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FLN Ould-Abbès passe la main

Publié par Kamel Amarni
le 15.11.2018 , 11h00
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Le secrétaire général du Front de libération nationale, Djamel Ould-Abbès, a été victime d’une attaque cardiaque, dans la matinée d’hier, qui avait nécessité son évacuation à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja, à Alger. Immédiatement pris en charge, il a quitté l’hôpital, en fin de matinée, hors de danger. Cependant que ses médecins lui ont recommandé un repos total de quarante-cinq jours. 

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - L’homme doit donc décrocher, contraint, du poste de secrétaire général en cette période si sensible précédant l’élection présidentielle. Contacté par nos soins, Ould-Abbès a affirmé avoir subi une attaque cardiaque : «J’ai été évacué ce matin vers l’hôpital de Aïn Naâdja à la suite d’un malaise cardiaque. 
Les médecins, auxquels je rends d’ailleurs hommage pour leur compétence et leur professionnalisme, m’ont recommandé un repos total de quarante-cinq jours. Il fallait, dès lors, que je décroche de la fonction très lourde et très exigeante de secrétaire général du FLN.» 
Cela dit, Ould-Abbès dément fermement avoir démissionné. «Je déments formellement avoir déposé ma démission de mon poste de secrétaire général du parti ! Pourquoi devrais-je déposer ma démission ? Il n’y a aucune raison pour le faire.» Il ne s’agit donc pas d’une démission mais «d’un congé maladie» et, dans tous les cas, il est question de désigner un intérimaire à ce poste. 
«C’est une prérogative exclusive du président du parti», à savoir Abdelaziz Bouteflika, nous dira notre interlocuteur. Parti majoritaire, le FLN est, en effet, pour rappel, présidé par Bouteflika depuis le fameux 8e «congrès-bis» de 2005. 
Ce congrès intervenait après la présidentielle du 4 avril 2004. Une présidentielle qui, il faut également le rappeler, avait été marquée par un duel féroce entre Abdelaziz Bouteflika et le secrétaire général du FLN d’alors, Ali Benflis. C’est donc pour ne plus revivre la même situation que Bouteflika décidera de s’emparer définitivement du parti, en s’imposant, à chaque congrès, comme le président du FLN. Président et non pas président «d’honneur» comme c’est souvent répété, par erreur, dans les médias ou même au sein du parti. Le poste de président du parti est expressément prévu dans les statuts du parti. «Le président du parti est le président de la République», est-il tout simplement mentionné dans les statuts. C’est donc dans les textes et dans les faits que Bouteflika dirige l’ex-parti unique. Rien ne se fait au sein du parti ou en son nom sans son aval et toutes les grandes décisions passent par lui. C’est d’ailleurs l’agence officielle APS qui annonçait, hier, dans l’après-midi, le nom de celui qui a été désigné pour assurer l’intérim du poste de secrétaire général du FLN. Citant «une source officielle» , l’APS annoncera ainsi que l’intérim sera assuré par l’actuel et nouveau président de l’Assemblée populaire nationale, Mouad Bouchareb. 
Par ailleurs, il faut préciser que, depuis le congrès de mars 2003 qui avait directement consacré Ali Benflis comme secrétaire général du parti, il y a une règle non écrite, puis même imposée dans les textes du parti qui interdit cette prérogative au congrès. «Plus jamais un secrétaire général élu directement par le congrès ! » nous confiait une source sûre. «Un secrétaire général élu directement par le congrès devient, de fait, très fort et sa destitution devient problématique», nous explique-t-on. D’où la décision de réserver cette prérogative au comité central. «C’est plus facile à convoquer et c’est moins coûteux. En temps et en argent.» C’est dire que l’éventualité de recourir à un congrès extraordinaire est quasiment exclue. 
Pour rappel, d’ailleurs, c’était au cours d’une réunion du comité central que Djamel Ould-Abbès succédait à Ammar Saâdani le 22 octobre 2016. Bien sûr, sur instruction de Abdelaziz Bouteflika qui limogeait, à l’époque, le SG du FLN une année seulement après son élection à l’occasion du 10e congrès de juin 2015 et ce, à la suite d’une série d’erreurs politiques, comme le remaniement du gouvernement Sellal en juin 2016 et, surtout, des attaques violentes contre le Premier ministre et secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia. 
K. A.

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