Sports : PARLONS-EN
Le pigeonnier de la boxe


Lors de son discours au niveau du siège de l’UGTA, le président de la République a indiqué qu’il était heureux de se retrouver dans une salle complètement rénovée alors que quelques années auparavant, il avait remarqué qu’elle constituait un abri pour les… pigeons. Pour les moins de vingt ans qui ne peuvent pas connaître, il faut rappeler que cette enceinte était un véritable temple de la boxe algérienne au lendemain de l’indépendance et ce jusqu’au début des années 70.
En fait, c’était presque l’équivalent algérien du “Madison Square Garden” de New York, ce haut lieu du noble art qui fait rêver tous les pugilistes depuis près d’un siècle. “Patio” central d’un immeuble néo-classique construit par les colons, cette salle a accueilli les meilleurs boxeurs algériens de l’histoire. De Bob Omar à Kaddour en passant pas Loucif Hamani et bien d’autres, ce sont des combats merveilleux qui étaient offerts aux Algérois. Mais le jour où l’on décida de transformer ce qu’on appelait le Foyer civique en “Maison du peuple” pour en faire le siège de l’omniprésente centrale syndicale, la boxe nationale perdait son théâtre qui sera laissé à l’abandon. Ce faisant, et dans l’allégresse et la démagogie, on venait de signer le départ d’une lente agonie d’une discipline qui a tout même honoré l’Algérie aussi bien avant l’indépendance (Ali-la- Pointe était un pugiliste) qu’après (souvenons-nous de la médaille d’or olympique du regretté Soltani). Bien sûr, la salle a été repeinte et embellie pour accueillir le président, juste quelques jours avant sa visite, comme l’ont été les trottoirs et l’école environnants. Alors, espérons qu’il reviendra chaque année pour éviter que les volatiles n’y élisent leur siège à nouveau. Encore que les véritables pigeons, ce seront toujours les travailleurs dont les impôts ont financé un noble art livré à des “vautours” qui l’ont complètement dépecé.
H.B.

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