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Rapport de la LADH 2017-2018 : Harragas, inflation, corruption, grèves, libertés… Les pouvoirs publics à l’index

Publié par Brahim Taouchichet
le 13.08.2018 , 11h00
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La Ligue algérienne des droits de l’Homme, de maître Mokhtar Bensaïd, vient de rendre public son rapport biannuel 2017-2018 sur 13 pages. Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère quant aux atteintes répétées des droits de l’Homme et les libertés publiques, d’expression et de conscience en Algérie. D’ailleurs, le ton est donné dès l’entrée en matière de ce rapport qui s’articule autour de quatre chapitres portant sur les libertés publiques ; les volets politique et juridique; économique et social ; la migration (harraga) et le droit d’asile.
«La situation actuelle démontre que les aspirations du peuple algérien se heurtent à une réalité faite d’inquiétudes quant à ses acquis et ses espoirs en l’absence d’un système démocratique véritable, l’opacité ambiante, l’absence de transparence, le régionalisme qui prend de l’ampleur, la corruption, l’inégalité devant la loi et l’accentuation des inégalités dans la société algérienne.»
Selon ce rapport, le volet des libertés publiques est peu reluisant. La LADH souligne, avec un profond regret, que pour les deux années 2017-2018, il y a un net recul dans l’exercice effectif de ces libertés. Il en est ainsi des restrictions de la liberté d’expression avec l’emprisonnement de journalistes et de citoyens poursuivis en justice du fait de leurs opinions sur les réseaux sociaux.
Le rapport indique que l’état d’urgence est en réalité toujours en vigueur malgré sa levée officielle. La LADH revient sur l’attente de la promulgation de la loi organique prévue par l’article 188 de la Constitution qui permet à la défense de dénoncer l’anti-constitutionnalité de n’importe quelle loi devant la cour. Il en est d’ailleurs de même pour tout projet de révision de loi sans consultation des concernés et des autres partenaires dont l’Union nationale des avocats, c’est le cas pour le projet de loi sur la justice militaire promulgué en 1971. A ce propos, la Ligue des droits de l’Homme exige l’abrogation de l’article 157 du projet de révision parce qu’il constitue une «violation flagrante des droits de la défense prévus par la Constitution». Au plan économique et social, le rapport de la LADH souligne que la baisse drastique du prix du pétrole met à jour la vision à courte vue des pouvoirs publics dans la politique économique mise en place qui s’avère incapable de faire face à la crise à moyen et long terme. Quant à l’indépendance énergétique, il est noté le retard dans le transfert technologique attendu pour la mise en place des énergies de substitution.
Le rapport constate avec un profond regret la politique d’austérité contenue dans le projet de loi de finances qui a des conséquences néfastes sur le citoyen et l’inflation induite par le recours à ce qui est appelé le financement traditionnel (planche à billets). La montée des contestations sociales et syndicales, la grève des médecins résidents et des enseignants, selon le rapport, sont dus justement à ces décisions.
La LADH, indique le rapport, lance un appel pressant aux autorités afin qu’elles revoient leur politique économique et sociale à la lumière des défis démographiques à l’horizon 2030.
L’autre volet abordé par le rapport biannuel de la LADH concerne le non moins épineux dossier des migrations clandestines venant du Sahel et des harragas algériens vers l’Europe. La Ligue se désole de ce phénomène et de l’incapacité des pouvoirs publics de trouver les solutions idoines à ce fléau qui prend de plus en plus d’ampleur, et à prendre en charge l’aspect juridique des problèmes posés par les Algériens qui se retrouvent en situation irrégulière en pays étrangers et s’atteler à traiter les causes, de s’attaquer aux réseaux criminels de la traite des personnes, de la mendicité, la prostitution, la drogue et les groupes armés.
Ainsi, s’il est un constat sans complaisance sur les réalités criantes d’injustice comme le respect des libertés, la paupérisation de larges couches de la société et les discriminations auxquelles elle donne lieu, les phénomènes extra-territoriaux comme les migrations clandestines, les harragas, etc., le rapport de la LADH 2017-2018 ne fait pas dans l’alarmisme et en appelle plutôt à la clairvoyance et au sens de responsabilités des pouvoirs publics dans les grands dossiers, pourtant épineux, abordés.
B. T.

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