Régions Est : JIJEL/DEGATS LORS DES TRAVAUX DE SUPPRESSION DES POINTS NOIRS SUR LA CORNICHE
La RN 43 fermée à la circulation après de spectaculaires éboulements


Un spectaculaire éboulement s’est produit mercredi dernier, au niveau des localités de Taza et Aftis, relevant toutes les deux des communes de Ziama-Mansouriah et d’El- Aouana (42 km à l’ouest de Jijel) lors des travaux de suppression des points noirs sur la RN 43 reliant la wilaya de Jijel à celle de Béjaïa. L’utilisation d’explosifs pour le traitement de certaines parties rocheuses difficiles de la corniche a engendré derrière lui une “chute brutale et instantanée” d’un pan important du relief de la corniche.
L’éboulement a détaché un flanc rocheux important de la montagne surplombant la côte du Saphir, rendant impossible la circulation automobile. Une situation qui a lourdement pénalisé les nombreux usagers de cette route, notamment les estivants et la population locale. A cet effet, il a été décidé de dévier la circulation routière pour les véhicules légers par les chemins de wilaya 137 A et B, qui vont d’Erraguen à Texenna en passant par Selma. Quant aux véhicules lourds, ils sont contraints de rallier Jijel en prenant la RN 5 longeant les wilayas de Sétif et Mila. Compte tenu de l’urgence de rouvrir cet axe routier névralgique pour la wilaya, traversé par plus de 8 000 véhicules par jour, d’importants moyens ont été réquisitionnés pour la circonstance pour dégager la chaussée. Le recours à l’explosif une nouvelle fois s’est avéré une nécessité absolue pour briser et se débarrasser de centaines de mètres cubes de roche et de terre qui ont envahi la RN 43. Les autorités de la wilaya qui ont mis en place un dispositif de sécurité ont passé pratiquement l’ensemble de la journée de jeudi et vendredi sur place, pour superviser les opérations de déblaiement. Joint par téléphone dans la soirée de jeudi, M. Kamouche, directeur de wilaya des travaux publics, nous assura tout d’abord que la chaussée n’a pas été affectée par ces éboulements et que des moyens adéquats ont été mis en place pour faire face à la situation prévalent. “Dès vendredi matin, nous allons procéder à la pose d’explosifs sur les colossaux blocs de roche qui se sont détachés, alors que l’opération de mise à feu ou de tirs s’effectuera dans la journée de samedi”, nous expliquera-t-il. Selon ses dires, il ne reste plus qu’un point difficile à traiter à l’explosif, celui situé au niveau de la grotte de Ghar El Baz. Quant à la date de la réouverture de la RN 43, M. Kamouche n’a pas voulu avancer une quelconque date précise, tout en nous précisant au passage que tout sera mis en œuvre pour sa réouverture dès lundi prochain. Au sujet des dégâts collatéraux de ces éboulements sur la stabilité des sols des endroits affectés, le DTP nous rassura qu’il n’y a pas lieu de faire dans l’alarmisme là-dessus et que des “études ont été faites dans ce sens”. Pour venir en aide aux personnes malades de la région, on apprendra de la bouche du DTP qu’un dispositif d’évacuation par voie maritime (utilisation d’embarcations) a été installé par la Protection civile. Sur les raisons exactes proprement dites qui sont derrière ce phénomène, des spécialistes l’imputent en premier lieu à une conjugaison de facteurs naturels que sont : la chaleur et l’eau, ajoutons à cela les multiples interventions de l’homme qui a fragilisé davantage plus le sol. Ces divers processus ont, sans aucun doute, “aggravé le phénomène”. L’importance du problème pourrait avoir des conséquences sur les “modifications du paysage et de l’écosystème” de la région, explique un universitaire. Encore une fois, rappelons-le, le ministre des Travaux publics, M. Ghoul (voir édition du 27/06/2005) avait lors de sa visite de travail dans la wilaya à la fin de l’année dernière, insisté sur la nécessité d’engager des études géotechniques et géologiques approfondies pour détecter les sites potentiels d’éboulements à même de mieux cerner les indices d’instabilité des sols de la corniche, connue fautil le souligner, pour ses cavernes et autres excavations naturelles. Il avait anticipé sur le problème ; en instruisant les autorités de la wilaya de la prise de mesures de prévention afin d’éviter un bouleversement du relief pouvant entraîner à l’avenir de graves phénomènes d’éboulement dans la région avec des détachements de roches de la montagne, susceptibles de persister durant des mois voire des années. Des études géotechniques ont été, d’ailleurs, entamées au début des années 1990 par une équipe italienne qui, se sont arrêtées par la suite pour des raisons de sécurité, avons-nous appris d’un cadre de la DTP. Il convient de le rappeler, qu’une personne travaillant pour le compte d’une entreprise privée de travaux routiers, chargée de l’élargissement de la route a trouvé la mort samedi dernier, suite à un éboulement au niveau de Timridjen, alors qu’elle s’affairait à réguler la circulation routière. Soulignons enfin qu’une enveloppe de 47 milliards de centimes a été dégagée par l’Etat pour le traitement et la suppression de points noirs au niveau de la RN 43. Ces travaux devront à l’avenir permettre une meilleure fluidité du trafic routier.
F. M.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/07/02/article.php?sid=25146&cid=21