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Prix des produits alimentaires

Les raisons d’une incontrôlable flambée

Après une brusque disparition des étals, vers la mi-novembre dernier, des produits alimentaires de large consommation, les pâtes notamment, ont refait surface dans les commerces un peu partout à travers le pays, mais à quels prix ! Un fait qui ajoute un peu aux malheurs du ministère du Commerce qui n’en finit plus de se faire déborder par les «dossiers» de produits de large consommation qui, lorsqu’ils ne disparaissent pas, se mettent à atteindre des prix prohibitifs pour la bourse de la majorité des Algériens.
Les temps sont on ne peut plus durs pour le consommateur algérien soumis, d’une part, à la merci de spéculateurs, selon le ministère du Commerce, et eu égard à la tendance à la hausse depuis plus d’une année des prix du blé tendre importé, d’autre part. De plus, la chaîne a été totalement perturbée par la crise sanitaire qui, entre autres, a induit une hausse des coûts à l’importation, les coûts de transport plus particulièrement. Le tout, pour ce qui est de l’exemple des pâtes alimentaires entre autres, s’est répercuté sur les prix au consommateur. Des prix au détail qui se sont carrément envolés ces dernières semaines, fait également expliqué par la diminution de la production nationale en raison de la fermeture d’usines dont les propriétaires sont impliqués dans les affaires de corruption qui s’entassent sur les bureaux de la justice. Ce n’est pas la crise alimentaire que la FAO, l’Organisation onusienne pour l’agriculture et l’alimentation, disait craindre après le début de la propagation de la pandémie de coronavirus, mais ce sont là quelques effets de cette potentielle crise qui rattrapent dans une certaine mesure l’Algérie.
Les marchés des produits alimentaires, dès le mois de mars de l’année dernière, avaient commencé à subir une situation d’urgence absolue, comme le révélait un communiqué de la FAO, qui faisait état déjà de la crainte de ce que l’on vit ces derniers jours en Algérie : une flambée des prix des produits alimentaires. Une hausse des prix alimentée par ce que l’organisation onusienne appelait «les achats paniques», des millions de personnes se ruant sur les étals des produits alimentaires à travers tous les pays, ce qui faisait redouter que les grands importateurs privés ou les gouvernements emboîtent le pas aux consommateurs en se ruant sur les denrées de base, sur fond de crainte de pénuries dans les prochains mois. «Il ne s’agit pas d’un problème d’offre, mais plutôt d’un changement de comportement vis-à-vis de la sécurité alimentaire», expliquait alors un économiste en chef à la FAO, tout en se voulant rassurant sur l’état des stocks mondiaux de blé, à un moment d’ailleurs où l’Algérie s’illustrait, d’une part, par ses appels d’offres sur les marchés et, de l’autre, décidait d’interdire à l’exportation une liste de produits alimentaires, tels la semoule, la farine, les pâtes alimentaires, les légumes secs et le riz, les huiles, le sucre, le café, l’eau minérale, le concentré de tomates, les préparations alimentaires, tous les produits laitiers, y compris ceux destinés aux enfants, les légumes et les fruits frais.
Aujourd’hui, le constat est implacable quant au «dérèglement» du marché des produits, notamment alimentaires, au niveau des prix qui, pour certains produits, sont d’un excès qui fait friser la panique, tant le pouvoir d’achat des Algériens en pâtit encore un peu plus.
Selon Mustapha Zebdi, le président de l’Association algérienne de protection des consommateurs, ces surprenantes hausses de prix «dépassent dans certains cas 40%» et sont délibérément provoquées et, surtout, font craindre que d’autres produits suivent la même tendance, au vu et au su des autorités du pays, à commencer par le ministère du Commerce qui, lui, impute la hausse des prix des denrées alimentaires et de certains produits de large consommation à la spéculation et à la rareté. Alors que de son côté, Khaled Belbel, président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FNA), affiliée à la Confédération algérienne du patronat (CAP), a expliqué la hausse des prix des pâtes alimentaires en mettant en cause «le monopole de certains opérateurs qui en profitent pour multiplier leurs bénéfices». En tous les cas, une chose est certaine : il y a urgence à ce que l’ordre soit remis. Et cela incombe à l’État.
Azedine Maktour