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AFFAIRES ÉTRANGÈRES Opération d’assainissement dans les représentations à l’étranger

Publié par Abla Chérif
le 11.07.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid

Abdelkader Bensalah a mis fin, mardi soir, à la carrière d’un des diplomates les plus controversés qu’ait connu le ministère des Affaires étrangères dans ses rangs. Boudjemaâ Rouibah, désormais ex-consul d’Algérie à Marseille, a été, maintes fois, au cœur de bien d’affaires rapportées par la presse.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - La source anonyme qui s’est exprimée mardi en fin d’après-midi dans plusieurs médias électroniques n’est pas tendre avec le concerné. «A l’issue d’une mission d’inspection du ministre des Affaires étrangères, il a été décidé de le rappeler avec risque éventuel de poursuites car le nouveau ministre est à cheval sur l’assainissement de la gestion administrative et financière des postes diplomatiques et consulaires afin d’y traquer la gabegie et la dilapidation des deniers publics (…) il s’agit d’un rappel disciplinaire».
Cette source, et encore moins le bref communiqué de la présidence de la République, ne fournit aucun détail sur les faits concrets reprochés à Boudjemaâ Rouibah, mais sa réputation de consul très décrié par la communauté algérienne en France le précède.
Ancien député FLN, il a été affecté en 2010 au consulat de Lille avant d’être nommé à Marseille. Ici, dit-on, ses pratiques souvent contraires aux règles auxquelles doivent s’astreindre les diplomates lui valent plusieurs rappels à l’ordre de la centrale, mais les plaintes de deux ministres précédents restent sans écho. On le dit «intouchable», car étant très proche du cercle des diplomates mis en place par Bouteflika, une couverture qui lui permet de continuer à agir «hors circuit», sans être inquiété. Il en fournit définitivement la preuve en entrant en action pour contrer la mobilisation de la communauté algérienne contre le cinquième mandat. Le pot aux roses est dévoilé par un imam. Il révèle à des journalistes que le consulat avait contacté des fidèles leur demandant d’organiser des contre-manifestations. Les évènements qui se précipitent freinent le plan mais accentuent le sentiment de rejet de la communauté algérienne. Lors des grandes manifestations organisées en soutien au Hirak, des pancartes appelant le consul de Marseille à «dégager» sont fréquemment brandies.
Son limogeage pourrait ouvrir la porte à d’autres départs puisqu’il est manifestement question, actuellement, d’assainir les représentations algériennes à l’étranger. Tous ceux qui s’y sont essayés auparavant n’ont pu y changer grand-chose, mais il devrait en être autrement dans cette conjoncture marquée par la mise en place d’un processus implacable de lutte contre la corruption. Jusque-là, l’institution concernée est restée épargnée de tout scandale lié à cette opération et les démarches d’assainissement qui s’y mènent pourraient signifier qu’il en sera autrement. Bien que sibyllin, le communiqué de la présidence de la République a pris tout son sens.
Les diplomates rappelés peu de temps avant la fin du règne de Bouteflika ne faisaient pas l’objet d’annonces spéciales. L’opinion apprenait l’information à l’occasion de fuites dans la presse. C’est ce qui s’est, d’ailleurs, passé pour l’ancien ambassadeur d’Algérie à Rome, un diplomate de plus de soixante-dix ans, également très controversé, rappelé par mesure disciplinaire au cours de l’été dernier. Le corps de la diplomatie observe avec attention le processus mis en place au sein de leur institution et se trouve également dans l’attente du fameux mouvement diplomatique auquel Bouteflika n’a jamais procédé.
A. C.

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