Régions Centre : La police et la violence

Toutes les occasions sont désormais saisies par la police nationale pour communiquer avec les citoyens afin de dévoiler les multiples facettes de sa noble mais ingrate mission : faire prendre conscience à l’opinion de ses difficultés matérielles techniques, juridiques et humaines et, enfin, jeter les ponts d’une coopération citoyenne au maintien de l’ordre et de la sécurité, au respect des lois et règlements, conditions sine qua non de toute vie civilisée.
La connaissance conditionne le respect et la collaboration, la police qui est trop souvent perçue comme un des instruments répressifs pour se protéger contre toute tentative de remise en question de l’ordre établi, semble avoir compris qu’il lui faut mettre en avant d’autres aspects de sa mission, à savoir la protection des biens et des personnes contre toute sorte d’agression, et ce, dans le strict respect des droits de l’homme. C’est apparemment ce qui est visé par l’organisation fréquente de portes ouvertes à l’exemple de celle qui vient de marquer le 43e anniversaire de la fête de la police, célébrée à travers tout le pays. Le message vise à faire savoir à tous ceux qui veulent l’entendre que la police n’est ni un corps étranger, ni un appareil étranger à la société, bien au contraire, elle en est l’émanation nécessaire à sa protection. Face aux criminels et aux délinquants, à la violence, à la dégradation des mœurs et des conventions sociales, que serait la société sans une institution chargée de la sauvegarde des intérêts publics et privés ? Il suffit de jeter un regard sur le bilan semestriel de la police judiciaire de la wilaya de Tizi-Ouzou pour se rendre compte des dangers qui guettent la vie quotidienne des citoyens et, par voie de conséquence, de l’importance vitale d’une institution publique qu’est la police. 1 450 vols ont été enregistrés à travers la wilaya par la police judiciaire qui n’en a élucidé que 341, un peu plus d’un tiers, faute d’une implantation insuffisante de la police à travers les communes et daïras, des contraintes d’ordre juridique et du déficit de coopération des citoyens. Sur les 1 450 vols, 213 l’ont été par effraction, 268 avec des circonstances aggravantes et 33 ont ciblé des véhicules. Le même bilan semestriel révèle 593 affaires de coups et blessures volontaires dont 301 ont été résolues, soit près de la moitié. Pour les mêmes motifs évoqués plus de 36 affaires de drogue entièrement réglées, 22 pour immigration clandestine totalement résolues, 7 homicides volontaires dont 2 de type terroriste et 5 de droit commun, 31 affaires de faux et usage de faux dont 24 ont été réglées, 29 agressions sexuelles dont 26 élucidées... La police de la route signale de son côté 40 amendes supérieures à 200 DA, 362 supérieures à 300 DA, 830 supérieures à 800 DA et 640 supérieures à 1 500 DA. La période de mars à juin de l’année en cours a connu 1 100 retraits immédiats de permis de conduire dont 245 en état d’incapacité de conduire. La gent féminine se fait de plus en plus nombreuse au sein de la police particulièrement dans l’administration et la circulation. Sur 1 193 candidats retenus en 2005 les femmes sont au nombre de 335, elles étaient 301 l’année précédente. Avec les mutations en cours au sein de cette institution, la présence et le rôle de la femme sont appelés à une augmentation rapide et continue, il en sera de même pour l’humanisation et sans doute aussi pour l’efficacité des missions dévolues à la police.
B. T.

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