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DIALOGUE NATIONAL

Soufiane Djilali pose ses conditions

Même s’il renouvelle, une fois de plus, sa disponibilité au dialogue qu’il considère comme le meilleur outil pour dépasser la crise que traverse le pays, Soufiane Djilali ressasse, néanmoins, un certain nombre de conditions pour y prendre part.
M. Kebci - Alger (Le Soir)- Le président de Jil Jadid, qui recevait, avant-hier jeudi, dans l’après-midi, une délégation du Panel de médiation et de dialogue, conduite par son coordinateur, Karim Younès, a, en effet, appelé le pouvoir, qui, selon lui, détient la responsabilité entière dans la préparation du climat approprié, à faire montre, entre autres, de volonté politique sincère et à des règles de transparence. Des préalables sans quoi, dit-il, il ne souscrit pas à la démarche du dialogue.
Par ailleurs, Soufiane Djilali s’est dit contre la dissolution du FLN, revendiquée par nombre d’acteurs politiques, associatifs, organisations de la société civile, voire même par des cadres de l’ex-parti unique à l’image de Abdelkrim Abada. A la place d’une dissolution purement et simplement du parti, qui a longtemps servi d’appareil de prise de pouvoir, il préconise un simple «changement de dénomination » pour le FLN qui, selon lui, constitue un « symbole de la glorieuse guerre de Libération nationale qui appartient à tous les Algériens indépendamment de leurs bords idéologiques». Pour Soufiane Djilali, il n’est plus possible que le FLN demeure encore entre des mains de personnes qui ont exploité la symbolique du parti historique pour leurs étroits intérêts personnels».

La contre-attaque de Karim Younès
Pour sa part, le coordinateur de l’instance de médiation et de dialogue qui recevait, la matinée de la même journée d’avant-hier jeudi, un groupe d’enseignants universitaires de nombre de campus du pays, a ouvert le feu sur ceux qui, selon lui, sont allés jusqu’à «s’en prendre à sa propre vie privée», les accusant de mensonges concernant sa famille et selon lesquels un de ses fils exercerait en France.
Et de réitérer la détermination des membres du panel qu’il coordonne à poursuivre leur mission en dépit de cette campagne de critiques. «Nous ne reculerons pas. «Aucune partie ne nous a chargés comme c’est colporté ici et là car nous sommes une partie de ce peuple qui est sensible à la situation du pays».
Et à Karim Younès d’oser la comparaison avec ceux qui ont forcé le destin en 1954 pour décider de la révolution armée contre le colonialisme français. «Personne ne les a missionnés quand ils avaient décidé de sauver le pays en déclenchant la plus grande révolution du siècle dernier», dit-il.
Poursuivant son offensive, le coordinateur de l’instance de médiation et de dialogue affirme que «mon avenir est derrière moi, j’ai dénoncé et combattu la bande depuis juin 2004. Je ne nourris aucune ambition et j’ai démissionné de la tête du Parlement pour des raisons politiques».
Et à Karim Younès de préciser, une fois de plus, que le panel qu’il pilote ne représente pas l’Etat qui, selon lui, possède les institutions qui le représentent même si, celles-ci, avoue-t-il, «ne sont pas légitimes du point du vue constitutionnel».

Le cercle des exclus du dialogue s’élargit
Par ailleurs, nous avons appris d’un membre dudit panel que le cercle de l’exclusion du dialogue en cours ne concerne pas que le quatuor de l’ex-allégeance au président de la République déchu.
En effet, les 15 partis qui s’étaient inscrits dans la démarche pilotée par l’ANR que préside Belkacem Sahli et appuyant l’option du 5e mandat présidentiel pour Abdelaziz Bouteflika ne prendront pas part au dialogue qu’engage le panel de Karim Younès. Des partis qui, pour rappel, avaient, en août de l’année dernière, lancé l’initiative intitulée «la continuité pour la stabilité et les réformes» pour justifier leur adhésion au mot d’ordre de l’époque portant un 5e mandat de suite pour le Président déchu sous la pression de la rue.
Pour revenir à la rencontre de Karim Younès avec des membres de la famille universitaire, des enseignants ont estimé que le dialogue engagé ne peut réussir sans des garanties du pouvoir à l’égard du mouvement populaire qui, selon eux, doit se libérer des mesures répressives attentant grandement à la liberté de circulation et de manifestation des citoyens. Des garanties dont, notamment, le départ du gouvernement nommé, à leurs yeux, par les fameuses «forces «extraconstitutionnelles».
M. K.