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«Nous n’avons jamais dit non au service national» Les médecins résidents répondent à Ouyahia

Publié par Nawal Imès
le 16.04.2018 , 11h00
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C’est la seconde fois que le Premier ministre évoque le conflit entre médecins résidents et ministère de tutelle. Ahmed Ouyahia confirme qu’il n’est pas question de supprimer le service civil ni de dispenser les médecins spécialistes du service militaire. Les résidents rétorquent qu’ils n’avaient jamais demandé à en être dispensés. Ils doivent rencontrer cet après-midi le ministre de la Santé.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Ahmed Ouyahia, animant samedi une conférence de presse, n’a pas manqué d’évoquer le bras de fer qui oppose résidents et ministère de la Santé. Il a qualifié les résidents d’étudiants, ce qui est loin d’être du goût de ces derniers.
Dr Mohamed Taïleb, porte-parole du Camra, s’étonne de ces propos, estimant qu’après sept années d’études supérieures, des heures de travail dans les hôpitaux, une responsabilité légale, les résidents ne pouvaient être considérés comme de simples étudiants.
Ouyahia affirmait également que «nos enfants, il ne faut pas qu’ils oublient qu’ils étudient avec les impôts du peuple». Une déclaration qui a enflammé les réseaux sociaux. Sur la page officielle du Collectif autonome des résidents algériens, les concernés rappellent au Premier ministre que les études universitaires sont gratuites pour tous.
En évoquant les revendications du Collectif, le Premier ministre affirmait que «le service national est un devoir national», laissant croire que les médecins spécialistes avaient demandé à en être dispensés. Faux ! rétorque le Dr Taïleb qui affirme que les médecins résidents n’ont jamais formulé cette demande, s’interrogeant sur le pourquoi de ces affirmations dans un contexte encore marqué par le crash de l’avion. Ce que demandent les résidents, affirme le Dr Taïleb, c’est l’égalité de traitement face au service militaire, ajoutant que les résidents étaient conscients que le service national était un devoir national.
Concernant le service civil, le Premier ministre confirme le refus du gouvernement de l’abroger. «Logiquement, nous refuserons, à travers ce ministre ou un autre, une désertification médicale en Algérie», affirme Ouyahia. Là aussi, les résidents répondent que c’est le caractère obligatoire de ce dernier qu’ils veulent abroger puisque, affirme le Dr Taïleb, «la répartition actuelle des médecins n’a pas permis de régler le problème de couverture sanitaire. Il y a des inégalités au niveau des moyens, des structures et des budgets. Cela a créé des zones de second degré où les citoyens dépendent uniquement du service civil».
Ahmed Ouyahia avait conclu en affirmant que le ministère de la Santé n’avait pas fermé les portes du dialogue aux médecins résidents et dit «espérer que l’intérêt du peuple prédominera les discussions entre les deux parties».
Résidents et ministre de la Santé se rencontrent cet après-midi avec à l’ordre du jour, la poursuite des discussions autour des revendications en suspens et l’installation de la commission mixte devant ouvrir le dossier du statut du résident.
N. I.

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