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63e anniversaire du congrès de la Soummam L’histoire convoquée pour le présent

Publié par Karim Aimeur
le 21.08.2019 , 11h00
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De notre envoyé spécial à Ifri,
Karim Aimeur

Le site abritant les travaux du Congrès de la Soummam à Ifri Ouzelaguene (Béjaïa), le 20 août 1956, a vécu des moments historiques, hier mardi, à l’occasion de la célébration du 63e anniversaire du congrès qui a doté la Révolution de 1954 d’une direction et d’un projet de société pour l’Algérie indépendante.
Intervenant au cœur de la Révolution du 22 février, la célébration était un moment chargé d'émotion. A l’entrée, des banderoles annoncent la couleur. « Pour un processus constituant souverain » et « Pour la levée des restrictions sur les libertés collectives et individuelles », lit-on sur deux d’entre elles.
L’assistance nombreuse a repris le slogan « Pour un Etat civil et non militaire », lancé chaque vendredi depuis le début de la mobilisation nationale contre le système politique, et les intervenants ont rappelé, tour à tour, que l’un des principes fondamentaux adoptés lors du Congrès de la Soummam était « la primauté du civil sur le militaire ».
Les citoyens venus commémorer cet évènement ont exprimé également le rejet des élections avec « les bandes », dénoncé le Panel de médiation et de dialogue de Karim Younès et réclamé la libération des détenus d’opinion, à leur tête le moudjahid Lakhdar Bouregaâ et les jeunes incarcérés pour avoir porté l’emblème amazigh. Ici, sur ces lieux historiques, le drapeau amzigh a flotté, hier, fièrement à côté du drapeau national sans qu’aucune sensibilité soit heurtée. Et dans ce contexte révolutionnaire, les officiels se sont abstenus de faire le déplacement, certainement avertis que les citoyens ont décidé d’empêcher leur venue sur les lieux. Sur les hauteurs de la Soummam, le moment était au recueillement à la mémoire des martyrs de la Révolution et des hommages appuyés ont été rendus aux artisans du congrès, à leur tête Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi et Krim Belkacem. Une minute de silence a été observée à la mémoire de tous les martyrs de la guerre d’Algérie et ceux de la démocratie, après l’indépendance. Pour marquer cette journée, les partis de l’Alternative démocratique, à savoir le FFS, le RCD, le PLD, l’UCP, le PST, le MDS, le PT et la Laddh, ont décidé, à l’initiative du FFS, de commémorer l’évènement en organisant un meeting sur place.
Tous les intervenants ont lié le 20 août 1956 au 22 février 2019. Le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, a affirmé que le congrès de la Soummam a ouvert la voie à l'impossible : celle d'unifier le front de la libération du pays de l'oppression coloniale et d'inscrire la primauté du civil sur le militaire.
« Aujourd'hui, le mouvement révolutionnaire du 22 février a ouvert la voie aux impossibles : celle de libérer le pays de la dictature, celle d'unifier le pays autour de la nécessité d'un Etat civil et non militaire, celle d'un état démocratique, celle d'un Etat de droit où toutes les libertés individuelles et collectives seront consacrées, celle du respect strict des droits humains », a-t-il expliqué.
L’orateur a ajouté que cela doit passer par une transition démocratique négociée, sincère et transparente pour recouvrer tous nos droits, dont le premier est le droit à l'autodétermination. Pour Belahcel, le sursaut populaire du 22 février n'a rien à envier aux dates historiques du 1er Novembre 54 et du 20 Août 56, de par l’implication record du peuple algérien dans ses manifestations et par ses revendications légitimes qui aspirent au changement radical du système et à l'autodétermination.
Il soutient que les exigences politiques de la crise multiforme qui secoue notre pays ne peuvent pas se soustraire d'un impératif politique qui a été l'une des recommandations majeures inscrites en lettres d’or dans la plateforme historique du Congrès de la Soummam, à savoir la primauté du politique sur le militaire.

Transition négociée
Dénonçant l'absence d'une volonté politique sérieuse des tenants du pouvoir réel en Algérie de répondre favorablement aux attentes du peuple algérien, l’intervenant s’est dit convaincu que la programmation d'une autre élection présidentielle dans les conditions actuelles ne fera qu'amplifier la gravité de la crise nationale. Il appellera à l'instauration d'un véritable dialogue qui répondra aux exigences du contexte politique national et aux demandes légitimes du peule, « un dialogue qui doit être global, inclusif et impulsé par des mesures facilitatrices qui installeront un climat de confiance et de sérénité », a-t-il dit.
Prenant la parole, l’ancien député du PT, Ramtane Taâzibt, a affirmé que Louisa Hanoune, à travers un de ses avocats, « a appelé à la poursuite de la Révolution jusqu’au départ du système ».
« Le pouvoir doit partir avant qu’il ne soit trop tard. Le principe de la Soummam, qui est la primauté du civil sur le militaire, est entonné actuellement par des millions d’Algériens », a-t-il lancé, interrompu par les cris de l’assistance « Pour un Etat civil et non militaire ».
Pour l’intervenant, le mouvement du 22 février pose la question fondamentale de la souveraineté populaire. Exigeant la libération de Louisa Hanoune et des détenus d’opinion, il regrette qu’en cette date historique, Lakhdar Bouregaâ soit en prison avec les voleurs, et accuse ceux qui veulent imposer une élection présidentielle de vouloir sauvegarder le système. Pour sa part, Nabil Abboud, représentant du PLD, a estimé qu’à travers les slogans de vendredi, le mouvement du 22 février a concrétisé les recommandations du Congrès de la Soummam. Il a appelé à une véritable transition démocratique pour sortir le pays de la crise qu’il traverse, en vue d’instaurer un véritable Etat de droit.
Hier donc à Ifri, sous un soleil de plomb, la mémoire des martyrs a été honorée dans un esprit de continuité de la Révolution.
K. A.

 

 

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