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DR MOHAMED TAÏLEB, PORTE-PAROLE DU CAMRA, L’ÉVOQUE Vers l’arrêt des gardes et la démission collective des résidents

Publié par Nawal Imès
le 19.04.2018 , 11h00
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Entretien réalisé par Nawal Imès
Porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents, le Dr Taïleb résume dans cet entretien express les raisons du statu quo. Les résidents tiennent aujourd’hui des assemblées générales pour voter l’arrêt des gardes, la démission collective ou toute autre action proposée par la base.

Le Soir d’Algérie : Après treize réunions avec le ministère de la Santé, c’est toujours le statu quo. Quelles sont les raisons ?
Dr Taïleb : Après plus de trente ans de service civil, il n’y a toujours pas de solutions concrètes pour rendre le service civil basé sur l’incitation et le rendre efficace, parce que actuellement, après 34 ans, l’article 105 qui se réfère à la loi 84 10 qui se base sur l’obligation en omettant l’efficacité, l’incitation. C’est cette obligation qui a rendu le service civil inefficace.
L’obligation est uniquement humaine. Il n’y a pas d’obligation de moyens, pas d’obligation de constructions d’hôpitaux, d’amélioration des conditions d’hospitalisation ou de fournir les médicaments de qualité et les examens complémentaires ou les laboratoires qui nécessitent une panoplie de réactifs qui sont rarement disponibles dans ces zones reculées, cela rend le médecin totalement inefficace.
Le médecin est obligé de rester dans ces conditions. Il est souvent victime d’un abus de pouvoir exercé de la part des administrateurs, il est piégé, le rendant très faible et tous ses droits dans le sens professionnel et social sont bafoués et il n’a aucun moyen de les garantir ou de prendre position vis-à-vis de l’administration.
Actuellement, tous les malades ont constaté cela. Il y a un échec lamentable du service civil. Les patients sont en train de chercher des soins dans les CHU. Ces derniers sont saturés et sont incapables de juguler cet échec et prendre soin de tous ces malades qui sont contraints de choisir le privé.
Ce dernier se base beaucoup plus sur l’investissement et qui veut plus d’argent sans compter les personnes qui font le choix de partir à l’étranger. Au lieu de rendre ce service civil attractif. Presque tous les médecins qui ont choisi un poste dans le cadre du service civil finissent par l’abandonner soit en allant vers le privé ou en changeant de poste en remontant vers le nord, ce qui dénote des conditions de travail très défavorables.
Au lieu de trouver une solution vis-à-vis de ce cercle vicieux, ils ne font que le perpétuer et rendre le médecin le maillon faible de la santé, or tout l’hôpital est basé sur une bonne relation médecin-malade. Malheureusement, quand on affaiblit les médecins, on affaiblit cette relation. C’est toute la problématique du service civil. Actuellement, la loi sur la santé proposée telle quelle par rapport au service civil, on va rentrer dans une nouvelle période de minimum vingt à trente ans de souffrance pour les médecins.
Autant de souffrance pour le malade mais aussi pour la population qui augmente au fur et à mesure sans trouver de solution concrète pour la santé.

Les résidents comptent durcir le mouvement. Par quelles actions ?
Actuellement à Tizi-Ouzou, une assemblée générale a été tenue. Ils ont pris une première mesure qui est l’arrêt des gardes. Ils vont déserter tous les hôpitaux.
C’est une honte que dans les hôpitaux pleins d’assistants et de professeurs, le travail repose uniquement sur le résident qui est en formation. Nous allons proposer l’arrêt des gardes et la démission collective lors d’assemblées qui doivent se tenir aujourd’hui ou toute autre mesure qui sera proposée lors de ces assemblées de résidents.

A quelle condition, les résidents arrêteront-ils leur mouvement ?
On arrêtera une fois que les revendications seront acquises et concrètement acquises. Nous n’arrêterons pas le mouvement suite à des promesses.
En 2011, on a entendu beaucoup de promesses qui n’ont pas été tenues. On avait dit à l’époque aux résidents de revenir au travail avec la promesse de faire disparaître le service civil au bout de trois ans. 90% du territoire national repose sur des soins prodigués grâce à un service civil obligatoire. C’est honteux. Ça témoigne d’un échec lamentable du système de santé. On ne peut pas construire un système basé sur la présence obligatoire d’un médecin spécialiste, écartant un maillon très important qui est le médecin généraliste sur lequel repose tout système de santé efficace.
N. I.

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