que des étrangers, les uns pour vendre, les autres pour acheter.

Les véhicules de moins de 3 ans, un facteur déterminant
Salah, un « ancien » de la filière italienne, nous tient un discours à l’opposé de son collègue du square Port-Saïd. Pour lui, la hausse du taux de change était prévisible en raison « de la rareté de la devise suite à l’assèchement des sources d’approvisionnement, qu’étaient les barons de l’importation qui injectaient des montants colossaux ». Il ajoutera, aussi, que l’instabilité politique et économique du pays peut expliquer en partie la timidité actuelle dans les opérations et la surenchère sur les quantités réduites qui alimentent encore les transactions.
Ce cambiste chevronné estime, toutefois, que la décision de relancer les importations des véhicules de moins de 3 ans a eu un effet important et certain sur ce retour à la croissance du taux de change.
Il est donc attendu que cette évolution va se poursuivre au moins jusqu’à l’entrée en vigueur de cette mesure au début de l’année prochaine, sachant que les personnes intéressées ont commencé déjà à se préparer et à rassembler les montants nécessaires à l’achat de ces véhicules d’occasion, dans l’attente des procédures d’application.
Au delà, il est probable qu’une période de flottement pourrait intervenir en fonction du niveau d’engouement des citoyens pour cette disposition.
Autant dire que le citoyen continuera à subir les retombées négatives d’une gestion improvisée des différents secteurs de la société par le gouvernement.
B. Bellil

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