Culture : SIDI BEL ABBES
MOUFDI ZAKARIA, LE CRÉATEUR DE “KASSAMAN”
Aucun hommage n'égalera son mérite


Moufdi Zakaria, le créateur de Kassaman, l’hymne national, ce révolutionnaire et poète au talent inégalable a-t-il reçu l’hommage qui lui sied ? C’est la question que l’on ne peut s’empêcher de se poser au vu de ses œuvres et de son combat de révolutionnaire et de politicien. D’après un grand chercheur en philatélie, M. Belabed Zouaoui, qui s’est longuement penché sur sa biographie à travers le timbre édité en sa mémoire, Moufdi Zakaria est un poète hors du commun.
Ses œuvres remarquables perpétueront, il est certain, à travers les siècles à venir l’image d’un homme d’une grande valeur. Moufdi Zakaria est né, d’après certains, en avril de l’année 1913 alors que, pour d’autres, il aurait vu le jour le 12/06/1908 à Béni Yezguen, à Oued M’zab (Ghardaïa). Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Ben Slimane Ben Hadj Aïssa apprit le Saint Coran et très tôt afficha son penchant pour la poésie et la littérature. Il se rend en Tunisie avec une délégation de Mozabites où il y restera deux longues années à l’école coranique Salem puis il rejoint l’école El Keledounia et ensuite l’université Zaïtouna. Il fut révolutionnaire et politicien révolté contre l’ennemi français et un hors-la-loi pour l’état d’esprit de l’époque. Il rejoint le Parti du peuple algérien (PPA) et sera le poète qui chantait les chants patriotiques en arabe. Il fut emprisonné et torturé à maintes fois. En 1955, il crée l’hymne national Kassaman. En 1959, il s’évade de prison et rejoint les rangs du FLN en dehors du territoire national. Il écrit plusieurs recueils de poèmes dans les journaux et revues. L’on pourrait citer la Flamme sacrée en 1961, Sous l’ombre des oliviers en 1966, Du pronostic de l’Atlas en 1976, l’Odyssée d’Alger en 1973. En Tunisie, il publie avec un homme de lettres tunisien Hadi Abidi La littérature arabe en Algérie, Vous les gens, oh poètes !, avec Habib Chibouh, il publie aussi Le lien du sang intellectuel entre les pays du Grand Maghreb arabe, et avec la collaboration d’un historien tunisien Mohamed Salah Mehdi, L’histoire du journalisme arabe en Algérie, Les pôles de la pensée dans l’Occident au niveau du monde. Il reçut le 21/04/1961 une médaille du roi marocain feu Mohamed V, une de l’ex-Président tunisien feu Habib Bourguiba à titre posthume et une autre de l’ex-président Chadly Bendjedid le 25 octobre 1984, une attestation de considération de ce dernier le 8 juillet 1987 et une autre le 4 juillet 1999 de l’actuel président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Il est mort le 17 août 1977 à Tunis et sa dépouille fut rapatriée et enterrée dans sa ville natale Beni Yezguen (Ghardaïa). Ce n’est que le 17 août 1997, à l’occasion du 20e anniversaire de sa mort, soit 42 ans après la création de l’hymne national, qu’un timbre fut élaboré en hommage à ses œuvres et à son long combat. Ce timbre d’une valeur de 5 DA qui représente son portrait a été tiré à 300 000 exemplaires.
A. M.

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