Mardi 23 Novembre 2004
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LE BATEAU IVRE DE L’ASSEMBLÉE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
«Encore un drame dans le Sud algérien. Une fausse touriste allemande qui volait des pièces archéologiques se fait tirer par erreur par un émir chasseur d’outarde.»

Affreudisiaque !

Quel lien peut-il y avoir entre les graves accidents qui ont vu le Béchar sombrer, le Batna s’échouer et les débats à l’APN sur l’interdiction d’importation des vins et alcools ? Normalement, aucun. Pourtant, en cherchant bien, si ! C’est à force de consacrer presque entièrement les séances à l’Assemblée à des questions comme la bibine que nos «députés» en ont oublié l’essentiel. C’est à force de pinailler sur la longueur des bâtons avec lesquels les hommes pouvaient battre en toute légalité leurs épouses, leurs sœurs et leurs mères que nos «élus» n’avaient plus réellement le temps de discuter sérieusement de sécurité publique, de bien-être national et d’évitement des catastrophes dues à la bêtise humaine. C’est à force de vouloir imposer des mesures rigoureusement centimétrées aux jupes et robes de nos femmes que les locataires de l’APN en ont «oublié» de discuter des soins hospitaliers et de préservation des vies de nos enfants. Je suis de ceux qui auraient voulu voir les députés discuter avec la même verve hargneuse, avec la même énergie, avec la même détermination le dossier des sécurités publiques et la modernisation des structures portuaires que celles qu’ils ont développées lors de leurs débats sur «el khamr et ses méfaits». Ah ! Qu’ils rugissaient ! Ah ! Qu’ils montaient sur leurs ergots ! Ah ! Qu’ils serraient le poing et montraient les mandibules contre les consommateurs de vins et alcools, contre les mécréants qui s’enivrent de leben plutôt que de dévotion souvent d’ailleurs mâtinée d’hypocrisie. Pendant cette chasse à l’une des rares ivresses qui nous restent dans ce pays, les bateaux rouillaient tranquillement sous les balcons de l’Assemblée. Les sièges des avions s’avachissaient. Les brancards disparaissaient petit à petit des urgences des hôpitaux. Et les trabendistes pouvaient étendre leur commerce illicite au livre scolaire. De telles dérives m’écœurent tellement que j’en reprends un verre, tout en fumant du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L

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