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SONATRACH Licenciée pour avoir dénoncé des malversations

Publié par Tarek Hafid
le 21.07.2019 , 11h00
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Juriste au sein de la division associations de la Sonatrach, Mme Yasmina Chioukh est sous le coup d’une décision de licenciement pour avoir dénoncé, dans les colonnes du Soir d’Algérie, les malversations et la mauvaise gestion de certains cadres.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - La Sonatrach a choisi d'actionner la machine de l’arbitraire et du mépris contre Mme Chioukh. Dans notre édition du 15 juillet, Yasmina et son époux Abid dénonçaient des actes graves qui se sont produits depuis une vingtaine d’années au sein de la division associations de la compagnie publique d’hydrocarbures. Le couple a choisi de prendre ses responsabilités et de témoigner à visage découvert, documents à l’appui. 

Après 23 ans de service, Yasmina Chioukh est sur le point de perdre son emploi et tous ses droits. Elle a accepté de revenir sur une semaine éreintante. «Suite à la publication des articles dans Le Soir, j’ai eu droit à deux types de réactions au travail: de nombreux employés m’ont félicitée pour avoir rapporté des faits graves connus en interne. Par contre, les personnes que j’ai citées dans l’article m’ont toutes évitée. Je dois dire que l’ambiance était plutôt tendue», explique-t-elle. 
Mercredi 17 juillet, la juriste arrive très tôt à son poste de travail. «J’ai reçu un appel téléphonique d’un cadre m’invitant à me présenter au bureau de M. Harizi, le chef de département par intérim des ressources humaines de la division associations. Une fois face à lui, il a commencé à parler de tout et de rien, sans réellement vouloir me dire l’objet de cette convocation. Finalement, il m’a annoncé qu’il était très gêné mais qu’il devait me remettre un document. Il a quitté son bureau puis est revenu avec une enveloppe. A l’intérieur, il y avait une notification relative à une action disciplinaire engagée à mon encontre. En fait, on m’annonçait mon licenciement.» 
Son employeur lui précise qu’«une action disciplinaire » est engagée contre elle pour le motif suivant : violation du secret professionnel. «En date du 15/7/2019 vous avez divulgué des informations relatives au fonctionnement de la division associations sur un quotidien national. Ces informations, dont la quasi-totalité sont fausses, portent atteinte à l’image de marque de l’entreprise. Sanction envisagée : licenciement sans indemnité ni préavis», indique la notification.
La juriste connaît parfaitement les procédures disciplinaires, elle refuse d’accuser réception. 
«Il n’y avait ni cachet de la Sonatrach, ni signature, ni griffe du responsable qui a pris cette décision. La codification faisait référence au service du divisionnaire et non pas à la direction générale du personnel de la compagnie. Le rédacteur de ce document a exigé la rédaction d’un rapport accompagné de pièces justificatives et des rapports de témoins. J’ai donc refusé d’accuser réception de ce bout de papier», souligne Yasmina Chioukh.
Son interlocuteur se montrera insistant.  «L’après-midi même, j’ai reçu une copie de la part de Harizi de la notification via email. Le document lui avait été envoyé par la secrétaire du directeur général du personnel de la compagnie. Sauf que la notification portait cette fois-ci le cachet de la Sonatrach mais toujours pas de signature ni de griffe. Donc impossible de savoir qui avait pris la décision. Pour Harizi, c’était une façon de me mettre devant le fait accompli.»

«Le Hirak n’a pas touché la Sonatrach»
L’administration de la Sonatrach revient à la charge le lendemain. «Jeudi, au courant de la journée, un huissier de justice s’est présenté à mon domicile pour me remettre la notification de licenciement. C’est mon époux qui l’a reçue. En lisant le document, il s’est rendu compte qu’il y avait une signature au bas de la page. Cependant, pas de griffe pour identifier le responsable et le service qui a ordonné mon licenciement. Le document étant, encore une fois, non-conforme, j’ai demandé à mon époux de ne pas accuser réception auprès de l’huissier.»
Yasmina Chioukh est consciente du fait que son licenciement ne répond à aucune norme légale et réglementaire. Elle avoue ne pas être étonnée par ce genre de comportement. «C’est malheureux de le dire, mais le Hirak n’a pas touché la Sonatrach. Au sein de la compagnie, nous sommes comme dans l’Algérie d’avant le 22 février, les gens ont peur. La logique aurait voulu que la direction générale ouvre une enquête pour confirmer mes déclarations et saisisse la justice. Il n’en est rien, ce sont les mêmes personnes dont j’ai dénoncé les agissements qui s’attaquent à moi. Lorsque nous avons décidé de parler à visage découvert, mon époux et moi, c’était pour alerter la justice et l’opinion publique.» «Je ne vais pas me taire, je vais continuer à dénoncer», insiste-t-elle.
T. H.

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