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SOUS SCELLÉS DEPUIS LE 15 JUIN Les travailleurs de Safia-Cogral SPA veulent sauver leur entreprise

Publié par Rym Nasri
le 05.08.2019 , 11h00
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Privés de leurs salaires depuis plus de deux mois, les travailleurs de l’entreprise Safia du groupe Cogral SPA, ex-Sogedia, ont entamé un mouvement de protestation depuis le mercredi 31 juillet. Ils appellent ainsi à la remise en production de leur société sous scellés depuis le 15 juin dernier.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Les travailleurs de l’entreprise Safia du groupe Cogral SPA, ex-Sogedia, sont sortis hier dimanche dans la rue. Vêtus de t-shirts verts ornés du sigle de l’entreprise, une centaine de protestataires ont investi les abords de la route de l’ALN jouxtant l’entreprise, dans la commune de Belouizdad. Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit : «Comptes bloqués : familles menacées», «Oui pour la lutte contre la corruption, non à la fermeture des entreprises», «Salaires bloqués : avenir incertain», … Certains automobilistes n’hésitaient pas à klaxonner en guise de soutien aux contestataires.
«La société est en arrêt depuis le 15 juin dernier et les travailleurs n’ont pas eu leurs salaires depuis maintenant plus de deux mois», souligne la responsable de qualité à l’entreprise.
Selon cette ingénieure en chimie industrielle, la situation des travailleurs est aujourd’hui «grave» et leur avenir «flou». «C’est très pénible de rester sans salaire d’autant que nos salaires sont minables», ajoute-t-elle, avant de conclure : «Nous demandons nos salaires. L’Aïd el-Adha approche et la rentrée scolaire s’annonce.»
Sous scellés depuis le 15 juin dernier, la société Safia du groupe Cogral SPA est à l’arrêt depuis plus d’un mois et demi. «Suite à l’arrestation de Kouninef, l’actionnaire de Cogral, la société est à l’arrêt et les travailleurs ne perçoivent plus leurs salaires», précise un employé de cette entreprise. Selon lui, l’entreprise a été mise sous scellés juste après le passage de la police économique pour établir l’inventaire.
Depuis, poursuit-il, les actions des travailleurs se sont intensifiées. «Le syndicat de l’entreprise affilié à l’UGTA a saisi le juge d’instruction, la police économique ainsi que le ministère de l’Industrie mais toutes ses démarches sont restées sans réponse.»
Livrés à eux-mêmes, les travailleurs de Safia avaient décidé, ainsi, d’entamer un mouvement de protestation le 31 juillet dernier. Ils visaient à sensibiliser les institutions concernées notamment les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de l’Industrie. Ils comptent, toutefois, observer, demain mardi, un sit-in avec leurs familles devant leur entreprise ou bien alors devant le ministère de la Justice.
«Nous demandons nos salaires qui sont d’ailleurs minables. Nous sommes des pères de famille et la plupart d’entre nous ne dépassent pas les 35 mille dinars par mois», lance un protestataire.
Et à un autre d’enchaîner : «Ce n’est pas une supérette pour la fermer du jour au lendemain. C’est une entreprises qui emploie 350 travailleurs.»Venu de Batna, Abdelkader fait partie des plus anciens des employés. Il a rejoint la société en 1989. «Ce sont toujours les travailleurs qui payent la facture», tonne-t-il. Il assure qu’il n’est pas rentré chez lui depuis deux mois. «Au téléphone, mes enfants me réclament en pleurs mais avec quoi je me rendrai au bled ? » s’indigne-t-il. Et à son collègue d’intervenir : «Il faut qu’ils nous trouvent une solution !»
Abdelkader n’est pas un cas isolé. Plusieurs travailleurs de Safia viennent de différentes wilayas du pays. Travail oblige, ils résident dans des hôtels à Belouizdad. Aujourd’hui, ils se retrouvent à la rue. «Ils ne peuvent plus payer le loyer de leurs chambres», explique un protestataire.

Pour la remise en production de l’entreprise !
Les travailleurs de Safia-Cogral SPA appellent également à la remise en production de l’entreprise. «Depuis la fermeture de la société, des produits finis sont laissés à l’abandon à l’intérieur. Ce sont des milliards de centimes», déplore Tahar, employé de Safia.
Il regrette, également, l’arrêt du projet de raffinage dont la mise en œuvre était prévue pour le mois de septembre prochain. «Pourtant, il ne reste que 10% des travaux de réalisation», note-t-il. Dotée d’une capacité de production de 360 tonnes d’huile par an, «cette raffinerie devait couvrir 45% du marché national», détaille-t-il encore.
Ry. N.

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