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RUMEURS SUR L’ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA À TIPASA

Mobilisation de moyens de lutte

Depuis que l’information concernant les prémices de cas de choléra a été annoncée, les rumeurs vont bon train et s’amplifient. Les résidants de la wilaya de Tipasa vivent avec la peur au ventre. Grands et petits, les habitants de la wilaya pensent être de nouvelles victimes de cette épidémie, à la suite de l’annonce récente par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, jeudi, d’un bilan étonnant et inaccoutumé concernant cette maladie.
L’annonce a de quoi faire peur, notamment lorsque l’on parle de «la confirmation de 41 cas de choléra sur 88 cas suspects, à travers plusieurs wilayas du centre du pays ; dont un décès confirmé sur les 41 cas recensés dans les quatre wilayas du Centre algérien». Une source en provenance du ministère de la Santé a précisé que «les analyses effectuées par des experts de l’Institut Pasteur ont fait ressortir qu’il s’agit de 41 cas de choléra, enregistrés sur des malades hospitalisés au CHU El-Kettar d’Alger et l’EPH de Boufarik à Blida».
Toujours selon cette source, ces cas proviendraient de quatre wilayas, notamment Alger, Blida, Tipasa et Bouira, où il a été enregistré le décès d’un malade à Boufarik. Le nombre de cas le plus élevé a été enregistré à Blida, avec 50 hospitalisations dont 22 cas confirmés, suivie d’Alger avec 14 cas dont 5 confirmés qui ont été enregistrés. A Bouira, 6 cas ont été enregistrés dont trois confirmés. Selon le directeur de la santé de la wilaya d’Alger, le Dr Mohamed Miraoui, sur les 14 cas admis à l’hôpital El-Kettar, 10 d’entre eux ont quitté l’hôpital, tandis que les quatre autres seront évacués incessamment. Quant au directeur de la santé de la wilaya de Blida, Ahmed Djemai, il a annoncé, pour sa part, que 12 cas sur 74 viennent de quitter l’hôpital de Boufarik, en révélant que l’état de santé des autres malades s’améliore progressivement et ils devront quitter l’hôpital dans les prochains jours.
Les analyses bactériologiques effectuées par l’institut sur des échantillons prélevés sur des personnes atteintes ont confirmé, selon notre source, que «l’épidémie du choléra s’est propagée en raison du non-respect des règles d’hygiène concernant la consommation de certains aliments, excluant une contamination liée à la consommation d’eau. Les analyses en cours au niveau de l’Institut Pasteur sur les aliments consommés par les familles atteintes de choléra révéleront prochainement les causes réelles de cette épidémie», a expliqué à ce propos le directeur général de l’Institut Pasteur, Dr Zoubir Harrath.
Le Dr Amrani, le directeur de la santé de la wilaya de Tipasa, est formel, aucun cas de choléra n’a été enregistré dans la wilaya de Tipasa, depuis plusieurs années, «excepté, ont indiqué d’autres sources, cette période estivale de 2018 où 18 cas ont été enregistrés dont 11 cas confirmés dans la wilaya de Tipasa».
Sur les causes de cette maladie contagieuse, une autre source à Tipasa nous indique que les analyses sur des échantillons des puits et points d’eau dans les régions touchées ont révélé que l’eau, même si elle n’est pas potable, ne serait pas à l’origine de l’épidémie, tout en signalant que les légumes et les fruits seraient à l’origine de cette contamination. «Les premiers résultats ont relevé un manque d’hygiène et de propreté». Des examens bactériologiques sont en cours affin de déterminer les vraies causes de cette maladie, a assuré cette source. «Les malades sont pris en charge depuis le début de la contamination», ont assuré les responsables sanitaires au niveau des hôpitaux de Tipasa.On nous a indiqué, par ailleurs, qu’une personne est décédée dans la wilaya de Blida et plus de 41 cas de choléra ont été confirmés sur les 88 cas hospitalisés dans les autres wilayas : Alger, Blida, Tipasa et Bouira.
Cette victime de Blida serait, selon notre source, «un malade âgé de 46 ans, originaire de la commune de Bouarfa qui serait décédé, mercredi soir, à l’hôpital de Boufarik (Blida), une structure spécialisée dans les maladies infectieuses des suites d’une intoxication aiguë d’origine inconnue», a rapporté une source hospitalière. Le nombre de cas le plus élevé a été enregistré à Blida, avec 50 hospitalisations et 22 cas confirmés. A Alger, 14 cas dont 5 confirmés ont été enregistrés. A Tipasa, 18 cas ont été enregistrés dont 11 confirmés. A Bouira, six cas dont trois confirmés ont été recensés. Hélas, la propagation du choléra en Algérie ne serait plus une rumeur compte tenu du fait que cela a été confirmé officiellement à travers plusieurs cas dans les wilayas du centre du pays.
Les services du ministère de la Santé excluent une contamination liée à la consommation d’eau en attendant les résultats des analyses qui seront effectuées au niveau de l’Institut Pasteur. Quelques jours plus tard, cette épidémie d’intoxications alimentaires s’est transformée en cas de choléra avérés. Le ministère de la Santé estime, pour sa part, que «la situation n’est pas inquiétante et ne nécessite pas l’instauration d’un état d’urgence», tout en appelant les citoyens au «respect des règles d’hygiène, en s’abstenant de rendre visite aux malades atteints de choléra dans les hôpitaux, ne pas jeter les ordures à proximité des puits, boire une eau contrôlée ou veiller à la faire bouillir en ajoutant quelques gouttes de Javel en cas de stockage». Selon les services de l’Institut Pasteur, «il n’y a aucun cas de choléra avéré à ce jour, une épidémie de gastro-entérite a provoqué un vent de panique injustifié». Ces derniers expliquent que «le choléra est une maladie extrêmement virulente qui peut provoquer une diarrhée aqueuse aiguë sévère. Les symptômes apparaissent entre 12 heures et 5 jours après l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminée».
Ces mêmes sources ajoutent que cette maladie, à caractère épidémiologique touchant les enfants comme les adultes, peut tuer en l’espace de quelques heures si aucun traitement n’est administré. «La plupart des sujets infectés par le choléra ne manifestent aucun symptôme, bien que le bacille soit présent dans leurs selles pendant 1 à 10 jours après l’infection et soit éliminé dans l’environnement, où il peut potentiellement infecter d’autres personnes», nous indiquent ces responsables qui poursuivent que «pour les personnes qui manifestent des symptômes, ceux-ci restent bénins à modérés dans la majorité des cas, tandis que chez une minorité, une diarrhée aqueuse aiguë, s’accompagnant de déshydratation sévère, se développe. En l’absence de traitement, elle peut entraîner la mort». Selon les indications de l’OMS, «le choléra est une maladie facile à traiter. On peut guérir la majorité des sujets atteints en leur administrant rapidement les sels de réhydratation orale (SRO)».
Houari Larbi