Régions Centre : TIZI-OUZOU
ALORS QUE LA MENACE DES MOUVEMENTS DE PROTESTATION VA CRESCENDO
Le directeur de l’éducation veut calmer les ardeurs


Cible privilégiée, depuis plusieurs mois, des quatre syndicats en “concurrence” à Tizi- Ouzou, la Direction de l’éducation est sortie de son mutisme, hier, pour remettre les choses dans leur vrai contexte et, à l’occasion, établir une esquisse de bilan après vingt mois d’exercice de la nouvelle équipe en place.
Pour se défendre de la somme de tares qui lui est reprochée, la Direction de l'éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou s’est pour une fois départie du langage diplomatique, pour se montrer résolument agressive, notamment lorsqu’il s’agissait pour son premier responsable de s’attaquer, entre autres, au Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), parrain de la grève de la semaine dernière qui ne serait que le prélude, menaçait le même syndicat, à une radicalisation du mouvement de protestation. Des mouvements de protestation que le directeur de l'éducation légitime quelque part puisque, implicitement, il reconnaît qu’il existe des problèmes dans son secteur. Des problèmes “hérités”, précise-t-il, et qui ne sont pas propres à la Direction de l’éducation de Tizi-Ouzou même si celleci “n’est pas facile à gérer” non pas parce qu’elle couvre un vaste territoire ou que Tizi-Ouzou soit spécifique par rapport au reste du pays. Des problèmes existent, certes, mais depuis la dernière rentrée, tout est en train de rentrer dans l’ordre, notamment depuis que le directeur a pris la résolution de se charger en personne de la gestion des personnels ; cinq responsables se sont succédé à la tête de ce département sans pour autant parvenir à apurer la situation administrative des travailleurs de l'éducation, dont certains n’ont pas été régularisés depuis... 1981 ! Aujourd’hui, assurent le directeur et ses plus proches collaborateurs, ils sont plus de 90 % des personnels à avoir été régularisés. Une véritable prouesse quand on sait que le secteur ne compte pas moins de 21.000 travailleurs à Tizi-Ouzou. La normalisation des situations administratives achevée, interviendra ensuite la très décriée régularisation financière qui a été à l’origine de maints mouvements de grève et de protestation deux années durant à Tizi- Ouzou. Ce n’est pas tout, puisque concernant les intégrations, un autre cheval de bataille des syndicats, il a été affirmé que tous ceux qui répondent aux critères requis ont trouvé place dans les effectifs relevant de la Direction de l'éducation ; les postes vacants représentent un pourcentage infime des personnels du secteur. En tout cas, pour ce qui a trait au problème du versement des salaires, le premier responsable du secteur de l’éducation à Tizi-Ouzou trouve injuste que l’on ne fasse pas état des efforts consentis bien que, dès le départ, c’est-àdire depuis que le versement des salaires a été centralisé, les travailleurs faisaient la moue sur l’efficience d’une telle décision. Pour ce qui a trait au sujet des vacataires, celuilà même qui a valu la montée au créneau les trois syndicats (Cnapest, Satef, Sete-UGTA et Unpef), le directeur de l'éducation le considère tout simplement comme un argument fallacieux brandi par ces mêmes syndicats. “Qu’ils arrêtent d’utiliser cette carte des vacataires, parce que la situation n’est pas aussi alarmante qu’ils le prétendent. Le problème a été pris en main et sera définitivement réglé à la fin du mois courant”, dira M. Boukhenouche comme pour couper l’herbe sous les pieds des syndicats dont les mouvements qu’ils ont initiés ont été parfois non fondés, se laissera-t-il dire, et même que ces mouvements n’ont que très peu perturbé le secteur. Quant à l’autre point mis en évidence par les syndicats, à savoir la surcharge des classes, le directeur s’est voulu sans ambages pour demander : “Les classes sont surchargées, d’accord, mais qui doit en assumer la faute ? Ce n’est certainement pas la Direction de l’éducation qui est à l’origine de l’année blanche.” Visiblement terriblement remonté, M. Boukhenouche mettra au défi tous les concernés, notamment les collectivités locales, pour lui dénicher des terrains parce que, assure-t-il, il est prêt à lancer des projets là où les besoins se font sentir. Une conférence de presse qui sonnait comme une mise au point plutôt qu’un bilan comme le confiait, dans son intervention liminaire, le directeur de l'éducation de Tizi- Ouzou, wilaya où plus qu’ailleurs, à travers tout le pays, il ne se passe pas un mois, voire moins sans qu’un des syndicats de l'éducation montre le bout du nez pour annoncer un mouvement de protestation. Et comme le laissait entendre un présent à cette conférence de presse, il reste maintenant à savoir comment ces syndicats prendront l’intervention du DE.
A. M.

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