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Rami Scander, président d’Astrazeneca proche-orient et Maghreb, au Soir d’Algérie : «Nous avons des partenariats avec des producteurs algériens»

Publié par Salima Akkouche
le 22.11.2021 , 11h00
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Entretien réalisé par Salima Akkouche
Le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca va se lancer, ce mois de décembre, dans la fabrication de son médicament contre l’hypertension artérielle en Algérie, suite à un partenariat avec des producteurs locaux. Rami Scander, président d’AstraZeneca Proche-Orient et Maghreb qui a accordé un entretien au Soir d’Algérie, dit que le marché algérien est très important pour le laboratoire, d’où la décision de produire en Algérie, le mois prochain, l’un des produits phare du groupe qui est le Cristor, destiné au traitement du cholestérol. Évoquant le nouveau traitement d’anticorps contre le Covid-19 destiné aux personnes immunodépressives, M. Scander assure que le prix qui sera proposé à l’Algérie sera le moins cher comparé aux autres pays du Moyen-Orient.

Le Soir d’Algérie : En dehors des essais cliniques, existe-t-il un pays où votre cocktail d’anticorps contre le Covid-19 a été validé et utilisé ?
Rami Skander
: Actuellement, le nouveau traitement LAB d’AstraZeneca existe aux États-Unis et dans plusieurs pays européens. Et d’ici le mois de janvier prochain, nous allons également le commercialiser dans plusieurs pays dans les régions Moyen-Orient et Afrique.

L’Algérie en fait-elle partie ?
Non, car jusqu'à maintenant, l’Algérie n’a pas émis le vœu d’en acquérir et nous n’avons pas reçu de bons de commande dans ce sens.

Avez-vous approché les autorités ?
C'est un produit très récent, donc nous n’avons pas approché les autorités jusqu’à maintenant.

Le prix de ce cocktail d’anticorps est-il accessible ?
Oui, et le prix que nous allons proposer, notamment pour l’Algérie, sera le moins cher comparativement avec les autre pays du Moyen-Orient.

Pourquoi un tel privilège, si l’on peut le qualifier ainsi ?
Parce que nous essayons d’aider les patients dans tous les pays et donc nous essayons de proposer un prix raisonnable, et, bien sûr, cela dépend de l’économie de chaque pays et l'Algérie reste un pays très stratégique pour nous. 

Le cocktail d’anticorps sera-t-il moins cher que votre vaccin anti-Covid ?
Non, sûrement il sera plus cher. Il faut savoir que le vaccin AstraZeneca est le vaccin le moins cher de tous les vaccins existants. Et si l’on compare le traitement à base de cocktail d’anticorps au vaccin, eh bien, il est plus cher.

Ne craignez-vous pas qu’avec ce traitement, l’élan de la vaccination soit freiné, et que cela joue en faveur du clan des anti-vaccin ?
J’aimerais souligner que ce traitement d’anticorps ne peut pas remplacer le vaccin. Notre nouveau traitement Lab est destiné uniquement pour une certaine catégorie de personnes immunodépressives, à l’exemple des patients qui prennent des médicaments anticancer, des patients ayant subi une transplantation d’organes ou ceux qui font de la dialyse…

Avez-vous évalué le nombre de ces personnes dans le monde ?
Oui, elles représentent en moyenne 10 à 15% de la population mondiale

Avez-vous étudié les perspectives d’un partenariat public ou privé pour fabriquer votre vaccin anti-Covid et le traitement anti-Covid en Algérie ?
Nous avons, pour les deux, un partenariat avec 25 entités dans le monde et qui sont pour le moment suffisantes pour répondre aux besoins exprimés dans le monde. Nous sommes satisfaits par ces partenariats pour le moment.

Il y a plus d’une année, des anticorps extraits du sang de personnes atteintes du Covid ont été utilisés, notamment aux États-Unis. Quelle est la différence entre votre cocktail et ces extraits ?
La différence est que ce cocktail, comparé même aux autres cocktails existants, est le premier à jouer, en même temps, une action préventive et curative. Le traitement AstraZeneca assure également une protection allant jusqu’à douze mois, alors que l’immunité assurée par les autres est très courte. Notre traitement se fait en intramusculaire, alors que pour les autres, c’est une infusion.

Votre vaccin fait exception puisqu’il est recommandé, dans de nombreux pays, notamment en Algérie, pour les personnes âgées de plus de 55 ans. Pourquoi ?
Toutes les études cliniques effectuées le prouvent et même l’OMS a approuvé le vaccin AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 18 ans. En termes d’efficacité et de sécurité, l’OMS a approuvé notre vaccin mais des gouvernements ont pris l’initiative de le recommander pour les personnes de plus de 55 ans.

N’est-ce pas en raison du problème d’anti-coagulation ?
Non, le vaccin AstraZeneca n’est pas à l’origine des problèmes d’anti-coagulation. C’est un problème très rare car sur un million de personnes qui vont se faire vacciner par AstraZeneca il va y avoir deux personnes qui risquent de développer un problème d’anti-coagulation qui, d’ailleurs, se traite. Il faut savoir que même si l’on fait un Covid, on risque aussi de développer un problème d’anti-coagulation. Toutes les études ayant été faites au début et même celles que nous réalisons actuellement n’ont jamais limité le vaccin à l’âge de 55 ans mais à partir de 18 ans.

Ne comptez-vous pas développer votre vaccin pour atteindre une immunité plus longue ?
Actuellement, nous faisons des recherches pour développer notre vaccin, afin qu’il réponde efficacement aux nouvelles mutations. Jusqu'à aujourd’hui, nous avons enregistré quatre mutations du virus et notre vaccin répond efficacement à ces quatre mutations. Nous allons juste faire un ajustement du vaccin actuel pour qu’il puisse répondre aux nouvelles mutations avec la même efficacité que sur le virus original.

Quelles sont vos perspectives de développement en Algérie ?
Le marché algérien est très important pour nous. C’est pour cette raison que nous faisons beaucoup d’investissements sur le marché algérien. Ce mois de décembre, nous allons produire et commercialiser en Algérie l’un de nos produits phare qui est le Cristor, destiné au traitement du cholestérol, et nous avons également un plan d’investissement d’ici trois à cinq ans dans différents domaines comme le diabète. Le marché algérien est l’un des marchés les plus importants pour nous. D’ailleurs, l’Algérie est le seul pays où notre médicament best-seller, qui est le Cristor, sera fabriqué de la matière première jusqu’à la mise en boîte. Je souligne que 1,5 million d’Algériens sont sous traitement du médicament d’AstraZeneca contre l’hypertension Atacand.

Allez-vous faire du full process en Algérie ?
Oui, nous avons des partenariats avec de grands producteurs algériens et nous allons faire du full process.

Comptez-vous exporter via l’Algérie ?
Non, par pour le moment.
S. A.

 

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