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26e VENDREDI DE MOBILISATION POPULAIRE

Quelle chance pour la sortie de crise ?

Encore une fois, la foule n’a pas cédé sous le poids de la canicule. Ils sont venus nombreux, tous âges confondus, crier leur colère contre le régime en place. Et c’est avec la même détermination et la même intention que les manifestants sont venus marcher dans les rues de la capitale et prouver, encore une fois, le caractère pacifique de leur action malgré quelques escarmouches.
Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - En effet, quelques arrestations ont été enregistrées, mais sous la pression des manifestants les personnes embarquées ont vite été relâchées. A un certain moment, la situation a failli dégénérer quand quelques manifestants ont été arrêtés et conduits vers le siège de Sûreté de daïra à proximité de la Grande-Poste. Les esprits ont vite chauffé du côté de la foule qui s’est ruée vers le commissariat réclamant leur libération et scandant «Pouvoir assassin». Au bout de quelques minutes, les responsables de la Sûreté ont vite répondu à leurs doléances, mais de leur côté aussi, les manifestants, clamant «Silmiya», ont d’abord dressé un cordon de sécurité devant le commissariat, afin d’empêcher toute dérive, et quitté les lieux dans un esprit pacifique.
Il faut dire que c’est le même scénario qui s’est répété à l’occasion de cette 26e marche sur le plan des préparatifs. Durant la matinée, un groupe bruyant s’est mis en place au niveau de la rue Didouche-Mourad à hauteur de la Fac centrale et donnant de la voix, alors qu’un grand nombre demeure adossé aux murs préférant attendre le moment de la grande marche, le début d’après-midi.
Les slogans portaient tous sur le rejet du système en place et de toute alternative d’organisation des élections envisagée officiellement, soit par le panel du dialogue conduit par Karim Younès ou par le pouvoir.
Ce qui s’apparentait à un message clair en direction de tous ceux qui préconisent des solutions en dehors de la volonté de la rue. «Le peuple veut son indépendance», ou encore, «Etat civil et non militaire» ont souvent été réitérés.
Par ailleurs, le cri de la menace à la désobéissance civile a, encore une fois, été entendu tout au long de la marche. Ce qu’il faut retenir aussi de ce 26e vendredi, c’est la présence massive de personnes âgées, hommes et femmes, où d’ailleurs les secouristes du Croissant-Rouge algérien ont eu fort à faire. Plus d’une vingtaine de cas ont été secourus, pour hypotension, insolation, entorses ou plaies profondes en raison de chutes, nous précise le chef de la mission du Croissant-Rouge sur place. Dans leur majorité, ce sont les personnes âgées qui ont souffert de la canicule insupportable qui a sévi durant tout l’après-midi d’hier à Alger, nous a-t-on aussi signalé.
Enfin, c’est dans un esprit pacifique et responsable que la foule s’est dispersée en fin d’après-midi. Beaucoup de marcheurs ont été satisfaits de l’issue de cette marche, sans dépassements, alors qu’elle a failli prendre une tournure inquiétante n’était l’intervention énergique des manifestants qui ont tenté, à maintes reprises, d’empêcher les heurts avec la police.
A. B.