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MANIFESTATIONS, DÉBATS POLITIQUES, GRÈVES... Un pays en ébullition

Publié par Kamel Amarni
le 13.03.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid
Les décisions prises lundi 11 mars par Abdelaziz Bouteflika, au lendemain de son retour de Genève, mettent le pays devant une situation de grande confusion. Au rejet massif de sa candidature pour un cinquième mandat, Bouteflika répond par l’annulation pure et simple de l’élection présidentielle, initialement prévue pour le 18 avril prochain et l’engagement du pays dans une période de transition que lui-même conduira, mais sans en fixer clairement les délais.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Ce qui est perçu, à juste titre d’ailleurs, comme une manœuvre pour demeurer au pouvoir au-delà du quatrième mandat. Pour compenser le manque de légitimité à venir, Bouteflika accompagne sa décision majeure qu’est l’annulation ou le report sine die de la présidentielle par une multitude d’engagements de grandes réformes politiques, économiques et sociales à travers sa « conférence nationale inclusive », qui constituait le projet phare de son programme électoral, initialement retenu pour ce qui devait être son cinquième mandat. De même qu’une révision constitutionnelle dont le projet sera soumis à un référendum et, enfin, une élection présidentielle qu’il s’engage à organiser et à laquelle il ne se porterait pas candidat. Bien sûr, Bouteflika a accompagné ce passage en force par des décisions déjà prises et d’autres qui sont à venir, et qui sont destinées à calmer la rue. La plus importante jusque-là étant la chute du gouvernement Ouyahia, remplacé au pied levé par le désormais ex-ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui, qui aura à conduire « un gouvernement de compétences nationales », avec, à ses côtés, comme vice- Premier ministre, Ramtane Lamara. Comme nous l’annoncions dans nos précédentes éditions, d’autres décisions spectaculaires sont encore à prévoir dans les tout prochains jours mais, d’ores et déjà, l’on peut s’interroger sur le sort de ce nouveau plan » de Bouteflika. Depuis le 22 février, et davantage encore depuis le 8 mars dernier, les choses ont évolué de manière spectaculaire en Algérie avec cette immense prise de conscience citoyenne, une gigantesque vague citoyenne, pacifique, généralisée et foncièrement démocratique et que personne, absolument aucune partie, ni au pouvoir, ni dans l’opposition, ne prévoyait. Ni ne pouvait contrôler. Par millions, les citoyens, le peuple donc, s’imposent désormais comme la première force politique du pays comme l’atteste d’ailleurs l’éclipse générale de l’ensemble de la classe politique ! Hier mardi, et au lendemain du message de Bouteflika, les manifestations ont immédiatement repris, particulièrement celles des étudiants à travers les quatre coins du pays. La cible, cette fois, n’est plus le cinquième mandat, mais le candidat ou plutôt le « non-candidat » lui-même ! Dans ce face-à-face direct entre le pouvoir et la rue, tous les regards sont déjà braqués sur le quatrième vendredi de la contestation, après-demain. La contestation, qui allait crescendo, depuis le 22 février, gagnera- t-elle encore en ampleur ce vendredi ? Un autre grand test pour le pouvoir et son nouveau gouvernement, en fait. Un pouvoir qui n’est , par ailleurs, jamais en manque « d’imagination » et de manœuvres, comme en témoignent les sorties du 3 et du 8 mars de Abdelaziz Bouteflika..
K. A.

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