Le Soir Auto : TOYOTA AVENSIS 2.2 D-4D D-CAT 177 CH CLEAN POWER
UNE VITRINE TECHNOLOGIQUE


Au lieu d’imposer la technologie hybride eu Europe, Toyota renforce son offre diesel avec deux motorisations D-4D 2.2, dont l’une, la plus puissante, recèle un système antipollution DCAT. Sophistiqué, éthique mais pas gratuit.
Lorsqu'on sait qu'aux États-Unis, la technologie hybride mise au point par Toyota se développe avec succès, on peut se demander pourquoi en Europe le gazole devrait encore rester le carburant majoritaire. A cette question, les gens de la marque répondent que “le diesel est une réalité européenne et qu'il faut s'y adapter”. Certes, mais pour combien de temps ? Au lieu de prendre le risque d'imposer sa techonologie d'avenir sur le Vieux Continent, le constructeur japonais cède encore aux sirènes du diesel. Sans doute parce qu'il est plus simple de se laisser dicter par les lois du marché, et puis les profits à réaliser à court terme sont plus gros. Cela n'empêche pas Toyota d'aller de l'avant avec sa nouvelle génération de motorisations D-4D, présentées comme les plus respectueuses de l'environnement de leur catégorie. A la base, un bloc 2.2 tout en aluminium doté d'une rampe commune et d'injecteurs piezo-électriques qui équipe l'Avensis et prochainement la Corolla Verso. Deux puissances sont proposées : 150 et 177 ch (310 et 400 Nm de couple). La version la plus musclée, ici essayée, bénéficie de la technologie Toyota D-CAT (Diesel Clean Advanced Technology), un système antipollution doté d'un catalyseur à accumulation DPNR (Diesel Particulate NOx Reduction) à 4 voies, qui réduit simultanément les oxydes d'azote et les particules — ce dispositif associe filtre à particules et pot catalytique, et ne nécessite pas d'entretien. Un précieux atout qui ne concerne malheureusement pas la version 150 ch, ses émissions polluantes étant de deux à dix fois supérieures (pour les NOx et les particules). C'est d'autant plus regrettable que cette motorisation sera de loin la plus vendue des deux : 85 % d'après les prévisions de Toyota. Cette bonne intention technologique au service de l'écologie risque donc de tourner court. En fait de révolution, il s'agit plutôt d'une option : la cerise sur le gâteau pour des clients qui pourront se permettre un geste envers l'environnement. Le progrès est ici galvaudé par une piètre stratégie de mise en œuvre : ce système aurait dû être monté sur les deux moteurs. Ce fameux D-4D 177 ch apparaît donc comme une vitrine technologique et éthique. Car pour le reste, il n'offre pas beaucoup plus d'agrément que le 150 ch, et sûrement pas autant qu'un V6 de puissance équivalente.

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