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Usine Renault Algérie Production Reprise des activités et «hausse des prix inévitable»

Publié par Belkacem Bellil
le 24.05.2021 , 11h00
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C’est un retour progressif vers une activité normalisée qui se déroule depuis quelques jours dans l’usine Renault de Oued-Tlélat, près d’Oran. Après un arrêt qui a duré près de deux années, et à la faveur de la décision du gouvernement d’autoriser le déblocage du dédouanement des kits SKD bloqués dans le port d’Oran, l’usine d’assemblage des véhicules Renault et Dacia renoue, en effet, avec la production et l’animation industrielles.
Cette information de reprise, et compte tenu du tarissement du marché officiel du véhicule neuf en Algérie a, rappelons-le, ravivé la flamme de l’espoir de disponibilité dans les showrooms auprès de milliers de clients en quête de ce moyen de locomotion. Elle a aussi provoqué une déferlante d’appels et de visites, tant au niveau de la succursale de Renault que dans les structures de son réseau d’agents agréés à travers le pays.
Lors d’une rencontre par visioconférence avec le directeur général du Groupe Renault en Algérie, André Abboud, et en présence de Hichem Nacer-Bey, directeur commercial de la filiale, il nous a été donné l’opportunité de faire le point sur la situation de l’usine et aussi des perspectives commerciales immédiates et à venir.

Un plan qualité pour contrôler les kits
D’emblée, le premier responsable de Renault pour l’Algérie a tenu à préciser qu’« il s’agit d’une relance partielle et momentanée de l’activité de notre usine qui s’étalera sur 4 ou 5 mois seulement, le temps d’achever l’assemblage des 4 600 véhicules concernés par cette opération ». Il nous précisera que « cette reprise est effective depuis le début de ce mois de mai et se déroule conformément à un plan de montée en cadence qui permettra, d’une part, au personnel de renouer efficacement avec les multiples opérations inhérentes au processus d’assemblage, et d’autre part, une relance progressive et contrôlée des infrastructures techniques de l’usine ». Auparavant, le mois d’avril a été consacré à l’organisation de cycles de perfectionnement et de formation pour une équipe réduite à seulement 280 personnes sur les 1 200 composant les effectifs habituels de l’unité de production.
Abordant la question de la longue période de stockage des kits dans le port d’Oran et les risques d’avaries auxquels ils ont été exposés, André Abboud nous précisera qu’« un plan qualité a été mis au point pour contrôler et vérifier dans le détail toutes les pièces composant les véhicules et continuer, ainsi, à proposer à nos clients des produits dans le respect des normes et des standards du groupe ».
Concernant l’avenir de l’usine Renault Algérie production (RAP), le responsable de la représentation du groupe français rappelle : « Nous avons déjà obtenu l’agrément définitif pour l’usine et nous devons nous conformer aux nouvelles exigences énoncées par la nouvelle réglementation relative à la fabrication automobile. Nous sommes en attente de la mise en œuvre de la période de transition prévue au nouveau cahier des charges, afin d’assurer la pérennité de l’activité .» Quant à l’éventuelle et attendue exigence d’un quota qui serait réservé à la production de véhicules électriques dans les usines implantées en Algérie, André Abboud rappellera que « Renault a une longue expertise dans ce domaine et nous devons, au cas échéant, nous préparer à une telle éventualité ».
Sur le projet de développement de l’usine avec l’intégration de départements de soudure robotisée et de peinture qui attend l’aval des autorités, le responsable de Renault nous précisera que « ce projet a toujours été prévu depuis l'origine du projet industriel de Renault Algérie production ».

Les raisons de l’augmentation
De son côté, Hichem Nacer-Bey, directeur commercial de Renault Algérie, revient sur les circonstances difficiles vécues par le pays et le reste du monde, en raison de la pandémie de Covid-19. Il soulignera aussi les efforts consentis par la filiale du groupe et de l’ensemble de son réseau pour maintenir en activité les structures et continuer à assurer aux clients des prestations de qualité après-vente. Pour lui, « c’est un véritable challenge que nous avons tenu à relever en ces temps difficiles, et pour lequel je tiens à souligner la solidarité manifestée par les membres de notre réseau à travers le pays, en dépit des difficultés liées à l’arrêt des ventes de véhicules neufs, aussi bien à l’égard de la filiale qu’à l’adresse des clients ».
Abordant la question délicate des prix de ces 4 600 véhicules qui sont en cours d’assemblage à Oran, Hichem Nacer-Bey soulignera que « les prix de ces voitures sont encore à l’étude et on ne peut pas avancer d’estimations pour le moment ». Il ajoutera néanmoins qu’« ils connaîtront inévitablement une hausse en raison de l’intégration de la TVA, des droits de douane indexés à une parité de dinar au change par rapport à l’euro, bien plus élevée que celle en vigueur en 2019 ». Quant à la forte demande qui est déjà enregistrée sur ce reliquat de production de RAP, le directeur commercial de Renault Algérie nous informera qu’« une grande partie de cette production est d’ores et déjà réservée à des clients ayant confirmé et maintenu leurs commandes, et que l’infime partie qui reste devra constituer une bouffée d’oxygène dont bénéficiera à la fois la succursale et ses 56 partenaires agréés dans tout le territoire national».

Importation de véhicules neufs
Belhimer annonce une reprise «dans les plus brefs délais» 

Le sujet de l’automobile est de nouveau au-devant de l’actualité nationale à travers les récentes déclarations du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer. À la faveur d’un entretien accordé au site Sahm-média, le ministre souligne que des conditions ont été fixées pour permettre aux concessionnaires automobiles d’importer le plus grand nombre de voitures, dans les plus brefs délais et au coût le plus bas possible.
Il précisera notamment que « le gouvernement actuel a travaillé à reconsidérer l’ensemble du cadre juridique lié au dossier automobile, qu’il soit lié à l’importation ou au montage, afin de répondre aux besoins des citoyens et d’établir une véritable base industrielle qui dépend de la fabrication réelle et non du montage automobile ». Il rappellera par ailleurs que « l’ensemble de ces mesures et procédures ont conduit à la régulation de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs par la publication du décret exécutif n° 20-227 précisant les conditions et modalités d’exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs ».
De même qu’il abordera les modifications qui ont été apportées au cahier des charges réglementant l’activité des concessionnaires et qui ont été rendues publiques récemment. Il précisera que ces changements concernaient principalement la simplification de la procédure administrative, avec une réduction du nombre de documents exigés dans la constitution du dossier de candidature pour les prétendants à cette activité en vue d’accélérer le rythme de l’étude et l’examen des dossiers par le comité interministériel créé à cet effet.
Concernant le volet fabrication de véhicules, M. Belhimer affirmera que les services du ministère de l’Industrie, et en concertation avec des experts et spécialistes du domaine, s’attellent actuellement à la préparation de la version finale du projet de texte s’y rapportant, dans le cadre d’une nouvelle vision stratégique pour la promotion des investissements en Algérie et la création d’un environnement et des conditions de travail plus favorables. Il dira à ce sujet que « la loi sur l’investissement est une loi globale relative à tous les secteurs de production de biens et de services, et elle nécessite l’intervention de plusieurs parties pour la mettre en œuvre ».
B. Bellil
 

 

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