Actualités : ACCÈS A L'EAU POTABLE
Les députés tirent la sonnette d’alarme


Le projet de loi relatif à l’eau était débattu, hier, à l’Assemblée populaire nationale. Les députés du Parti des travailleurs ont vivement critiqué ce texte de loi qui, dans sa forme actuelle, priverait de larges couches de la population de l’accès à l’eau.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - L’eau, qui est censée être accessible à tous, pourrait devenir un produit réservé aux riches. Le projet de loi présenté, hier, par Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, puis débattu par les élus de l’APN a soulevé une vive polémique. Ce texte de loi qui organise les secteurs de l’AEP, de l’assainissement et de l’hydraulique risque d’occasionner, selon certains députés, une hausse de la tarification de l’eau. “L’accès à l’eau qui est un droit fondamental pourrait disparaître si cette loi est appliquée. Le secteur de la distribution de l’eau potable va devenir une chasse gardée des multinationales puisque nous allons assister à un véritable désengagement de l’Etat. Après l’adoption de la loi sur les Hydrocarbures, ce texte est un nouveau coup de poignard dans le dos du citoyen”, a insisté Djelloul Djoudi, président du groupe parlementaire du Parti des travailleurs. Selon lui, d’autres pays ont tenté de privatiser la distribution de l’eau potable avant de se raviser par la suite. “Le cas de l’Uruguay est un exemple concret. Les deux sociétés étrangères, l’une espagnole et l’autre française, qui avaient décroché des concessions ont dû quitter ce pays sous la pression de la rue. Ne pouvant plus avoir accès au précieux liquide, les Uruguayens ont manifesté massivement jusqu’à ce qu’ils obtiennent la tenue d’un référendum pour la nationalisation de ce secteur”, expliquera Djelloul Djoudi. D’autres députés de son parti sont également montés au créneau à l’image de Abderahmane Arfoutni qui a affirmé que ce texte est anticonstitutionnel. Cette formation politique prépare une véritable offensive législative puisqu’une soixantaine d’amendements doivent être déposés par ses députés. D’autres partis politiques, à l’instar du MSP, ont choisi une tout autre approche afin de contrer cette loi. Les élus de Aboudjerra Soltani ont fait appel à un expert en hydraulique de renommée mondiale, M. Meki Messahel en l’occurrence, qui se trouve être un ancien député du RND. “Je ne suis pas ici en tant que militant d’un parti mais en ma qualité d’expert. Je me fais donc un devoir d’expliquer aux élus du peuple toute la dangerosité de cette loi”, tiendra-t-il à préciser. Meki Messahel “milite” pour le principe de “l’eau pour tous”. “En fait, le véritable danger de ce nouveau texte est qu’il permet aux concessionnaires de déterminer à sa guise le prix du mètre cube. Le principe élémentaire qui veut que l’eau est un produit social et non pas un produit commercial doit être consacré par nos parlementaires.” Le système de palier de consommation mis en place pour lutter contre le gaspillage pourrait, selon lui, s’avérer catastrophique pour les citoyens. En effet, dépassé la limite des 25 m3, le consommateur sera obligé de payer l’eau à un tarif plus élevé. “L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise une consommation moyenne de 1000 m3/an par citoyen. Actuellement, l’Algérien consomme 600 m3/an. Cette consommation pourrait descendre en 2010 sous la barre des 400 m3/an si des mesures ne sont pas prises en urgence.”
T. H.

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